Contagion of Despair

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15/20
Nom du groupe Self Hypnosis
Nom de l'album Contagion of Despair
Type Album
Date de parution 21 Septembre 2020
Labels Svart Records
Style MusicalDoom Sludge
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Contagion
 13:48
2.
 Empowered (Restricted)
 04:29
3.
 Omission
 17:11
4.
 Scandal
 02:41
5.
 Divided
 16:27
6.
 Leeches
 04:52
7.
 Succumbed
 18:18

Durée totale : 01:17:46


Chronique @ JeanEdernDesecrator

20 Septembre 2020

Vos paupières sont lourdes, louuurdes ... Réveillez-vous !

Quand j'ai voulu me renseigner sur Self Hypnosis, le groupe, j'ai eu le malheur de tomber sur un tout autre genre de musique. L'auto-Hypnose, c'est sensé soigner tout : addictions, insomnies, la friendzone éternelle, les sautes d'humeur, les phobies, le syndrôme de la page blanche. Ca tombe, bien je ne suis pas trop inspiré aujourd'hui, c'est le moins qu'on puisse dire. Donc j'ai suivi le truc, qui consistait en une vidéo avec tutubeuse lambda, qui annonait un discours sensé m'ouvrir toutes grandes les portes de la créativité. Et ben, j'ai pas été hypnotisé, c'est juste de la méthode Coué : s'imaginer une petite balade dans des escaliers, et compter de 10 à 0, et tout le toutim...
Alors, cette page blanche ?! Résultat, j'ai bin écrit des trucs, là, vous lisez bien. Mais je vous ai même pas encore parlé de Self Hypnosis, donc je me mets deux claques, je me réveille, et c'est parti.

Self Hypnosis, groupe anglais , est né des cendres de Camel of Doom, projet doom stoner du guitariste chanteur Kris Clayton, qui comptait quatre albums et presque 20 ans de carrière, conclue par un très réussi dernier LP "Terrestrial". Alors qu'il composait le matériel pour un cinquième album, Kris réalisa qu'il voulait dépasser largement le cadre de Camel of Doom, trop étriqué pour les nouvelles influences qu'il comptait y ajouter. Il saborda le Chameau Maudit, et repartit sur une page blanche (décidément…), ou presque : il nomma son nouveau projet Self Hypnosis, qui était le nom d'un morceau de Camel of Doom, rien ne se perd.
Il choisit pour s'épauler Greg Chandler, guitariste chanteur du groupe Esoteric, dans lequel ils avaient déjà joué ensemble, et qui se trouve être producteur, pour ne rien gâcher. Le batteur Tom Vallely vint s'ajouter au duo, mais plus en qualité de musicien de studio que membre à part entière. Début 2019, le groupe annonça l'enregistrement d'un premier album, qui a cependant tardé à voir la lumière. Annoncé en mars dernier pour une sortie en Aout 2020, il est finalement lancé ce 21 Septembre 2020, sur le label Svart Records.

Avant de me lancer dans la description de cet album, je me dois de vous prévenir : avec sept compositions pour plus de 70 minutes de musique, faites le compte, il y a plusieurs gros morceaux à faire passer dans le gosier.
Cet opus commence donc par "Contagion" le bien nommé, qui plante le décor avec ses 13 minutes. Il y a une lente montée en intensité, du Sludge en son crunch qui se mue en Doom avec un growl très gras et charnu, entrecoupé de cris hardcore à la Neurosis. Quelques dissonances viennent vicier l'ambiance, découpés de passages mathcore en slow motion.
Je dois dire que ce morceau est pas loin du niveau Fantastique, et il s'en dégage une aura malsaine tout à fait réjouissante. Ainsi Self Hypnosis se révèle-t-il enthousiasmant lorsqu'il sort de ses sentiers battus : sur le très beau début de "Divided", cinématique à souhait, avec un piano mélancolique qui enchaîne sans transition sur du Sludge presque Mathcore (rythmiquement parlant), puis revient à une atmosphère teintée d'angoisse , à la guitare claire sur lit de flûte, avant de s'écraser dans de lancinantes et industrielles saccades de guitare. Voyez le dernier morceau "Succumbed" (18 minutes et 18 secondes !), qui coule lentement sur de tristes arpèges, sur lesquels on peut imaginer un genre de minotaure qui growle de toute sa détresse et sa rage. Les coups sont détachés, séparés par la cloche d'une ride solitaire. On reprend une longue progression, avec un savant passage de tempo qui s'accélère, arrivé a maintenir l'attention éveillée jusqu'à une fin d'opus hypnotique, qui retombe dans une lenteur doom poisseuse. On plane, sans substances illicites, pas besoin...
Le spectre musical balayé par Self Hypnosis est très large, de l'EBM au Death Metal en passant par des éléments prog ou psychédéliques, avec un coeur massif de Doom Sludge. Ce noyau d'inspiration ressemblerait à un mélange de Neurosis et Godflesh, expurgé des dissonances industrielles. Cela se ressent un peu partout, mais particulièrement sur le morceau "Empowerement (Restricted)", répétitif et monolithique à souhait, ou encore un "Leeches" lourd et tribal. Le coté dissonant est tout de même présent, en ambiance le plus souvent, pour renforcer une impression de malaise lancinant, sur le lapidaire "Scandal" ou le très long "Divided".

On alterne ainsi des pièces très longues de plus de dix minutes et d'autres courtes. C'est un album qui nécessite d'avoir du temps devant soi pour être écouté. Quand on se lance, doucement dans un de leur morceaux, on a une chance sur deux d'en prendre pour 15 minutes ou plus. Ce qui peut rebuter et, mener malheureusement à interrompre la séance d'écoute. A de nombreuses reprises, Self Hypnosis repasse en mode Doom Sludge répétitif mammouth, où les growls menaçants répondent aux cris de désespoir... un peu toujours de la même manière. Et cela a provoqué chez moi, non pas un assoupissement, n'exagérons pas, mais de réguliers décrochages de l'attention, sur toute la longueur de l'opus. Il faut être dans un certain état d'esprit pour s'enquiller des compos de plus de 15 minutes, et l'usage forcené de la répétitivité sur de longues durées, fait que mon enthousiasme sur l'aspect le plus original de Self Hypnosis est sérieusement pondéré au final.
D'ailleurs, les trois compos courtes de l'album, "Empowerement (Restricted)", "Scandal" et "Leeches", plus simples et directes, mais dépourvues de ces passages ambiants si réussis, souffrent d'un manque de relief qui amène quelques regrets.
De même, j'ai beaucoup plus apprécié l'écoute au casque qu'en voiture : au casque j'ai été plus immergé dans la musique grâce aux nombreux samples et arrangements qui embellissement les compositions ; aux enceintes j'ai surtout ressenti l'uniformité des passages purement doom/Sludge et des vocaux.

En matière de son, en revanche, le travail effectué par Greg Chandler donne un rendu très organique, onirique à l'album. La lourdeur de l'accordage de la guitare 7 cordes est bien mise en valeur, et les nombreux effets sont dosés largement (le delay de l'espace sur la fin de "Contagion", par exemple), mais avec soin. Même chose pour la batterie, enrichie de nombreux samples, qui mélange la chaleur du bois et la froideur des machines.

Pour conclure, Kris Clayton a bien fait d'élargir sa palette avec Self Hypnosis, car c'est dans ses écarts aventureux qu'il a le plus de choses à dire, à mon sens. Il reste néanmoins la lourdeur de feu Camel Of Doom, qui plombe un peu l'attelage pour l'instant, mais si Self Hypnosis continue à évoluer, sa musique si prometteuse devrait être encore meilleure à l'avenir.

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