La Finlande, patrie historique du funeral doom.
Depuis les essentiels pionniers
Thergothon et
Skepticism, en passant par
Shape Of Despair et son influent virage mélodique, sans oublier l'impressionnant
Tyranny -dans le rayon des représentants les plus récents, le pays du Père Noël -ainsi que du suicide d'un point de vue plus pessimiste- a toujours tenu la dragée haute dans le sous-genre le plus jusqu'au-boutiste du doom.
Originaire du cru,
Shades of Deep Water se développe logiquement dans l'ombre de ces piliers. A sa tête, un seul maître à penser demeure, connu sous le patronyme de Juho Huuskola.
Inutile de chercher une quelconque biographie ou interview, ni le moindre cliché ou site internet, le projet est ultra-underground et entend le rester. Aussi fugace que ces mouvements que l'on croit deviner sous la surface des eaux troubles, aussi discret que les pochettes de ses productions à la sobriété énigmatique,
Shades of Deep Water porte bien son nom.
Premier EP paru après six années d'existence, "
Constant Pressure" fait suite à une série de quatre démos. Le one-man band avance à son rythme, consolidant méthodiquement ses bases sans brûler les étapes.
Base labellistique, tout d'abord, au travers d'une confiance réitérée à la structure Bubonic Productions, UG mais non moins solidement établie.
Et base musicale, bien entendu. Le style minimaliste et raw des débuts, sous forte influence
Thergothon /
Shape Of Despair, a laissé place sur cette dernière offrande à un funeral plus consistant et plombé, hérité des travaux de
Tyranny -la composante claviers en moins.
Vous l'aurez compris à l'énoncé des références, la provenance de SODW ne trompe pas.
De la source
Tyranny, "
Constant Pressure" en retire la teneur glauque et décomposée de "Bleak Vistae", davantage que le cataclysme dévastateur de "Tides of
Awakening". En ressort un climat de cloaque où l'on patauge à la cadence d'un tempo durement marqué, le riffing brassant des remous tourbeux sur fond de growl vaseux.
Mais là où le bât blesse, c'est au niveau de la durée de l'objet ; juste deux courts morceaux pour une petite galette au format 7'' qui nous laisse sur notre faim. A peine a-t-on le temps de commencer à sentir l'emprise que celle-ci lâche ; un handicap récurrent chez SODW.
Les promesses et le potentiel sont une chose ; mais arrive un moment où il faut concrétiser en passant le cap du premier album, surtout après tant d'années d'existence. Alors sera-t-on peut-être à même de vraiment ressentir la "
Constant Pressure"…
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