Si aujourd'hui
Draconic est un groupe officiant dans un metalcore teinté d'éléments électroniques, cela n'a pas toujours été le cas. Lors de sa formation en 2003, le combo serbe montrait une forte attirance pour la scène black metal norvégienne, et en particulier celle qui exhibait un penchant pour les touches symphoniques et cosmiques. En tête, on pourrait citer
Tidfall,
Arcturus ou encore
Covenant.
En 2004, lors de la sortie du premier album "Conflux", la bande tournait autour de six membres :
Antares au chant et aux claviers,
Sirius et Mira aux guitares,
Atlas à la basse,
Procyon à la batterie et Tania au chant lyrique. Ces musiciens multi facettes, pourtant inconnus, possédaient déjà un certain talent et une grosse affinité pour les mélodies astrales.
Draconic, en ces temps-ci, offrait un black/death mélodique véloce bourré de claviers et de plans cosmiques.
Si on devait citer des groupes pour décrire chaque élément de la musique des Serbes, on pourrait dire que ces derniers empruntent leur jeu de guitare ultra mélodieux et rapide à
Skyfire, la voix black écorchée à Ram-zet, les parties symphoniques à
Dimmu Borgir, les plans cosmiques aux claviers oniriques à
Arcturus, et les passages au chant lyrique féminin à
Covenant période "
Nexus Polaris". Ecoutez le triptyque "Supernova" / "Stormillennium" / "
Jupiter's
Ceremony" et vous comprendrez. On retrouve le timbre de voix à la Zet, les supports lyriques de
Sarah Jezebel Deva, les envolées cosmiques aux claviers couplées à des guitares qui ont la patate et qui le montrent bien.
"Conflux" est un album avec beaucoup de qualités et de morceaux qui tapent à l'oreille. Il met en avant un certain sens de la mélodie sans oublier l'agressivité et le tranchant du metal extrême. Les répits sont très rares et le rythme est souvent très soutenu, démontrant une volonté de captiver l'auditeur. Ici, on ne veut absolument pas ennuyer une seule seconde et on ne se permet pas d'intégrer des plans ambiants qui pourraient casser la dynamique. Même les phases instrumentales sont soignées et maîtrisées, avec des soli parfois complexes et un piano toujours très énergique.
Toutefois, les influences sont trop marquées et souvent trop évidentes, empêchant le groupe de se forger une réelle identité. Comme sus-cité, les formations norvégiennes nous viennent toujours en tête, que ce soit sur un morceau ou un autre. On pense évidemment à
Arcturus et au "Sham Mirrors" sur "Ultimate
Astral Messengers" ou à
Dimmu Borgir sur "
Exordium" avec son intro à la "Mourning
Palace". A part ça, il est à noter que la batterie a tendance à sonner un peu trop synthétique, mais au vu du style de musique, et de la présence de touches industrielles, ce n'est pas choquant.
Si ce "Conflux" avait eu plus de promotion lors de sa sortie en 2004, il aurait très certainement attiré l'oreille des amateurs du genre. Au lieu de ça, il est complètement passé à la trappe et personne ou presque ne connaît les travaux de
Draconic, du moins ceux datant de cette période. Pour palier ce manque de reconnaissance, la bande à
Antares a opté pour le metalcore avec un second album "The
Wrong Side of
Aperture" sorti en 2009. Bon choix ou non, tel n'est pas la question, car "Conflux" reste un très bon album qui, même au bout de dix ans, vieillit bien et s'apprécie au fil des écoutes.
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