Come Ethereal Somberness

Liste des groupes Death Metal Taphos Come Ethereal Somberness
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Nom du groupe Taphos
Nom de l'album Come Ethereal Somberness
Type Album
Date de parution 08 Juin 2018
Labels Blood Harvest
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 Letum
 01:01
2.
 Impending Peril
 06:34
3.
 Thrive in Upheaval
 03:54
4.
 Ocular Blackness
 04:43
5.
 A Manifest of Trepidation
 05:12
6.
 Dysfori
 02:06
7.
 Insidious Gyres
 05:11
8.
 Livores
 06:06
9.
 Obitum
 01:11

Durée totale : 35:58


Chronique @ Miskatonic

10 Janvier 2019

From the depths, the gnawing tempest rise...

Depuis quelques années, le Danemark est à la fête question death metal, non seulement grâce à une tripotée de groupes quasi tous signés chez le label US Dark Descent Records et s’inspirant du dieu Incantation aussi bien que de ses plus brillants élèves (Dead Congregation, Disma), mais aussi en organisant l’un des meilleurs festivals dédiés au genre : le Kill-Town Death Fest qui réunit chaque année une affiche de folie. Taphos fait parti de ces groupes émergeant à fort potentiel, mais qui au contraire des Phrenelith, Hyperdontia et Sulphurous, ou un peu plus ancien, Undergang, voue son allégeance à d’autres saints, tant en terme de label que d’influences.

L’affaire commence en 2016 lorsque quatre jeunes types balancent leur première démo cassette auto-produite à 70 exemplaires présentant un death rageur et impie qu’on aurait vite fait de rapprocher d’une autre légende US : Sadistic Intent. Par son côté frénétique et occulto-blasphématoire, nos danois rappellent en effet ce pionnier du death metal, mais également la clique colérique et endiablée suédoise formée au tournant des années 2000 : les Repugnant, Verminous et autres Kaamos. Le EP qui suit en 2017 entérine cette filiation, gorgée cette fois d’une prod bien plus puissante. Ces deux excellentes sorties finissent donc par attirer l’intention du label suédois Blood Harvest qui signe leur premier album l’année suivante tout en ressortant au préalable la démo et le EP sur une compile.

Come Ethereal Somberness débarque donc en Juin 2018 simultanément en cassette, CD, digital et vinyle, habillé d’un obscur artwork qu’on aurait cru de prime abord issu de "L’Odyssée" étant donné que le terme Taphos renvoie directement à un groupe d’îles de la Grèce homérique habité par des pirates rejetons de Poseidon. Mais il s’agit en réalité d’un épisode biblique de John Martin, peintre romantique du 19ème habitué des scènes apocalyptiques, intitulé "Le Déluge" (1834). Remarquez, l’artwork pourrait aussi bien représenter les pirates de Taphos après un pillage que Noé et ses sbires pris en tenaille par la flotte sur un promontoire rocheux.

Quoiqu’il en soit, ce premier opus reste dans la lignée du EP précédent dont la production est en plus assez proche. C’est à dire, sans compter l’intro, l’outro et l’interlude faites d’arpèges acoustiques, une bonne demi heure d’un death sombre et enragé. "Impending Peril" met d’ailleurs tout de suite les points sur les "i" avec son gros riff central bien sadique qui architecture le morceau dans un modèle d’efficacité. Les leads vicieux ainsi que l’ambiance occulte et satanique rappelleront le grand Sadistic évoqué plus haut tandis que le jeu hystérique du batteur se pose dans la droite lignée de celui de Chris Piss, batteur des formations Repugnant et Kaamos, qui par son utilisation particulière des cymbales, a tant inspiré Delve / Verminous. Le chant écorché de Hampus renforce d’ailleurs cette filiation tandis que la variété du tempo et les nombreuses lignes mélodiques malsaines souvent en tremolo feront plier le sceptique. Et si ce n’est pas le cas, les brutaux "Thrive in Upheaval", "Ocular Blackness" et "Manifest of Trépidation" l’achèveront par leurs rafales blastées meurtrières et leurs petits soli pervers non dénués de mélodies prenantes.

Toutefois, au delà des nombreuses accélérations, Taphos est également capable d’ambiancer son propos. On pourra par exemple noter le solo de "Livores" qui semble sonner la fin des temps promise par l’artwork, ainsi que le break de basse savoureux de "Thrive in Upheaval" qui amène un gros passage catchy que n’aurait pas renier Vorum sur son premier né, lui aussi friand du "hu" Warriorien suivi du riff qui tue et de l’accélération qui enterre. L’arythmique "Insidious Gyres" contient lui aussi ce passage méchamment accrocheur tandis que l’aspect malsain et impie de Verminous refait surface sous une variété de tempo qu’il convient encore de saluer.

Finalement, avec un style plus rageur que lourd, Taphos parvient à tirer son épingle du jeu en proposant un death metal féroce et frénétique qui a la particularité de se démarquer des autres sorties danoises incantationesques de 2018, comme le remarqué Hyperdontia ou le plus discret Sulphurous avec qui le groupe partage d'ailleurs son gratteux Mathias Friborg (en plus d’un artwork similaire). Et si je vous dis maintenant que la batteur de Sulphurous est justement celui de Phrenelith et Hyperdontia ? Ah le Danemark, une histoire de famille.

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