Come Clean

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16/20
Nom du groupe Puddle Of Mudd
Nom de l'album Come Clean
Type Album
Date de parution 2001
Style MusicalGrunge
Membres possèdant cet album82

Tracklist

1. Control 03:51
2. Drift and Die 04:24
3. Out of My Head 03:44
4. Nobody Told Me 05:21
5. Blurry 05:03
6. She Hates Me 03:36
7. Bring Me Down 04:02
8. Never Change 03:58
9. Basement 04:21
10. Said 04:07
11. Piss It All Away 05:38
Total playing time 48:10

Chronique @ Silent_Flight

28 Fevrier 2011

Du rock de bonne facture qui se fredonne pendant une pause-pipi

C'est fou ce que les Etats-Unis sont forts en matière de "teen rock", cette musique destinée à essentiellement à une adolescence qui ne connaît pas plus son orientation musicale que son orientation sexuelle. Outre les Blink-182 et Sum 41 qui figuraient sur nos t-shirts (et encore) entre 12 et... 12 ans, le grunge est bien l'un des seuls porte-parole de la jeunesse à être souvent -pas toujours, mais souvent quand même- salué par les "anciens".

Nous sommes en 2002. Alors que la notoriété de Creed se voit dégradée par son leader qui n'a pas fini de péter plus haut que son derrière, que Silverchair se popise plus vite que son ombre, que Pearl Jam s'éloigne de plus en plus de ce qui a fait son succès et que Layne Stanley nous laisse une blessure profonde de sa disparition, l'espoir de revoir un jour le grunge refaire surface était presque vain, la nouvelle vague rap-metal faisant figure de meneuse.

C'est alors qu'un jour, en zappant sur une célèbre chaîne musicale, un groupe dont le chanteur/guitariste ressemble étrangement à Cobain aussi bien au niveau du physique que de la voix joue un morceau au riff puissant et au refrain saisissant: "Come Clean", de l'album du même nom, le premier de la formation écopant d'une diffusion internationale. Eurêka, c'est Dieu qui nous les envoie! Non en fait pas vraiment, c'est un certain Fred Durst, le vilain petit canard du rock à l'époque, qui s'est occupé de porter ces quatre lurons au devant de la scène alternative; il est d'ailleurs responsable de la formation de la bande après avoir incité les musiciens a quitter leurs projets de vie respectifs. Business to business... Bref, produit par John Kurzweg, par le groupe lui-même, co-produit par Durst et mixé par le monstre Andy Wallace (Slayer, Nirvana, SOAD, RATM, rien que ça), Come Clean a sonné comme la relève de Nevermind... pendant trois mois.

Non mais qu'est-ce qu'il y a d'étonnant, là? Oui, Come Clean est un album sympathique, oui le riff du morceau éponyme est imposant, oui «Blurry» est un morceau touchant où Scotlin évoque qu'il a été un père pourri qui a délaissé sa famille au profit des substances illicites, oui le grunge est bien là, mais était-ce nécessaire de faire tout un buzz pour un groupe qui ne fait que copier les traits de ses ainés, Nirvana pour la tonalité et Alice In Chains pour l'émotion? Hormis «Drift & Die» en hommage à Stanley, qui peut expliquer l'ambiance similaire, et quelques morceaux qui tirent leur épingle du jeu («Basement», «Nobody Told Me»), peu d'éléments intéressants sont à appréhender dans cette galette, surtout pas l'insulte artistique «She Hates Me» aussi ridicule que son clip, un faux-pas qui a su rester en travers de la gorge mais qui ne sera heureusement pas renouvelé sur ses successeurs.

Bilan: pas assez trash (et non thrash) pour être une référence grunge, mais pas non plus assez cul-cul pour être cité comme la honte de la famille. Ca reste du rock de bonne facture qui se fredonne pendant une pause-pipi (la pochette est trash, par contre) et c'est toujours un plaisir de se remémorer ces années où AC/DC était encore jugé trop vieillot par rapport aux guitares sous-accordées qui vrombissaient dans les écouteurs.

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Silent_Flight - 28 Fevrier 2011: @adrien: je ne travaille pas l'après-midi, éboueur que je suis (oui, oui...) et l'inspiration, j'en sais trop rien, ça vient du coeur p'tet pour pas faire dans le cliché.

@Cell et seb': vous êtes mes premiers amis SOMIENS, et je ne pense pas que ce soit le hasard que je vous ai rencontré, les gens ouverts d'esprit sont faits pour vivre ensemble :)
AlonewithL - 28 Fevrier 2011: Cell c'est le mal (si c'est un méchant dans la série DBZ).
Seb', c'est bien! (non! Seb', c'est le bien).
ZazPanzer - 01 Mars 2011: Désolé d'interrompre vos ébats les folles, mais moi aussi je voulais envoyer des mots d'amour à SF pour lui signifier l'excellence de sa rédaction.
Silent_Flight - 01 Mars 2011: Cette excellence qui m'a fait oublier un "pour" dans le dernier paragraphe :D merci Zaz pour toute ton attention.
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Chronique @ Hacktivist

21 Avril 2014

Avec cet opus, Puddle Of Mudd prend part au front de résistance grunge opéré par les quelques survivants du genre

Sept ans, sept ans déjà que Kurt Cobain nous a quittés sur un album live unique, que désormais tout le public semble connaître et saluer. Dix années se sont également écoulées depuis l'explosion du grunge et la sortie d'albums phares dans l'histoire du mouvement. Un excellent cru qui ne se renouvellera pourtant qu'en 2001, plus modestement certes, marquant alors une nouvelle étape où le restant de ces formations publiera là leur tout dernier album (Creed, Stone Temple Pilots ou encore Bush) avant un long repos bien mérité. Mais si à la limite, Puddle Of Mudd n'avait reçu que de simples controverses vis-à-vis de sa pochette "choc" mettant largement en avant le fils de Wes Scantlin, le cul à l'air, cela n'aurait pas autant posé problème. Le fait est que ce dernier dont l'influence de Kurt Cobain sur la voix et le physique demeure évidente, s'est mis à dos tous les puristes du grunge, et pas seulement.

Tandis que la vague néo-metal se fait très largement sentir, que les goûts et les couleurs du public changent, dans le même temps, le mouvement grunge commence à sérieusement s'épuiser voire à presque décliner. Pourtant, un groupe, Puddle Of Mudd, issu de la seconde vague du Seattle Sound sortira de l'ombre grâce au soutien du producteur et leader de Limp Bizkit bien connu, le dénommé Fred Durst à la tête de son propre label Flawless Records (ce dernier ayant aussi découvert et soutenu les Américains de Cold sur l'éponyme de 1998). Malgré tout, on ne peut renier que le son du quatuor est beaucoup moins crasseux et que les guitares semblent nettement moins distordues qu'à l'ère des 90's, mais à côté de ça, Puddle Of Mudd y apporte une certaine modernité, un nouveau souffle, tout en s'inspirant de Nirvana ou d'Alice In Chains.

Le reste de l'équipe de production quant à elle, est composée par le producteur John Kurzweg rendu célèbre par les trois premiers opus de Creed et le mixage, signé de la patte de l'ingénieur du son de renom Andy Wallace (Nirvana, L7, Silverchair ou encore Linkin Park). De ce côté-là, on peut dire que ce "Come Clean" a plutôt l'air très bien rodé. Presque autant que Puddle Of Mudd sur le hit gavé d'émotion du nom de "Blurry" soutenu par un refrain mémorable, restant fortement gravé dans la mémoire (« Can you take it all away? / Can you take it all away? / When you shoved it in my face / This pain you gave to me »). Wes Scantlin tâchera d'ailleurs de reproduire cette performance sur la ballade dégoulinante de mélancolie "Drift & Die" (qui est dans une certaine mesure, plus personnelle aussi) où l'apport acoustique fera véritablement bon lieu d'être, tout comme sur la réussie "Never Change". Non pas que cela ait réellement su apporter plus de diversité dans la tracklist, mais les percussions livrées sur "Piss It All Away" et le son plutôt intéressant de la guitare acoustique semblent tomber à pic, avec cet énième chant tout en douceur, en légèreté.

Si l'on peut donc considérer Puddle Of Mudd comme le mal-aimé de cette nouvelle vague grunge, "She Hates Me" n'arrangera sans doute rien, pire. Un titre aussi spécial et amusant que repoussant pour les 3/4 des auditeurs, même si celui-ci contient une mélodie reconnaissable entre mille et une progression déjà très prévisible dès les premiers instants. En fait, c'est surtout le chant de Scantlin qui est à la limite du désagréable (ah, ces « la la la la la la la la la love ») et qui parfois, joue avec l'aspect un peu cliché du grunge (lyrics que l'on peut mettre à toutes les sauces, envolées punk rebelles assez faiblardes...). Le combo faiblira aussi sur la deuxième partie du disque avec des titres tels que "Said" qui traîne sur la longueur ou bien sur la très dispensable "Bring Me Down".

En outre, le déclic Puddle Of Mudd se fait nettement sentir sur le déchaîné et bien puissant "Control" et plus précisément sur l'excellent "Nobody Told Me" où l'on aurait aimé retrouver plus de titres de cet acabit sur cet opus. Quelques notes lancinantes en fond sur l'introduction, un chant grave et désespéré à la Kurt Cobain et une instru' plus lourde voire heavy rappelant Alice In Chains, le tout saupoudré d'une certaine noirceur dans les riffs et de rage.

Non, Wes Scantlin n'est évidemment pas le nouveau Cobain mais il semblerait bien qu'avec cet agréable et plutôt bon "Come Clean" - Puddle Of Mudd ait d'ores et déjà pris part à la ligne de soutien, au front de résistance grunge opéré par les quelques survivants. Ce qui est sûr en revanche, c'est que les Américains ont pu composer de nombreux hits modernes du grunge des années 00' (et il convient de distinguer ces années-là des 90's, le style ayant évolué).

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Hacktivist - 04 Mai 2014: Inabouti dans le sens d'un manque d'efficacité ou autre chose ? Sinon, je pense que c'est tout de même un bon album qui par la suite, est quand même devenu un classique grunge des années 2000. Faut le prendre à sa juste valeur et non pas cracher sur leurs compos sous prétexte qu'ils ont un son très influencé par Nirvana (notamment).
Bakounine - 04 Mai 2014: Ben dans le sens de pas mal d'album de ce style rock grunge punk hargneux qui perçait à l'époque...
Tu avais une belle énergie, des hits sympathiques mais manquait ce qui plaçait vraiment un groupe au dessus du lot...
Je sais pas mais tu n'as pas à faire à l'album qui t'oblige à considérer le groupe comme un incontournable, avec un album incontestable d'un bout à l'autre... ce que Sum 41 a fait selon moi avec Chuck par exemple... et cet album chez Puddle of Mudd je le cherche encore, je les rapprocherais un peu d'ASG avant le "Win us Over"...
Après l'argument du très influencé par Nirvana, je le trouve toujours assez pourave dans le sens où dés que tu fais du rock avec des vrais guitares qui claque, t'as toujours un gugusse pour trouver ça trop proche de Nirvana, un peu comme Nightwish pour les groupes de sympho à chanteuse... ici, hormis sur Out of My Head, ça me choque pas plus que ça.
Hacktivist - 04 Mai 2014: Non, ce n'est pas un album incontournable, mais ça a au moins le mérite d'être devenu un classique (peut-être pas à l'époque de sa sortie évidemment, mais plutôt aujourd'hui) dans le sens où comme tu dis, il possède des hits "Blurry" - "Drift & Drie" ou l'un des meilleurs morceaux qui pour moi est "Nobody Told Me". Complètement d'accord avec les rapprochements avec Nirvana, ils sont souvent utilisés à tort et à travers pour très souvent n'importe quoi.
Silent_Flight - 24 Mai 2014: Copieur ^^ "Out Of My Head", "Nobody Told Me" et "Blurry" sont trois morceaux qui me procurent toujours autant de plaisir.
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