Le saxon Steffen Thümmel est un multi-instrumentiste et chanteur qui a pris part à de nombreux groupes (étant notamment un ex-membre d'
Andras). En parallèle de son projet black metal Isenburg, il se lance dans le doom en montant le one-man band Coldun. En 2007, le premier disque auto-produit de Coldun ("Necessariis? Dubiis? Caritas?") voit le jour et il aura fallu attendre 7 ans pour qu'un successeur lui soit donné.
C'est donc chose faite avec ce "Collapsing Polarities" signé sur le label compatriote Northern
Silence. Sur ce nouveau disque Thümmel est encore une fois derrière tous les aspects de sa musique, enfin presque tous puisqu'il invite le guitariste Maik Richter chargé de s'occuper des soli. L'artwork proposé s'éloigne de celui du premier album pour se rapprocher des standards graphiques de la scène doom actuelle avec ces tons chauds et cette calligraphie "psychédélique" très axée 70's.
Le long de ses six titres pour un peu moins de quarante minutes, "Collapsing Polarities" distille un doom metal poétique et assez contrasté. En effet, Coldun alterne entre des passages lourds servis par une batterie plombée et agrémentés de riffs puissants (le refrain épique du morceau-titre ou le riffing agressif de "Relight
The Temple Within") et des parties tout en légèreté, volontiers plus proches du folk rock que du doom, tels les couplets dépouillés et particulièrement entraînants de "
Echoes", uniquement en voix/guitare sèche.
Les six morceaux (très travaillés malgré leur relative brièveté pour du doom) jouent avant tout sur une fibre sensible et émotive. A cet effet la voix particulièrement poignante de Steffen Thümmel est mise en avant, parfois accompagnée seulement d'une guitare sèche comme je l'ai évoqué précédemment. Le timbre assez singulier (un peu nasillard et carrément jouissif lorsqu'il descend dans les graves) du bonhomme fait merveille sur des titres comme le très mélancolique "What Stays". La voix subit également pas mal d'effets : doublée pour créer une impression d'écho, filtrée pour donner un aspect vintage très 70's ("Relight..."). Le grunt présent sur certaines pistes du premier disque est quant à lui abandonné.
Les compos sont plutôt solides et variés, tour à tour entraînantes, mélancoliques ou épiques, également servies par les interventions de très grande qualité de Maik Richter. Le musicien apporte une vraie plus-value au disque en illuminant les morceaux de ses soli soignés, variés, très élaborés et transpirant un feeling heavy metal délicieux. On regrettera peut-être seulement un aspect légèrement répétitif de certains titres mais Coldun nous livre ici un très bon album. Après sept années, Steffen Thümmel, même s'il ne révolutionnera pas la scène avec cet album, peut être satisfait de son retour.
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