Cold Meat Industry Live in Australia - Two Evenings of Delightful Delicacies

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Nom du groupe Compilations
Nom de l'album Cold Meat Industry Live in Australia - Two Evenings of Delightful Delicacies
Type Video
Date de parution Octobre 2007
Style MusicalMetal
Membres possèdant cet album1

Tracklist

MANTICLE
1. The Proper Containment of Offspring
2. Fun in the Waterbath
SHINJUKU THIEF
3. Lesion
4. Burning Heat
5. Firejar Hell (Excerpt)
6. Infinity
7. The Darkened Psalm
BRIGHTER DEATH NOW (Death Industrial Set)
8. The Killing Season
9. In Formalin
BOCKSHOLM
10. Elektrik Swastika Lokomotiv (Excerpts, First Part)
11. Pressbyrån “78
RAISON D'ETRE
12. Metamorphyses (Phase III)
13. Evocation
ISOMER
14. Eye of Dawn
15. Sins of Freedom
16. Fire Front
FROZEN FACES
17. We Are the Pigs
18. In Order to Confuse
ATOMINE ELEKTRINE
19. In-Between Spaces
20. Deep Sky Twilight
DEUTSCH NEPAL
21. Silent Siege
22. Tintomara/Thiudinassus
BRIHTER DEATH NOW (Power Industrial Set)
23. Crimescene Nostalgia
24. I Wish I Was a Little Girl

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Compilations


Chronique @ Vinterdrom

28 Septembre 2008

Cold Meat Industry, LA structure de production et de distribution de dark ambiant/indus par excellence et, sinon la première a avoir vu la jour, la première a avoir apporté à ce style pour le moins obscur et quasi-exclusivement synthétique une organisation solide et professionnelle. Cold Meat Industry restera à jamais comme LE label ayant permis au dark ambiant de sortir de ses ténèbres opaques pour apparaître au grand jour (un comble pour une musique aussi sombre !), jouant un rôle primordial dans son développement et son rayonnement à un point tel que ce style est aujourd'hui considéré comme une spécialité suédoise, alors que ses origines se situent plutôt du côté de nos voisins britanniques, si l'on se réfère aux pionniers du genre (Lustmord, Brian Eno, voire même certaines expérimentations très ponctuelles de Pink Floyd à l'époque de "Meddle").
Un label qui, malgré son ancienneté et sa renommée, a su rester intègre, éloigné de toute velléité commerciale et guidé par la seule qualité artistique, en signant régulièrement de parfaits inconnus, tout en ayant conservé en son giron ses artistes les plus renommés, tels Raison d'Etre ou Deutsch Nepal, présents depuis le commencement et toujours en pleine forme à l'heure actuelle.
Ce DVD live, enregistré en Australie et publié à l'occasion du vingtième anniversaire de Cold Meat Industry, illustre parfaitement ce fait, au travers d'un menu très alléchant associant vieux de la vieille, que ce soit avec leurs projets fétiches respectifs ou leurs side-projects méconnus, et jeunes pousses prometteuses issues de la scène locale. En somme, un savant mélange entre fougue et expérience, serait-on tenté de dire, bien que le temps ne semble avoir aucune emprise sur les "dinosaures" présents au cours de ces deux soirées dédiées à la gloire du dark ambiant et de l'industriel, deux sous-genres de la musique électronique sombre.
L'autre intérêt de ce DVD réside tout simplement dans le fait de pouvoir visualiser ce genre de prestation, très confidentielle et difficilement accessible, surtout lorsque ladite prestation se déroule à l'autre bout du monde, en l'occurrence au Corner Hotel de Melbourne transformé pour l'occasion en Temple des Machines.

Lever de rideau… l'autel de dresse sur la scène, supportant les samplers, tables de mixage, séquenceurs, écrans d'ordinateurs et autres gadgets électroniques, trônant tels des objets de culte et déployant leurs innombrables câbles tentaculaires, tandis que l'écran géant, se dressant au fond de la scène, est prêt à déballer son flot d'images hypnotisant.
La cérémonie peut débuter, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça frappe fort d'entrée avec l'intense prestation du premier invité local : Manticle, tout nouvel artiste dans le milieu, débarquant avec un indus/noise des plus rêches mêlant nappes oppressantes, grésillements infernaux et samples effroyables, le tout baignant dans une atmosphère terrifiante, accompagnée d'une représentation grand-guignolesque réalisée par la troupe Futurelic (communauté d'artistes australiens se consacrant notamment à l'art digital et à la confection de costumes et de mises en scènes très … "décalés"), montrant un rituel accompagnant la naissance d'une créature grotesque, jouée par un bonhomme travesti en infirmière, sorte de mythe de Frankenstein revu et corrigé à la sauce futuristico-perverse, au cours de lequel l'ultime fantasme masculin prend un sacré coup dans l'aile. Une scène empreinte d'un humour déviant (à prendre au trente-sixième degré) contrastant avec l'ambiance générale, malsaine au possible, renforcée par le maelström d'images insalubres que diffuse l'écran géant : pourriture, cadavres, malformations, … on devine même parfois un cliché pornographique subliminal. Sensations extrêmes garanties avec Manticle … un nom à retenir, d'autant qu'un premier album "A New Bowel for Fœtus Boy" est actuellement en préparation … A surveiller !
Autre régional de l'étape : Shinjuku Thief, mené par un certain Darrin Verhagen, dans le circuit depuis très longtemps (il a débuté en 1992 exactement) mais demeuré injustement méconnu. Justice lui est donc rendue sur ce live, lui permettant de bénéficier d'un coup de projecteur fort bienvenu. Plus foncièrement musicale que Manticore (après qui il embraye directement), la musique de Shinjuku Thief ne permet pas pour autant de dégager la tension accumulée lors du set de son compatriote. Car même si les premiers morceaux, très inspirés par la culture nippone, avec de nombreux sons d'instruments et percussions typiques du Soleil Levant, sont plutôt planants, la musique prend progressivement une tournure plus orchestrale, bombastique et épique, en même temps qu'elle devient plus sombre et torturée, la vidéo diffusée sur l'écran géant, filmée façon Ring et montée de manière très nerveuse, renforçant la sensation d'ensemble. Darrin Verhagen, littéralement possédé et s'affairant de tous côtés, se démène pour assurer le mixage simultané de la musique et des images. Un joli tour de force pour une excellente découverte … qui n'est pas la dernière de la double soirée !
Car c'est également l'occasion de découvrir Isomer, mené par l'australien David Tonkin, présentant une musique associant, à la manière des suédois de Puissance et Arditi, plusieurs facettes du dark ambiant / indus, entre séquences militaristes, imposantes de par leur tempo martial, et passages purement ambiants, peuplés de bruitages angoissants, sans oublier quelques touches de musique d'ascenseur dont le contraste, loin de désamorcer l'impact des sensations dégagées par Isomer, ne fait que renforcer leur aspect tordu. Un projet très intéressant, mené par un jeune loup qui montre que le genre dark ambiant, loin de s'essouffler, a encore un bel avenir devant lui.
Un avenir qui se présente également sous les meilleurs auspices pour les piliers du genre, les vieux briscards (qui sont bien loin d'être des vieux croulants) présents au programme de cette grande messe : Raison d'Etre, Deutsch Nepal, Brighter Death Now, … tous dans le circuit depuis l'essor de la fin 80' - début 90' … tous increvables, inoxydables, animés de ce grain de folie indispensable à tout bon artiste qui se respecte. Face à la nouvelle garde des jeunes loups, les "dinosaures" font face et démontrent, si besoin est, qu'il va encore bien Falloir compter avec eux dans les années qui viennent.
Un grand nom de l'écurie Cold Meat Industry pour commencer : Peter Andersson. Un nom qui cache en fait deux personnes, deux parfaits homonymes qui, bien que nés dans la même ville (Boxholm), ne possèdent aucun lien de parenté. L'un, plus calme et réservé, est le cerveau du "célèbre" Raison d'Etre (célèbre dans le sens où c'est à peu près le seul artiste dark ambiant qui soit au moins connu de nom chez les metalleux), l'autre, plus démonstratif et exubérant, aussi connu sous le pseudonyme de Lina Baby Doll (que je continuerai d'utiliser par la suite pour plus de commodité), conduit la machine infernale Deutsch Nepal. Tous deux sont réunis le temps d'un set consacré à leur projet commun nommé Bocksholm, en "hommage" à la ville où ils ont tous deux grandi, située dans une région industrielle traînant son lot d'insanités, entre ambiance sonore infernale et population imbibée à l'alcool. La musique de Bocksholm (si l'on peut parler de musique …), leur instrument de catharsis, donnant dans l'industriel pur et dur, est imprégnée jusqu'à la moelle de cet aspect mécanique et déshumanisé, aussi abrupt et aride que les tréfonds d'une usine peuplée de machines menaçantes au vrombissement constant, émettant des bruitages cycliques, répétitifs à l'infini, aliénants … Impression renforcée lors du morceau "Pressbyrån ''78" au cours duquel Lina Baby Doll s'empare du micro et déverse un flot de paroles ininterrompu au travers de filtres rendant sa voix robotique et grésillante, sonnant comme des ordres crachés au travers d'un haut-parleur … Une ambiance inhumaine quelque peu désamorcée par Lina, de par son look de beauf des familles : bedaine, pantacourt et bretelles, mais aussi de par son Attitude, jouant comme de coutume le pitre de service, entamant des pas de danse aussi ridicules qu'hilarants. Second degré, quand tu nous tiens …
Attitude nonchalante et quelque peu "Tex Averyenne" de la part de notre ami Lina, mais musique on ne peut plus sérieuse, ce qui se confirme lors du set dédié à son projet phare : Deutsch Nepal, dont la musique, constituée de boucles répétitives et construite selon le schéma de la montée en puissance progressive, est aussi imposante que captivante, et le second morceau présenté sur le DVD "Tintomara/Thiudinassus" l'illustre parfaitement. Débutant dans les abysses de nappes dark ambiant ultra-glauques et survolées par les litanies monastiques de Lina, le morceau s'élève ensuite progressivement au fur et à mesure que se greffe le martèlement d'un rythme rituel et que le chant gagne en agressivité, s'apparentant à l'invocation d'une monstrueuse créature s'élevant des abysses pour venir tout écraser sur son passage, pour réduire en cendres tout ce qui a le malheur d'être en vie. Et l'apparition d'un orgue impérial sur la dernière partie du morceau termine d'achever l'audience, le tout sur fond d'images représentant des monstruosités obscènes, repoussantes et révélatrices des pulsions et fantasmes les plus laids, les plus immondes et les plus inavouables de l'être humain. Dantesque !
On retrouve le style caractéristique du bonhomme sur son side-project Frozen Faces, ce goût prononcé pour les boucles aliénantes répétées inlassablement et les montées en puissance sur des compositions progressant par petites touches de nappes électroniques, de bruitages et de samples, même si l'ensemble sonne plus industriel et mécanique que Deutsch Nepal, en délaissant quelque peu l'aspect martial.
A l'instar de son collègue et homonyme, l'autre Peter Andersson est mis à l'honneur avec un double set, l'un dédié à son projet phare Raison d'Etre, l'autre à l'un de ses projets annexes très peu connu : Atomine Elektrine.
L'homme à la jeunesse éternelle (presque la quarantaine et toujours un visage d'adolescent !) propose, avec Raison d'Etre, une musique aux ambiances planantes et spirituelles, mais toujours très sombres, sans se départir d'une certaine ambivalence, les sensations éthérées étant constamment doublées d'une menace sous-jacente. Pas de violence directe, mais une tension sourde, un malaise s'infiltrant, s'insinuant tel un poison venimeux. Peter Andersson n'hésite pas à quitter sa table de mixage et ses effets électroniques pour agrémenter sa musique d'effets organiques produits à l'aide de divers instruments "de fortune" tels des tubes en carton ou des plaques et tiges métalliques que l'artiste triture dans tous les sens, avec une concentration de tous les instants, visage fermé et impassible, totalement en adéquation avec sa musique.
Et c'est le même niveau de concentration qui l'anime lors du set de Atomine Elektrine, offrant quelques instants de repos bien mérités, de par des atmosphères futuristes très posées, très aériennes, très cosmiques, dénuées de toute sensation de tourment. Des ambiances apaisantes, renforcées par les images abstraites et en perpétuelle mouvance diffusées par le grand écran, hypnotisantes de par leurs colorations et leurs arabesques. Une petite pause bienvenue !
Enfin, une soirée Cold Meat ne serait pas une vraie soirée Cold Meat sans l'intervention du Grand Maître de cérémonie : Roger "Captain" Karmanik, fondateur du label en personne, débarquant avec son look de cheminot paré à lancer la machine infernale Brighter Death Now avec deux sets couvrant chacun une période artistique du projet.
La prestation du première soir concerne le style caractéristique des premières années du projet : une sorte de combinaison dark ambiant / indus / noise parfois nommée "death-industriel" tellement l'atmosphère de mort et de décrépitude est palpable, au travers d'un magma de grésillements stressants et d'effets horrifiques (les interventions de cordes sont particulièrement angoissantes), duquel surnagent des complaintes en provenance directe de l'au-delà. Une ambiance sinistre, rappelant les travaux ambiants de Spektr ainsi que certaines compositions de Akira Yamaoka (responsable des B.O. de la série des Silent Hill), soutenue par des amalgames d'images spectrales brouillées, granuleuses, réminiscences d'un esprit errant abandonné, errant en ce bas monde, dont on ressent aisément toute la souffrance et les tourments. Un set glacial et glaçant !
La seconde prestation, jouée en clôture du festival, met à l'honneur le Brighter Death Now "moderne", délaissant les atmosphères glauques pour se concentrer sur un power electronics ultra-violent et bruitiste au possible. L'efficacité pure, en somme. Dès que l'on voit débarquer "Captain" Karmanik, regard d'acier, Attitude hautaine et micro tournoyant, on sent que le bonhomme est dans un grand soir, visiblement prêt à faire déferler sur le public un flot de haine et de rage ininterrompu. Et les apparences ne trompent pas, car c'est bel et bien parti pour un impressionnant déchaînement de machines et de samples en furie, avec en invité de marque Lina Baby Doll qui, armé d'une basse reliée à une batterie d'appareils électroniques, balance des riffs distordus et archi-bourrins réduisant en cendres toute notion de technicité et d'esthétisme. "Captain" Karmanik, de son côté, "s'amuse" avec le premier rang de l'assistance, s'essuyant les godasses sur la tête d'un pauvre gars, hurlant à la face d'un autre qui est visiblement défoncé ou tout du moins en état de lobotomie avancée, chopant la tête d'une pauvre nana, se retrouvant presque collée à l'entrejambe du fou furieux qui arpente la scène en gueulant sans interruption. Et dire qu'il s'agit du patron d'une maison de disques … quel exemple pour ses ouailles ! … Ouailles qui, soit dit en passant, ne sont pas en reste : Peter Andersson, d'ordinaire si réservé, débarquant en plein milieu du set en slip kangourou (certainement en hommage au pays hôte du festival …) et perfecto, puis simulant un acte de fouettage, gentiment sado-maso, avec son compère Lina travesti pour l'occasion en ménagère, preuve ultime d'un second degré illustrant de fort belle manière la maxime du label, disant que "ni la vie ni la mort ne doivent être pris au sérieux".

Un final en forme de feu d'artifice pour ces deux soirées très réussies, offrant une bonne diversité d'ambiances, des plus apaisantes aux plus agressives, ainsi qu'un excellent panel d'artistes, des plus reconnus aux parfaits inconnus, allant jusqu'à lancer un coup de projecteur sur certains des artistes issus de la très méconnue scène australienne. Belle initiative, Monsieur Karmanik !
Bien sûr, j'aurais personnellement apprécié la présence de In Slaughter Natives et MZ 412, deux "dinosaures" appartenant depuis de nombreuses années à l'écurie Cold Meat, manquant malheureusement à l'appel pour ce festival. Mais le point sur lequel je nourris le plus de regrets concerne la compression des deux soirées sur un seul DVD, qui n'est donc au final qu'un résumé ne montrant que des extraits des prestations de chaque artiste, alors que l'intégralité du show aurait certainement pu être casée sur un support double-DVD, voire triple s'il le Fallait. Merde, Roger, j'ai beaucoup de respect pour toi, mais sur ce coup-là, tu l'as quand même joué un tantinet petit bras, c'était les 20 ans de ton label quand même !
Enfin, il n'en demeure pas moins que cet objet constitue une acquisition indispensable pour les adeptes de dark ambiant et d'industriel, de même qu'un bon investissement pour ceux qui souhaiteraient découvrir ce genre musical très peu médiatisé.
Un essai marqué, validé mais malheureusement pas transformé. Dommage, j'avais encore un peu faim de viande froide …

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