Le groupe allemand
Isolation va en surprendre plus d’un avec leur premier album
Closing a Circle. Premier album certes, mais qui suit de nombreuses sorties antérieures dont plusieurs démos, un split ou une compilation. Ceux et celles qui avaient découvert
Isolation au gré de leurs pérégrinations passées doivent encore avoir à l'esprit la musique du groupe : Black
Metal ô combien dépressif avec cris stridents telle la louve à qui l’on arrache ses louveteaux (la nature est cruelle parfois).
Avec
Closing a Circle, que l’on pourrait grossièrement traduire par « boucler la boucle », le titre nous annonce déjà qu'il faudra oublier le passé et faire tabula rasa des productions précédentes. Si musicalement on a encore gardé des sonorités relativement Black
Metal on est tout de même assez loin de chansons comme Quiet These Colours
Will Fade qui rappelaient entre autre
Belketre. La bête s'est calmée et désormais sous couvert de leur étiquette Black
Doom, c'est plutôt un croisement, savoureux à vrai dire, entre les guitares dépressives du Black
Metal d’antan et des sonorités plus
Cold Wave. Comme si Joy
Division faisait du Black
Metal.
Néanmoins le gros changement qui devrait s’avérer une pilule bien plus difficile à faire avaler aux premiers fans du groupe est le changement de « vocals ». Finis donc les cris à réveiller les morts et à fendre les stèles funéraires et bienvenue donc à un chant clair qui, le premier, m'a fait penser à cette analogie avec Joy
Division. Alors du Black
Metal sans cris stridents, c’est possible ? En pratique oui, c’est possible, des groupes comme
Archgoat ou
Hate Forest sont de bons exemples (même si musicalement on est plus que loin…). On cherchera donc plutôt vers d’autres cieux comme chez leurs compatriotes de
Verdunkeln qui, s'ils n'ont pas complètement abandonné le chant typique du Black
Metal, n'en font pas un des éléments majeurs de leur musique.
Verdunkeln avec qui
Isolation se trouve pas mal d’atomes crochus au niveau du son, surtout sur le grain des guitares un peu comme, plus récemment, avec les américains de
Negative Plane. Néanmoins, le virage en épingle pris par
Isolation risque de les séparer de manière brutale de leur fanbase et c’est donc du côté des fans des groupes précités ou encore de ceux de groupe
Doom/
Cold Wave comme
The Gault que désormais
Isolation ira chercher des pépètes.
Quoi qu’il en soit, si on fait abstraction de leurs productions passées et qu’on se concentre uniquement sur ce nouvel album,
Isolation réussit un pari osé. L’album bien que relativement long passe comme une lettre à la poste et si Johannes Schmid pourrait bénéficier de quelques cours de chant, l’ensemble est délectable grâce à la très grande musicalité de l’œuvre. Tantôt plus mélancoliques, tantôt plus enjoués, les morceaux sont admirablement bien construits et ne suscitent guère l’ennui, souvent en partie grâce à une production admirable où cette basse ronronne telle un chat et où on ressent le plaisir évident du batteur de faire autre chose que du basique.
L’album divise et divisera mais pour un peu qu’on apprécie les nouvelles sonorités du Black
Metal (et je ne parle pas de Hippie Black
Metal), on y trouvera son compte. La désolation juvénile des démos d’antan est désormais remplacée par une dépression plus adulte et mature mais elle n'en demeure pas moins aussi puissante qu'avant.
cela donne envie d'écouter...pour info pour ceux qui ne le savent pas "Isolation" est un titre célèbre de joy Division (dint je suis fan), alors la filiation n'est pas due au hasard à mon avis-à suivre !
Sinon ta chronique me fait peur avec la citation de Belketre : Rassure moi, La prod est quand même moins pourrie que sur les légions noires ?
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