Allez on y va on y va, on enchaine !
C’est un peu ce qu’on imagine quand on remarque la vitesse absolument ahurissante et anti-productrice à laquelle certains musiciens enchainent les projets, les albums et les groupes en, paradoxalement, faisant toujours la même chose et provoquant une lassitude de plus en plus prenante chez les fans.
Il faut être clair, les dizaines de all star band qui fleurissent ces dernières années dans le power metal ou le hard rock ne rendent pas toujours justice au style et si l’appât du gain n’est pas forcément le moteur premier, la qualité musicale n’est pas non plus au rendez-vous non plus, faute de renouvellement et de réelle prise de temps pour composer.
Matt
Sinner est un homme occupé et il a regroupé autour des lui des musiciens à l’emploi du temps tellement overbooké qu’il y a très peu de chances de voir un jour ce nouveau projet
Level 10 véritablement évolué en dehors de ce premier disque "Chapter One". On dénombre, en plus du bassiste blond, déjà occupé à son projet solo et bien évidemment
Primal Fear, le surdoué Russell Allen qui doit faire attention à ne pas se bruler les ailes entre
Symphony X,
Adrenaline Mob qui demande de plus en plus de temps ou ses albums solo avec
Jorn Lande qui frisent une médiocrité bien décevante ces derniers temps. A ce duo s’ajoute
Roland Grapow qui, à côté de
Masterplan, vient de créer
Serious Black avec Thomen Stauch, Alex Beyrodt qui a relancé
Silent Force l’année dernière et
Randy Black qui lui, était plutôt en repos après les expériences de
Primal Fear et
Annihilator. Bref, du beau monde mais des musiciens qu’on imagine difficile travailler réellement ensemble et un supergroupe qui a tout, aujourd’hui, d’un projet sans lendemain accouchant d’une souris faute de véritable investissement personnel.
Si
Serious Black est plutôt une bonne surprise du début d’année, avec le nouveau projet de
Jorn Lande également, ce "Chapter One" de
Level 10 lorgne plutôt du côté de la mauvaise moyenne et de ce genre de disque qui s’oublie aussi vite qu’ils sont découverts et entendus.
De là à dire « circulez, il n’y a rien à voir », il n’y a qu’un pas.
Concrètement, on est dans un heavy germanique lourd et pataud comme
Sinner nous y a habitués depuis quelques années, à peine remis en selle par un Russell qui ne semble pas vraiment y croire et fait plus que capitaliser sur ses forces et ses qualités. Les riffs des deux allemands n’ont pas grand-chose d’exceptionnels et font peine à entendre tant ils dégagent une nonchalance, un travail vite fait et une absence totale de feeling. Il faut oser ouvrir sur un type aussi apathique que "
Cry no
More" et enchainer sur un "Soul of a
Warrior" chiant comme la pluie, entre un riff aussi plat que du goudron fraichement lissé, une ligne vocale d’une pauvreté affligeante, une partie de batterie pauvre comme un automne pluvieux et une production (signée du bassiste) affreusement impersonnelle et impuissante.
L’album est une longue fuite en avant symptomatique de ce que peut donner un groupe de leaders quand ils sont tous réunis ensemble (même si le terme de réunion semble usurper de nos jours). Des chansons sans âme, sans idées où chacun semble y avoir été de sa propre sauce personnelle sans penser au bien collectif (je pense notamment aux innombrables soli de claviers toujours placés pour combler un trou au milieu d’un riff encore plus faible que les précédents).
Level 10 essaie d’être plus dark sur "
Blasphemy" mais c’est malheureusement peine perdue déjà à cause de cette production boursouflée et complètement à l’ouest, en plus de riffs qui sombrent dans ce que Russell peut proposer quand il joue dans
Adrenaline Mob, mais sans le feeling et la maestria de
Mike Orlando à la six-cordes. "
Scream and Shout" essaie, pour sa part, de sonner plus power mélodique mais tout a déjà été tellement dit de bien meilleure manière que la composition sonne comme un curieux coup d’épée dans l’eau, reflétant une impuissance totale de simplement écrire un titre ayant de l’allant, de la patate et des couilles.
C’est bien rare venant de l’oiseau de feu mais il est bien difficile d’aller plus loin dans l’analyse tant le niveau reste au ras des paquerettes.
Level 10 est surement le projet d’un album, fait sans conviction parce que quelques heures étaient disponibles dans l’agenda. C’est vide, plat, ennuyeux et absolument indigne du talent des protagonistes composant le line up. A oublier très rapidement et en espérant que ça ne devienne pas une nouvelle donne que de favoriser le contenant au contenu (bien que ce soit clairement plus simple à signer pour un label mais il y a des limites). Bien d’autres albums vous attendent, ne perdez pas de temps ici. Et sinon, "As Daylight Breaks" de
Serious Black, dans un genre très similaire et sortant en même temps, est bien plus convaincant. Le choix est vite fait !
Avec 2 chroniques, on a au moins des avis partagés en ce qui concerne ce projet qu'est Level 10.
Je ne l'ai pas trouvé nul ! Mais j'espéré mieux de la part d'une telle formation.
Et ce son que l'on croie étouffer.Heureusement que quelques titres " No Turning Back,Demonized " et " One Way Street "arrive à sauver cet album du naufrage.
Je lui ai mis un 12/20 disons après plusieurs écoutes, je monterais peut-être ma note d'un ou deux points.
Un bon album sans plus!
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