Chaos Is My Name voilà un nom d’album qui met les pieds dans le plat. Il m’aura fallu presque 3 ans d’écoute pour pouvoir appréhender la bête. L’écoute de ce disque est tellement intense que l’après est forcément différent. Différent dans ce sens ou un sérieux mal-être nous prend comme si la vie devait se finir maintenant. Bref les 36 minutes de cet album ne sont pas une franche rigolade. Mais a quoi pouvait t’on s’attendre d’autre de la part de James Plotkin (ex-
Khanate) et de la suédoise Runhild Gammelsæter (ex-
Thorr's Hammer) : Du chaos, du chaos, du chaos !!!!!!
Avant même de glisser cette galette dans le lecteur, le nom même du projet annonce la sombre couleur.
Khlyst signifie en russe « fouet » mais c’est surtout une secte de base orthodoxe du XVIIeme siècle dont la doctrine était « Vaincre le péché par le péché ». En gros il prônait l’abstinence avant de se livrer a de grosses orgies et ils pratiquaient l’auto flagellation régulièrement. L’écoute de
Chaos Is My Name pourrait très clairement rejoindre ce dernier point de vue tant elle s’apparente a de l’auto flagellation.
L’album s’ouvre sur un hurlement de Runhild Gammelsæter accouplé à une déferlante limite jazzy d’une basse au son très étrange. Durant ce premier acte nous avons la tête sous l’eau. Tête qui ne ressortira qu’une fois le disque fini (enfin si vous tenez le choc). D’ailleurs il faut plutôt voir l’album comme un long titre plutôt que comme 8 plages distinctes. Le découpage n’étant vraiment pas nécessaires. C’est vrai les pistes sont tellement différentes mais tellement dépendantes entre elles qu’il ne faut pas se lancer dans cette écoute dans une envie farouche d’arriver au bout.
Ce qui résulte de ça c’est que pour certains le bruit semblera plus mélodique et pour d’autre ils seront embarqués dans un monde ou les ténèbres sont plus claires que la vision qu’à Plotkin sur le monde. La composition de cet album a d’ailleurs été très simpliste. Le bon James a été en studio a tout improvisé, bidouillé sur place avec que la belle suédoise ne vienne y placer ses textes.
Chaos Is My Name s’apparente plus une expression confuse d’un moment de vie. Mais n’est-ce pas ça le chaos, si Plotkin voulait nous donner une leçon sur le chaos, il ne pouvait pas mieux s’y prendre. Le rendu parait totalement décousu, pire les sons sont tellement étranges que une sensation vomitive monte progressivement. Les plages ambiantes en infra basses prennent aux tripes en deux temps trois mouvements, mais ce n’est rien comparativement aux parties plus bruyantes. Se sentiment de musique décousue reste omniprésent et l’on se demande même si son auteur sait un minimum ce qu’il fait. A mon avis il ne le sait pas mais au final nous sommes perdus et c’est le but.
Mais il n’est pas seul et la présence de Runhild Gammelsæter n’est pas non étrangère a ce mal être. Onze ans après son seul vrai fait d’arme (sa participation au White 1 de
Sunn O))) n’est pas facilement quantifiable) elle revient dans un registre plus étendu. Son agonie est communicative et l’on se laisse lentement glisser jusqu’à notre fin. Ses hurlements (piste 1 & 7 notamment, quelle puissance), ses murmures, ses lamentations tout nous guident vers un seul et même point, celui de non retour. Elle intervient toujours au bon moment dans ce chaos sonore, comme si la musique et elle ne faisaient plus qu’une seule et même entité.
Plus que jamais ce sentiment rejailli sur la mal-être ressenti pendant l’écoute.
Un disque a ne pas mettre entre toutes les mains. Rarement des sonorités auront créées un tel mal-être. Espérons que cette nouvelle expérience donnera envie a Runhild Gammelsæter de faire plus de disque, onze ans c’est long, très très long…….
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