1208-1244 : le Midi toulousain est frappé de plein fouet par une hérésie religieuse dénommée le catharisme. Afin d'agir contre les hérétiques, le pape Innocent III décide de recourir à la force pure et dure. Une expédition contre les cathares est mise en place : la Croisade contre les Albigeois.
C'est cette thématique que mettent en valeur les Nantais d'
Ad Extirpenda avec ce premier EP « Cathartic », influencés par les dérives du Moyen-Âge et les méthodes extrêmes, à l'image de son nom de scène, relatif à la légitimation de l'usage de la torture dans le cadre de l'
Inquisition. Fondé en 2008, ils officient dans un black/death symphonique aux touches heavy, médiévales et épiques.
Dès le premier morceau, « The
Inquisitor », il y a plusieurs choses qu'on ne peut que remarquer. Tout d'abord, la production laisse à désirer et ne met pas toujours en valeur les instruments et les voix, d'autant plus que l'introduction tend à sonner kitsch. Ensuite, cette dernière est censée nous emmener tout droit dans le délire des inquisiteurs. Le clavecin n'est donc pas de rigueur, surtout qu'il ne date pas du XIIIe siècle mais d'un peu plus tard. Puis, on ressent quelques influences
Satyricon dans ce heavy/black symphonique, mais aussi Comédie
Macabre, lors d'un monologue au centre du titre, accompagné d'une ambiance sombre et du clavecin.
C'est à partir de « Béziers » que l'ensemble devient plus cohérent. Même si on a vu mieux dans le genre, l'intro mystérieuse au piano fait place à un côté épique où les claviers prennent plus d'importance. Les guitares ont un certain tranchant, ce qui fait un contraste avec le chant, qui manque de profondeur et d'efficacité. Dommage, car on se situe du côté du Sac de Béziers, la ville étant assiégée par une armée de croisés.
« Holocauste » met en avant les diverses influences d'
Ad Extirpenda avec cette conclusion relatant les excès de l'
Inquisition. Mais le titre sonne trop propre, trop gentillet, malgré des paroles en français explicites. Ca manque d'agressivité, d'atmosphères pesantes et terribles, pour pouvoir emmener l'auditeur dans l'horreur des massacres et des tortures.
Au final, on n'a pas vraiment l'impression d'avoir été faire un tour du côté de l'
Inquisition tant les titres sont uniformes, parfois plats et loin d'être forts en émotions.
Seul « Béziers » sort du lot, avec son côté épique et sa dynamique, mêlant bien le black et le death au sympho. On regrette au final qu'
Ad Extirpenda n'ait pas été au bout de ses idées, et on attend le prochain opus avec une certaine curiosité, en espérant que les Nantais s'améliorent et soient plus cohérents.
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