Catharsys

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18/20
Nom du groupe DXS
Nom de l'album Catharsys
Type Album
Date de parution 2010
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1. Mirror of Terror 04:38
2. Amnesia 06:13
3. Synthetic Affective Disorder 09:42
4. Psychotic Depression 06:14
5. Catharsys 05:45
6. Aphasic Agony 05:29
7. Nocturnal Phobia 06:47
Total playing time 44:48

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DXS


Commentaire @ Krokodebil

05 Juin 2011

Un premier album de bonne facture, agréable et varié mais qui manque encore de personnalité.

Et si on faisait honneur au nouvel outil de SoM ? Je vais faire un tour dans la liste des chroniques en attente de chroniqueurs et je tombe sur ce groupe de metal prog, cannois qui plus. Au moins c'est local, je vais me charger de rendre compte de ce que j'ai pensé de leur album. (Attention : track by track car j'écoute l'album en temps réel. Lecteurs grognons, passez votre chemin.)

Quelques mots sur la pochette tout d'abord : je dois avouer que ça commence mal, ce n'est pas du tout le genre de graphismes auquel je suis sensible : trop de couleur, trop de détails et de fioritures, univers urbain et moderne qui me parle peu - du moins vu sous cet angle. Et un peu trop de photoshop derrière je pense. Mais si une pochette peut présager de l'orientation musicale d'un groupe, elle n'est pas non plus son exact reflet. Passons donc à la musique proposée par DXS.

L'album s'intitule Cathar5y5, une écriture stylisée proche du l33t - encore un truc qui me parle peu - pour le concept de catharsis, au cœur de la vision aristotélicienne de la tragédie. En somme, le mot littéraire pour défouloir, ce qui augure du bon.

L'album démarre sans ambages sur la rythmique agressive de "Mirror (of Terror)". Le son est d'emblée proche d'un Dream Theater, avec moins de moyens certes. Le chant est toutefois féminin, en anglais. Peu de surprise de ce côté là, l'exécution est juste et honnête, le timbre légèrement voilé, ce qui n'est pas désagréable, d'autres voix féminines en overdubs montant plus haut dans les aigus. Un peu lisse peut-être, jusqu'à l'arrivée d'une voix death masculine qui était plutôt inattendue. Voilà quelque chose qui me plaît déjà plus. La voix féminine manque peut-être un peu de puissance parfois, à cause du timbre voilé qui n'a pas que des avantages. Niveau production, le son est bon mais un peu trop lisse, sans vraiment aucun choix esthétique pour privilégier un instrument ou un son : on entend distinctement guitares, basse et claviers. Le solo de guitare est sympathique et laisse place à un couplet en voix caverneuse qui contraste du plus bel effet avec le passage en chant clair a capella qui suit. Le morceau se termine dans un tempo plus rapide, proche d'un death mélodique. Pas loin de 5 minutes si j'en crois mon horloge, une bonne piste pour démarrer.

Suit "Amnesia", qui s'ouvre sur un motif plus inquiétant aux claviers sur fond de bruitages (bobine de film projetée, cris féminins façon films de la Hammer). La basse accompagne de quelques notes veloutées cette intro, puis le morceau démarre sur le chant féminin et l'entrée des autres instruments. Le chant caverneux débarque rapidement sur une accélération du tempo. Le batteur a un jeu rapide, je regrette un peu que l'instrument soit peut-être le seul un peu noyé au mixage. Suit un passage plus étrange au synthé et une nouvelle surprise, un chant masculin clair très "épique" dans la diction et l'intonation. Un peu de diversité ne fait pas de mal. J'aime beaucoup la suite, un pont aux claviers puis un solo de guitare bourré d'effets, assez lent, sur fond de claviers. Un bon riffing à deux guitares ensuite et le retour du chant masculin clair. Une piste très construite, qui s'enchaîne avec beaucoup de fluidité, pour un ensemble des plus agréables. On regrettera seulement le mixage un peu timide, qui n'insiste pas sur la lourdeur de tel riff ou sur la puissance de la batterie. Le titre se termine sur un chant à deux voix, un petit dialogue entre homme et femme.

"Synthetic Affect Disorder" s'annonce comme le titre le plus long de l'album, environ 9 minutes si je calcule bien (je n'ai pas la durée des pistes). Elle démarre fort puis cède la place à un clavier en mode piano qui apporte un peu de douceur et de subtilité avant de repartir sur un synthé plus habituel. La basse est très présente également, et le morceau alterne ces couplets calmes à des passages beaucoup plus rapides, mais où le chant féminin reste le même, montrant d'ailleurs quelques limites dans les aigus. Démarre alors un pont dominé par le synthé et soutenu par un riff sympa, qui amènent le retour du chant death. Quelques audaces rythmiques bienvenues se manifestent dans le riffing et le duo basse / batterie. Le synthé claironne ensuite de manière assez inattendue sur des gémissements féminins, puis un nouveau passage au piano se fait jour. Titre très varié en somme. La longueur du morceau est bien exploitée par l'alternance de styles et de tempos, comme en témoigne la très réussie séquence instrumentale où se succèdent ponts et solis puis couplet en chant caverneux et chœurs. A nouveau un style très proche de Dream Theater (notamment sur le dernier album). L'attention prêtée à la diversité vocale (clair/caverneux, masculin/féminin, soliste/en choeur, naturel ou modulé par des effets) est remarquable et colle bien à la thématique augurée par la pochette et le nom des pistes (univers urbain et cyber-urbain).

L'intro de "Psychotic Depression" est plus douce, guitare désaturée, bribes de discussions, claviers. On penserait presque à du Opeth des derniers albums cette fois-ci. Puis le chant féminin s'installe dans les aigus avec plus d'aisance que précédemment. Après ce prélude, le morceau démarre de manière bien plus énergique, avec une voix caverneuse différente de celle entendue jusqu'alors, plus aiguë, plus black. L'atmosphère est plus sombre, plus tourmentée, le chant black répond aux envolées lyriques, puis une phase plus douce, démarre, à nouveau en guitare désaturée sur nappes de claviers. L'effet est tout de même surprenant, ce genre de vocaux black est plutôt rare sur une musique fortement teintée de metal progressif, le contraste est original et sort des sentiers battus dans lesquels le groupe s'engageait jusqu'alors (avec un certain talent toutefois). On regretterait la durée plutôt courte du morceau, qui se termine un peu en eau de boudin, qui semble moins construit que le titre précédent - mais c'est là mon penchant pour les morceaux longs qui parle.

En parlant de titres plus courts, "Catharsys", la chanson éponyme, est le titre le plus court. Ambiance angoissante installée d'emblée par des claviers pénétrants, puis un riff très curieux, à la rythmique marquée et insistante mais aux sonorités aigües et douces. Encore une belle curiosité. Le chant féminin se fait grave et langoureux puis gagne en intensité. Les ponts de guitare de la fin du morceau sont pratiquement emprunté à Dream Theater pour le coup, et le morceau est dans l'ensemble assez chamarré, tiraillé entre ses bizarreries rythmiques et mélodiques et le chant plus lent et sensuel de la voix féminine. Et il s'achève si brutalement sur un proto-solo de guitare que je pense qu'il y a eu un problème dans l'upload de la chanson sur la plateforme depuis laquelle je l'écoute, à voir.

"Aphasic Agony" est une chanson sympathique, plus sautillante, au tempo plutôt rapide, et avec un passage orientalisant du plus bel effet. J'aime beaucoup la rythmique et les riffs que l'on entend sur le solo, qui semble presque relégué au second rang.

Vient à présent le dernier titre de cet album, "Nocturnal Phobia". Un titre agréable mais plus anecdotique, qui résume bien l'orientation générale de l'album, mais qui s'avère parfois un peu redondant. La séquence de riffing vers la fin du morceau est néanmoins très sympathique.

En somme, cet album témoigne d'un réel talent des musiciens cannois, et distille un metal progressif solide et varié, aux nombreuses influences et tendances, qui ne tombe pas dans le mélange brouillon. On regrettera toutefois un léger manque d'originalité dans le domaine et une production timorée - à la hauteurs des moyens financiers surement - qui ne met pas en valeur les instruments qui devraient l'être. Le groupe démarre bien, mais n'a donc pas encore un réel son, une patte musicale bien identifiable. Affaire à suivre.

NB : il faudra aussi que je lève le doute sur le morceau titre qui se termine vraiment trop bizarrement pour qu'il n'y ait pas anguille sous roche.


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