Casting Ruin

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16/20
Nom du groupe Solace Of Requiem
Nom de l'album Casting Ruin
Type Album
Date de parution 29 Août 2014
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1. Defiling the Spectrum
2. Casting Ruin
3. Soiling the Fields of Putridity
4. Song of Shards
5. Wading Into Mire
6. Eroded Absolution
7. Heaving Bile and Ash
8. Pools of Ablation
9. Bio-Alchemy

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Solace Of Requiem


Chronique @ Icare

22 Novembre 2014

Casting Ruin manque encore un peu de cohérence et de maturité

Solace Of Requiem est un combo de Virginie qui roule sa bosse depuis maintenant plus de 20 ans sur la scène death américaine. Malgré sa longue expérience, la sortie de trois albums, et la présence de Brett Hoffman en guest venu pousser la chansonnette sur Utopia Reborn, le groupe n’est jamais vraiment parvenu à percer, et c’est donc avec une furieuse envie d’en découdre qu’il revient avec ce Casting Ruin, signé sur ViciSolum Productions, en cette année 2014.

L’album s’ouvre sur une sorte d’alarme anti atomique semblant annoncer la fin du monde, et c’est effectivement une sacrée déflagration qui vient nous cueillir d’entrée, avec ces riffs lourds et dissonants et cette double apocalyptique. Le titre tabasse, très rapide et direct avec cette voix écorchée qui ajoute en agression, mais semble un peu partir dans tous les sens, en une violence débridée qui paraît parfois chaotique : pas d’enchainement logique apparent au niveau des riffs, le tout n’est que cacophonie extrême qui nous agresse les tympans, entre vocaux black criards, batterie ultra rapide, parties de guitares qui s’enchevêtrent en un labyrinthe sonore inextricable et soli qui tombent comme un cheveu sur la soupe. Le titre n’est pas mauvais en soi mais très difficile à appréhender, donnant l’impression d’un combo très violent et technique qui frappe un peu au hasard sans réel fil conducteur.
Le titre éponyme enchaîne sur un death brutal, sombre et pesant (ces riffs de début à la coloration malsaine presque black metal peuvent faire penser à du Immolation) dont les couplets, ultra rapides, déchirés par des stridences de guitares typiques du genre et portés par le guttural de Jeff Sumrell, n’ont rien à envier à Origin au niveau de la vitesse d’exécution. Les plans techniques s’enchaînent, la batterie martèle, toujours impériale, les vocaux death et black se succèdent, mais le tout est un peu trop générique, et à part une brutalité et une complexité excessives, on ne retiendra pas forcément grand-chose de ce morceau tapageur. C’est d’ailleurs l’un des principaux problèmes de l’album dans son ensemble: l’agression quasi constante et la violence hors du commun nous étourdissent sur le coup (au hasard, enfilez-vous Defiling the Spectrum ou le terrassant Heaving Bile and Ash pour voir! ), mais cette débauche de décibels nous empêche de nous pencher d’avantage sur l’aspect plus progressif et nuancé du groupe, qui a pourtant de belles choses à offrir.

Le trio prend par la suite un virage plus mélodique, certes toujours aussi torturé rythmiquement, avec des riffs toujours aussi alambiqués, mais avec des apparitions solistes qui aèrent de leurs notes l’opacité étouffante du tout ( le début de Soiling the Fields of Putridity, le solo de Song of Shards, les notes d’Eroded Absolution mêlant feeling et technique…). La brutalité est toujours bien présente, mais elle est plus maîtrisée, contenue en quelques élans dévastateurs, et parvient lors de quelques passages imparables à enfin délivrer son monstrueux potentiel, car les trois musiciens de Solace Of Requiem sont clairement loin d’être des manches.
Certains riffs dissonants viennent nous vriller les tympans, et les claviers, discrets, ainsi que les nombreux samples mécaniques, ne font qu’ajouter une touche un peu plus lugubre et désincarnée à cette symphonie malsaine et industrielle qui pourrait décidément être la bande son idéale d’un massacre dans une usine désaffectée (le passage lourd, lent, dissonant et glauque de Song of Shards, qui revient comme un leitmotiv hanté ). Ceci dit, la base reste résolument death metal, notamment grâce au growl profond de Jeff Sumrell et au jeu terrifiant de DaveTadesco martelant ses futs comme un forcené avec une rapidité hors du commun et faisant fumer sa double à une vitesse plus qu’impressionnante.
Les sursauts black se font plus rares, s’incarnant dans les vocaux criards, l’ambiance sombre et ces riffs blackisants sur Pool of Ablation par exemple, morceau fort de l’album typé death tech progressif et qui, malgré ses plus de 6 minutes, parvient à rester prenant et efficace, sans jamais tomber dans la surenchère de violence inutile. On a même un long passage calme et mélodique en milieu de morceau qui instaure une ambiance plus posée et mystérieuse avant que le morceau ne reparte sur des riffs hachés et des blasts, amorçant le retour de ces guitares black majestueuses.

En conclusion, Casting Ruin est techniquement plus que parfaitement au point, mais semble encore se chercher et partir parfois dans tous les sens. Si on apprécie que le groupe semble ne pas s’imposer de limite (l’intro de Wading Into Mire avec cette boîte à musique mélancolique, le titre se poursuivant sur un déferlement de riffs lourds, syncopés et mélodiques aux forts relents deathcore, l’instrumental apaisant qu’est Bio-Alchemy, s’ouvrant même sur une guitare acoustique, vraiment inattendue dans une telle boucherie sonore), force est de reconnaître que les Américains sont parfois difficiles à suivre dans leur délire musical et que cette pléthore d’influences n’aide pas à rendre leur musique plus facile à digérer.
Car nul doute que sous une violence repoussante qui peut parfois sembler stérile, Solace Of Requiem est plus subtil qu’il n’y paraît, parvenant même à instaurer une ambiance industrielle, noire et décadente très marquée bien en adéquation avec la pochette. Ceci dit, il vous faudra être très patients et avoir les tympans bien aguerris pour pouvoir commencer à vous délecter de ce cocktail hautement corrosif, et la dose de violence et de complexité musicales qu’il faudra vous enfiler au préalable pourra en faire fuir plus d’un. En tous états de cause, si Casting Ruin manque encore un peu de cohérence et de maturité, voilà un groupe qui a tous les éléments en main pour exploser sur une scène death brutale et technique qui peine un peu à se renouveler. Affaire à suivre de près !

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