Calm in Chaos

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16/20
Nom du groupe Archangel (IND)
Nom de l'album Calm in Chaos
Type Album
Date de parution 09 Juin 2014
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1. Butterfly Effect
2. Redshift
3. The Other Pendulum
4. Discordia
5. Chasing Infinity
6. Destination Bedlam
7. Serenity in Turmoil

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Archangel (IND)


Chronique @ LeLoupArctique

16 Juin 2014

Le petit pas de la confirmation qui lui permettra de bondir la prochaine fois.

Les projets autoproduits en solo fleurissent ces derniers temps, notamment grâce à internet et en particulier grâce au site bandcamp. J'avoue avoir du mal à me repérer, tant les sorties sont nombreuses. Rien que dans les catégories metal progressif et djent on trouve plusieurs nouveautés chaque jour, donc pour faire simple, il y a tellement de choix que c'est la foire. Je pense avoir trouvé une valeur sûre en Archangel, projet solo comme il en existe beaucoup, mais jouant une musique particulièrement belle et touchante.

Srikumar Ravi Kumar, originaire de Bangalore au sud de l'Inde, est l'homme derrière ce projet. Il avait sorti son premier album, Paradigm il y a à peine plus d'un an, qui dévoilait un metal progressif assez lourd mais non dénué de mélodies plus aériennes. Cette ambivalence faisait le charme de ce premier jet, et l'homme en a tiré de bonnes leçons, puisque six mois plus tard une deuxième production sortait, en allant plus loin dans ce sens. Salvation Lies Under Tyrannical Supremacy jouait en effet à la fois le heavy metal progressif de Paradigm mais en y ajoutant des éléments atmosphériques de telle sorte que le son était fait de deux mélodies en même temps, l'une metal l'autre ambiante. Le résultat est bluffant et la musique vraiment touchante. Qu'en est-il alors de ce troisième effort ? Archangel pousse-t-il les expérimentations encore plus loin ?

Butterfly Effect ouvre l'album, sur des sons lointains et calmes, un peu électroniques, qui font beaucoup penser au dernier God Is An Astronaut. Puis une guitare lourde et sèche arrive par-dessus, recréant l'atmosphère de contraste entre le heavy metal et l'ambient de l'album précédent. Mais ce morceau de deux minutes n'est que l'introduction, il sert à faire la jonction entre les deux albums, car cet album est encore différent du précédent. Sans toutefois enlever les rythmiques lourdes de la guitare électrique, Archangel fait un pas de plus vers la musique atmosphérique. Les compositions gagnent encore en légèreté, en finesse, et en élégance.

La première grosse composition, Redshift, est clairement dans cette optique là. Toute la première partie du morceau mise sur l'atmosphère, avec un son dense mais très aérien. Les guitares sont comme d'habitude maintenant très saturées, et la batterie toujours aussi inventive. La seconde partie du morceau montre quelque chose de plus progressif, où la guitare a son mot à dire, et où les notes sont moins linéaires. Le rythme est aussi plus lourd, mieux marqué. La fin du morceau, avec ces sons électroniques étranges envoie directement au suivant, sans pause, ce qui donne vraiment l'impression d'un seul grand morceau. Archangel avait déjà essayé ça, mais seulement sur trois titres. Il remet ça cette fois avec tout l'album.

Globalement, Srikumar joue sur la même recette que pour Salvation Lies, avec une mélodie heavy et une autre mélodie atmosphérique calées en même temps. Mais ce n'est pas pour ça qu'il refait la même musique. Sur Destination Bedlam par exemple, une des deux mélodie est au premier plan, et l'autre au deuxième, et cet ordre s'inverse plusieurs fois au cours du morceau. Plutôt que de les laisser séparées et qu'elles restent en permanence l'une à côté de l'autre, il les fait s'emmêler et s'entrecroiser. Le tout est réalisé avec soin, et quelques petites trouvailles électroniques permettent d'assurer au morceau une certaine cohérence.

Archangel est aussi très fort lorsqu'il s'agit de débuter un morceau en douceur puis de faire monter la tension et la puissance. The End, le dernier titre de Salvation Lies, en dévoilait une excellente, qui mettait une pression insoutenable avant que tout explose. Il y a ici moins d'explosion, mais le résultat est le même : c'est jubilatoire. The Other Pendulum en montre un beau spécimen, où les instruments se rajoutent petit à petit, sur fond d'effets électroniques, pour arriver enfin à une grosse rythmique heavy. Serenity in Turmoil propose une montée en température encore différente, grâce à une batterie presque martiale pour imprimer le rythme.

Discordia révèle quant à lui de belles sonorités orientales. Le premier opus, Paradigm, en comprenait, mais pas Salvation Lies. Ses intonations plus mélodiques et lancinantes sont une agréable surprise, et vont très bien avec la musique jouée à la base. Cette composition montre la capacité de Srikumar à jouer plusieurs styles très différents, et permet de varier les mélodies, chose primordiale sur un disque instrumental.
On remarque aussi par rapport aux précédents albums de plus en plus d'effets électroniques, ajoutés par ordinateur, notamment sur The Other Pendulum, qui lui donne un aspect un peu expérimental vers la fin.

Chasing Infinity est peut-être le morceau le plus conventionnel, mais pas nécessairement le moins surprenant. C'est en tout cas le moins atmosphérique, et le plus progressif. Dans sa structure il est plutôt composé comme sur le premier album, avec une mélodie simple à retenir qui se répète avec différentes variations sur toute la longueur. Il est parfaitement exécuté et les passages aériens confèrent tout son intérêt au morceau et l'empêchent d'ennuyer l'auditeur.
À propos d'ennuyer l'auditeur, on voit qu'Archangel propose avec Serenity in Turmoil une composition plus longue que d'habitude, comme pour s'ouvrir d'autres horizons. Les caractéristiques du morceau, évoquées plus haut, lui permettent de conserver son intérêt pendant plus de douze minutes.

Si ce Calm in Chaos se révèle moins surprenant que son prédécesseur, il n'en reste pas moins très agréable. Salvation Lies était un grand pas en avant sur le chemin que Srikumar est en train de se tracer. Calm in Chaos est le petit pas de la confirmation qui lui permettra de bondir la prochaine fois. Archangel continue néanmoins les expérimentations, et même si elles sont moins nombreuses, elles sont toujours aussi intéressantes. L'ajout de sonorités orientales est peut-être l'une des meilleures idées de l'album, et dévoile encore de nouvelles perspectives. Archangel se dirige aussi inexorablement vers la musique atmosphérique, tout en diversifiant une recette qui fonctionnait déjà.

De vastes entendues s'ouvrent devant lui ...

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