Trois ans après leur premier Opus, "
Shadows ",
Enemy Of The Sun nous livre son second album :
Caedium.
Le leader du groupe n'est autre que Waldemar Sorychta, artiste multicasquette ayant produit plusieurs groupes parmi lesquels on trouve
Lacuna Coil,
Moonspell,
Tiamat ou encore
Samael. Il est cependant plus connu pour avoir servi en tant que guitariste et compositeur dans un excellent groupe de THRASH du nom de GRIP INC., et ceci jusqu'au décès tragique de son chanteur Gus Chambers en 2008.
S'il est vrai que les fans du Thrash de Grip Inc. sont parfois restés perplexes devant l'aspect décousu de
Shadows, le dernier-né devrait sans doute les satisfaire, et ce pour plusieurs raisons.
D'abord, on y retrouve la griffe inimitable et la signature musicale de Waldemar Sorychta. A savoir, un thrash agressif sachant mêler les gammes d'inspiration orientales, jouées sur des guitares tour à tour acoustiques ou saturées, des soli placés là où on ne les attend pas, des bridges si bien construits dans le crescendo qu'ils semblent nous mener tout droit à cet état modifié de conscience que l'on appelle transe.
Ensuite, cet album est un hommage tout entier à Gus Chambers, dont certains titres ont été composés en sa mémoire : Lithium, The Golden
Horizon (incluant deux lignes écrites par Gus Chambers avant son suicide), In
Memoriam.
De cet hommage se dégage de grandes forces : on y ressent la colère, la révolte, la souffrance du deuil... De la densité des émotions présentes résulte un thrash intense et magnifié.
L'originalité de l'album réside également dans la voix du Chanteur Jules Naveri, capable de passer du chant clair au chant extrême. Bien sûr ce ne sera pas du goût de tous, mais cette performance mérite malgré tout d'être signalée, apportant à cet album des touches d'influence Death et Prog.
Parmi les titres les plus accrocheurs, on citera les instrumentaux Lithium et In
Memoriam, qui respectivement introduisent et clôturent l'album. Le premier est un va et vient incessant entre guitare acoustique et rouleau compresseur de guitares saturées, exprimant ainsi brillamment le calvaire enduré par le maniaco-dépressif (le lithium étant le médicament prescrit dans le cadre de cette psychose). In
Memoriam est une marche funèbre écorchée, teintée d'injustice et de révolte.
Et parmi les morceaux les plus puissants et massifs, Chasing the
Dragon, Ticket, Try Out et Paradigm devraient vous combler de leur riffs dévastateurs.
En conclusion : un second Opus qui a donc largement dépassé son prédécesseur, et qui nous promet une belle carrière pour un groupe qui mérite de trouver sa place au sein de la grande famille du Thrash.
C'est un peu plus qu'une simple chronique et ça c'est vraiment sympa!
Surtout ne t’arrêtes pas d’écrire… vivement les prochaines !
Je dédie cette chronique à mon meilleur ami, mon amour, mon âme sœur, décédé vendredi 15 octobre 2010 dans les mêmes circonstances que Gus Chambers. Merci à SOM de l'avoir publiée aussi vite. Que son âme repose en paix.
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