Le thrash metal n’aura été qu’une courte étape pour Felipe Rippervert et Weiberlan Garcia. Leur groupe en commun «
Crusher » ne les aura pas permis de prospérer ou d’avancer dans la recherche du succès. Tous deux fans de heavy metal, ils avaient décidé de fonder en parallèle le groupe «
Wild Witch » dont l’existence n’était prévue à l’origine que pour quelques shows. Mais les mésententes au sein de la formation «
Crusher » les obligent à passer le cap et à quitter le combo thrash metal pour se consacrer uniquement à «
Wild Witch ». L’opération est véritablement lancée en 2011. Ils engagent pour la concrétiser un guitariste (Mariano Burich) et une chanteuse (Flaviene Scheidt). Au départ la formation brésilienne se met à interpréter diverses chansons issues du répertoire de «
Warlock », de «
Kiss », ou de «
Saxon » entre autres, avant de s’atteler à la composition. Quelques titres vont germer et donneront lieu à l’enregistrement de leur premier mini en milieu d’année 2013. Cependant, «
Burning Chains » est à l’image de toutes les petites productions indépendantes que nous offre généralement le Brésil, bancale et pauvre, bien que l’on puisse y cerner un potentiel à venir.
On peut deviner l’addiction au NWOBHM dans la musique de «
Wild Witch », dans son inspiration, mais aussi dans la reprise assez potable de « Rock Me To the Limit » de «
Tokyo Blade ». Bien sûr, ça n’emprunte pas le jus et la ténacité du groupe d’origine. Nous avons grâce à la guitare de Mariano et au chant rocailleux de Flav quelque chose de crédible. Leur prestation réciproque sur ce mini volume ne sera par contre pas du même niveau et évoluera différemment au gré des titres. Si la guitare use d’une bonne régularité, le chant de Flav fera part d’insuffisance. On la voit vaciller quand elle tente des aigües virils sur « Trail of
Bones ». Titre assez répétitif malgré la bonne dynamique de départ nous transportant dans un heavy speed acéré. Il faut dire aussi qu’il est peu aidé par la batterie, bien décidée à faire part de toute sa mollesse et à abuser de l’utilisation des cymbales.
Cet aspect quelque peu surfait de « Trail of
Bones » se caractérise également sur « Witchripper », qui prend ici une forme désagrégée d’un «
Judas Priest » du début des années 80. Malgré la déception de l’ensemble fourni, il faut saluer le formidable solo maidenien de guitare tout juste après le milieu de piste. «
Wild Witch » ne fait par contre pas dans la demi-mesure sur l’éponyme «
Burning Chains », son morceau le plus tranchant et offensif de l’EP. L’amateur de heavy speed à chant féminin appréciera le rythme frénétique de la chose, même si on assiste à un léger ramollissement sur la fin. Celui, fidèle aux productions proposées par le label Infernö Records, fera un rapprochement avec ce que produit le groupe américain «
Lady Beast ».
Des formations du gabarit et de la formule de «
Wild Witch », on en retrouve malheureusement très souvent. Le heavy burné à chant féminin nécessite un peu plus que de s’illustrer dans un simple hommage au heavy metal d’antan. «
Wild Witch » est pour ainsi dire enchaîné à des valeurs purement nostalgiques, ne cherchant aucunement à renouveler ou à bousculer un style. Si seulement aussi tout cela était bien réalisé. Techniquement, les membres ont encore à prouver leur compétence. Le guitariste Mariano Burich s’en sort juste un peu plus honorablement que ses compères. Toutefois, notons que ces brésiliens n’en sont qu’à leurs débuts et montrent des qualités qui pourraient annoncer une suite prometteuse. Ils devront pour cela se résoudre à se libérer de leurs chaînes, à gagner en hargne et en agilité, pour ne pas être grillés.
11/20
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