Burn the Beauty

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15/20
Nom du groupe LunariaN
Nom de l'album Burn the Beauty
Type Album
Date de parution 09 Septembre 2022
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Don't Wait Until I'm Gone
 04:21
2.
 Dream Catcher
 03:59
3.
 Embrace
 03:48
4.
 Bleeding Out
 04:54
5.
 Embers
 03:50
6.
 Burn the Beauty
 04:48
7.
 Endless Sleep
 03:53
8.
 Invincible
 05:56
9.
 Never Ending Circle
 04:26
10.
 Scarlet
 04:45
11.
 Sacrifice
 05:01

Durée totale : 49:41


Chronique @ ericb4

19 Septembre 2022

Une œuvre enjouée, pétrie d'élégance, un brin classieuse mais éminemment liante...

Dans une arène metal symphonique à chant féminin aujourd'hui investie par de redoutables gladiateurs, dont certains pourvus d'armes des plus efficaces, il est des vertes formations qui, sans complexe, se lancent tout de go dans la bataille, à l'instar de ce quintet hispano-italien. Ainsi, né il y a quelques mois à peine, ce dernier nous livre d'entrée de jeu un premier album full length répondant au nom de « Burn the Beauty » ; une galette comptant 11 pistes égrainées sur un ruban auditif de près de 50 minutes, signée chez le puissant label italien Frontiers Records. Premier indice révélateur d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos cinq belligérants. Quels seraient alors les atouts esthétiques, techniques et logistiques de ce groupe pour espérer s'illustrer, voire perdurer, dans ce si concurrentiel registre metal ?

Au préalable, quelques présentations s'imposent. Ce jeune projet ne repose pas moins sur les solides épaules de ses membres, à savoir : Ailyn (Trail Of Tears, ex-Sirenia, guest chez Secret Rule, Serenity, Diabulus In Musica, Chaos Magic...), frontwoman au cristallin grain de voix ; Aldo Nobile (Edge Of Forever, Secret Sphere, ex-Death SS, Archon Angel...), aux guitares ; Antonio Agate (Sweet Oblivion, ex-Odd Dimension, ex-Secret Sphere...), aux claviers ; Mattia Gosetti (Agarthic, Sirgaus), à la basse ; Michele Sanna (Coma, Sunstorm, Sweet Oblivion, ex-Shardana, ex-One Machine...), à la batterie. C'est dire qu'une fusion de d'artistes d'expérience et de talent se dessine, ayant pour corolaire une production d'ensemble de fort bonne facture, signée Aldo Nobile. En outre, une belle profondeur de champ acoustique et des finitions passées au crible s'observent, autorisant dès lors l'écoute d'un seul tenant de la rondelle.

Enfin, relevant de la patte de Sheila Franco (déjà impliquée chez Celtic Hills), l'artwork d'inspiration néo-romantique symboliserait la ligne générale de cet album d'obédience rock'n'metal mélodico-symphonique, dont les influences de Sirenia, Xandria, Delain, Diabulus In Musica, Volturian et consorts se font tour à tour sentir. Mais montons sans plus attendre à bord du vaisseau amiral en quête de quelques pépites intimement enfouies dans sa cale...

C'est à la lumière de ses passages les plus enflammés que la troupe marque ses premiers points, et non des moindres. A commencer par « Dream Catcher » et « Endless Sleep », entraînants efforts metal symphonique pur jus, au carrefour entre Xandria et Sirenia. Voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques et sur des sillons mélodiques des plus enveloppants, sur lesquels se calent les angéliques et identifiables volutes de la sirène, ces deux hits en puissance ne sauraient rater leur cible. Tout aussi solaire et raffiné, recelant parallèlement un entêtant refrain, le ''delainien'' up tempo « Sacrifice » n'incitera pas moins à une relecture en fin de piste. Enfin, dans une perspective metal moderne, à mi-chemin entre Volturian et Sirenia, l'enjoué « Embers » dévoile, lui, des couplets bien customisés et des enchaînements intra piste des plus sécurisants, pour un résultats des plus convaincants.

Lorsqu'ils en viennent à diversifier leurs phases rythmiques, nos compères parviennent à nouveau à nous retenir, un peu malgré nous. Ce que prouve, d'une part, le mid/up tempo « Burn the Beauty » ; dans la lignée coalisée de Xandria et Delain, ce pimpant manifeste se pare d'un refrain catchy, relevé par les pénétrantes patines de la princesse. Dans cette dynamique, difficile également d'esquiver l'engageant et ''delainien'' « Never Ending Circle » tant pour la soudaineté des montées en régime de son corps orchestral que pour la fluidité de son tracé mélodique. Se dotant en prime d'arrangements instrumentaux de bon aloi, le polyrythmique effort poussera assurément à une remise d'une couvert sitôt l'ultime mesure envolée.

Quand le convoi instrumental ralentit un tantinet sa cadence, le combo trouve là encore, et sans mal, les clés pour nous assigner à résidence. Ce qu'attestent, en premier lieu « Don't Wait Until I'm Gone » et « Embrace », rayonnants mid tempi à la confluence entre Sirenia et Delain ; pourvus de riffs crochetés et dotés d'un refrain immersif à souhait, mis en exergue par les limpides inflexions de la déesse, ces deux tubesque méfaits se joueront de toute tentative de résistance à leur assimilation. Dans cette énergie, on retiendra non moins « Bleeding Out », un entraînant mid tempo pop metal mélodico-symphonique que n'aurait nullement renié Delain eu égard à son infiltrant cheminement d'harmoniques. Et comment ne pas se sentir porté par les vibes enchanteresses insufflées par le ''sirénien'' « Scarlet » ? Un poil plus atmosphérique et langoureux que les passages sus-mentionnés, l'enivrant méfait n'inscrit pas moins des growls caverneux et judicieusement positionnés dans sa trame.

Que l'aficionado de moments intimistes se rassure, s'ils s'y sont plus rarement adonnés, nos compères ne l'auront pas laissé pour compte. Ce qu'illustre « Invincible », ballade atmosphérique d'une sensibilité à fleur de peau, glissant le long d'une radieuse rivière mélodique et mise en habits de soie par les troublantes modulations de la maîtresse de cérémonie. Un instant privilégié aux arpèges d'accords certes prévisibles et variant peu ses séquences rythmiques mais délivrant une charge émotionnelle difficile à contenir pour le féru du genre.

Résultat des courses : à l'aune de ce propos à la fois fringant et troublant, l'expérimenté quintet hispano-italien nous immerge dans un luxuriant et poignant paysage de notes. Bien plus varié sur les plans rythmique et atmosphérique que vocal, le message se fait également diversifié quant aux exercices de style dispensés, même si l'une ou l'autre fresque et/ou instrumental manque à l'appel. D'aucuns auraient sans doute espéré davantage de prises de risques et un message musical moins emprunté qu'il n'apparaît pour se sustenter. Des lignes mélodiques certes convenues mais finement sculptées et des plus ensorcelantes, doublées d'une technicité instrumentale et oratoire difficile à prendre en défaut, que complète une ingénierie du son plutôt soignée, nous invitent néanmoins à une traversée des plus sécurisées, voire incitative à une certaine addiction. Bref, une œuvre enjouée, pétrie d'élégance, un brin classieuse mais éminemment liante...

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