Putain de dieu ! Y a pas à dire, ça fait du bien de s’envoyer un bon crust qui décrasse les conduits auditifs de temps en temps, juste histoire de s’offrir quelques minutes de défoulement jouissif. Les responsables de l’attentat sonore qui nous intéresse aujourd’hui se sont réunis en 2010 à Philadelphie autour de la gueuleuse en chef
Deborah Cohen et de son frangin
Joshua, batteur épileptique, et ils se nomment
Cop Problem. Rien que le nom, bien explicite, dans l’esprit punk hardcore, donne une idée bien détaillée du programme : du virulent, du remonté, du braillard, du politique et du revendicateur.
Bear Witness démarre directement les hostilités sur des roulements schizophrènes, des guitares hurlantes et les hurlements furieux de Deb pour un titre enlevé au rythme soutenu. On pense bien sûr aux références que sont
Dropdead ou His Hero is Gone, mais si l’influence des aînés est indubitable, la musique de
Buried Beneath White Noise est bien plus complexe que celle des groupes de crust lambda, oscillant entre punk, hardcore, crust et metal moderne en un ensemble à la fois homogène et bien chaotique, sonnant parfois presque déstructuré, avec ces nombreux changements de rythmes et breaks imprévisibles et ces soli supersoniques et bruitistes. Finalement,
Cop Problem semble s’éloigner des standards du genre qui proposent souvent un son ultra cru, simple et direct pour une mixture sonore bien plus personnelle.
Si l’ensemble reste fondamentalement énergique, militant et positif, le côté sombre n’est pas absent de la galette, certes pas à la manière d’un
Amebix malsain et expérimental ou d’un
Doom à la lourdeur poisseuse,
Cop Problem exprimant plutôt son côté obscur via une patte moderne très typée metal. Le deuxième titre, From Within, en est un bel exemple, avec son intro en arpèges qui suinte le malaise, son attaque punk rock mélodique et efficace, et ces riffs lancinants alternant avec des parties de guitares au feeling presque black mélo (!). Sur la fin du titre, la demoiselle s’époumone, hurlant sa détresse et son désarroi dans un silence angoissant, alors que les instruments, témoins de son désarroi devant un monde en décrépitude, se sont tus. Ce morceau est nettement plus moderne et facile d’accès, même si la frangine s’égosille toujours autant et si le frangin est toujours aussi survolté derrière ses fûts, nous gratifiant notamment de quelques blasts bien sentis et de nombreux breaks schizophrènes. D’une manière générale,
Cop Problem allie la fougue et le côté direct du crust hardcore à une pléthore de riffs plus catchy aux mélodies directes et accrocheuses (la fin d’American Spring), ce qui témoigne de l’ouverture d’esprit de nos quatre keupons de Philadelphie. Who Really Pays est de facture plus classique avec des riffs bien headbangant, une rythmique béton et un court solo rock n’ roll rappelant immanquablement
Driller Killer. La fin de ce court brûlot de 1,38 minutes rappellerait même presque
Napalm Death, avec ses gros blasts qui tâchent et ses riffs terrassants.
Et voilà, 10 petites minutes de haine virulente dégueulée contre une société malade, un bon glaviot bien collant et venu du fond de la gorge expulsé contre les dérives du primate humain, et le tout est proprement torché. Revendicateur et rageur sans tomber dans la caricature et dans la simplicité extrême de certains groupes de punk hardcore, restant fidèle aux classiques tout en incorporant une touche de modernité bien sentie à sa musique,
Cop Problem s’impose comme un groupe intéressant et authentique proposant une approche relativement originale d’un style à l’origine plutôt basique et rudimentaire. Une belle mise en bouche qui nous donne envie de découvrir le combo sur un full length que l’on espère pour bientôt, et surtout sur scène, où le groupe est certainement le plus à même de libérer toute sa rage positive et sa pluie de décibels communicative.
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