Déjà fort d’un talent incomparable mis en valeur par l’album «
A Clear Perception»,
The Eyes Of A Traitor s’impose comme un des meilleurs espoirs de la scène metalcore, imposant un style à la fois mélodique et nerveux.
Difficile bien sûr de passer à côté d’un groupe aussi jeune remplit de talent et dangereux techniquement, ayant été capable de s’écrire un nom sur la scène britannique grâce à des guitaristes ingénieux, un vocaliste enragé et un batteur redoutable.
Avec d'ors et déjà un statut non négligeable, nos british n’attendent pas longtemps pour sortir un nouvel album, un an après «
A Clear Perception».
Court délai diront certains, qui signifie souvent précipitation, qui signifie alors quelques doutes sur la qualité du disque...
Alors «
Breathless» est-il un second album écrit à la va-vite ou est-ce une nouvelle exception à la règle?
L’album démarre par une intro, chose absente chez son prédécesseur, légèrement aérienne, le ton monte à chaque seconde, entretenant alors une ambiance bien différente de «
A Clear Perception».
C’est là que démarre «The Birth», la première chose qui vient à l’esprit, c’est cette sonorité plus brutale, plus directe sans pour autant dévorer les envolées mélodiques qui font toujours leur effet.
«The Birth» rassure légèrement le sceptique de par sa structure fidèle au style du groupe, désormais reconnaissable entre mille, tout en dévoilant déjà une certaine évolution.
Là encore, la suite nous réserve une bonne surprise avec «Come To My Senses», morceau orienté plus hardcore où
Jack Delany hurle comme un dératé tandis que les guitaristes déballent un riffing aiguisé sur des lignes de batterie surpuissantes, dont le groove ne cesse d’épater.
Chose nouvelle, «Come To My Senses» comporte des parties chant clair beaucoup plus marquées par rapport à l’album précédent, mais on ne sombre pas dans le mielleux, non absolument pas, le groupe parvient à garder une certaine tension, une ambiance bien nerveuse légèrement mélancolique.
«
Nothing to Offer» est probablement l’un des morceaux les plus aboutis de l’album, ne laissant, à l’auditeur, pas une minute de répit entre les envolées mélodiques et les passages bien plus hardcore, où Sam Brennen martèle ses fûts avec une précision effrayante, installant ce groove si caractéristique, accompagnant à merveille des guitares tranchantes.
La tension monte à chaque note pour ensuite exploser de façon magistrale et juste, les membres montrent qu’ils savent en mettre plein les oreilles sans jouer la carte du «prend toi cette technicité dans la tronche et discute pas».
Le morceau final «Grounded» démarre avec un breakdown des plus lourds et des plus marquant qui puissent exister, pas d’abus de phrases découpées à la hache, ici on trouve un subtil équilibre, absolument aucune partie n’est alourdie par quelconque élément parasite.
Déchaînant cette rage qui lui est si caractéristique, le groupe nous sort son bouquet final, et quel bouquet! On retrouve tout ces éléments propres à la sonorité de TEOAT, des riffs aiguisés, du phrasé de batterie qui envoie du groove, de la mélodie aérienne, de la brutalité... Un talent incroyable au service d’une musique qui ne manque pas de surprise.
Alors est-ce que «
Breathless» fait partie de ces grandes claques musicales? Absolument!
The Eyes Of A Traitor montre qu’il arrive à se renouveler, la prise de risque n’est certes pas énorme, mais on ressent tout de même un petit vent de nouveauté. Sans sombrer dans la banale répétition, le groupe nous offre le digne successeur de «
A Clear Perception».
Plus direct, plus orienté hardcore, «
Breathless» prouve une nouvelle fois que
The Eyes Of A Traitor est une valeur sûre du metalcore britannique.
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