Qui n’a jamais regretté d’être né trop tard ? Pourquoi éprouvons-nous tant de complaisance à dire encore et toujours que c’était sans aucun doute bien mieux avant ? Véritablement, avoir eu la malchance de naitre dans la seconde moitié des années 80 ne semble présenter aucun avantage d’un point de vue de contemporanéité culturelle et plus particulièrement inhérente au domaine musical, lorsque l’on voit ce à quoi ont du faire face les individus concernés et leur paire de tympans depuis leur plus tendre enfance : le malheureux et névrosé
Kurt Cobain de
Nirvana uriner sur les objectifs de caméras de télévision sur Arte avant d’exploser sa Fender déjà bien amochée contre un mur d’enceintes qui n’avait alors rien demandé, l’avènement commercial de la dance des Masterboy, Corona et autres 2 Brothers on the 4th
Floor dont il était absolument impossible d’échapper dans les boums d’anniversaires de CE2 et dans les fêtes foraines de village, l’affirmation du déculturant rap et de l’abject néo metal comme styles prétendument représentatifs d’une jeunesse « rebelle » en quête d’identité, la remise au goût du jour mercantiliste du garage rock de la décennie 70 avec tous ces exécrables combos en « The » frontés par des enfants de bonne famille à cravates dont le paroxysme du ridicule sera incontestablement atteint par les papiers nauséabonds et on ne peut plus dithyrambiques des infects Patrick Eudeline et autres Philippe Manœuvre de Rock N’ Folk... Définitivement et malheureusement né trop tard, le salut ne résidait plus que dans l’investissement envers et contre tous des sacro-saints basiques des temps révolus. Réflexion partagée par un certain
Trash Heaven via l’intitulé de sa toute première démo autoproduite.
Trash Heaven voit la lumière du jour au cours de l’année 2006 à Soissons (02), ancienne capitale du royaume des Francs, autour de Pierre-André « Doudou » Mercier au chant et à la basse, des guitaristes Mickaël « Taz » Marczylo (lead) et Thomas « Boubou » Delhys (rhythm) et du batteur Romain Fourrier. Fortement influencé par les inénarrables
Pantera,
Testament,
Metallica et
Megadeth entre autres, le quartette axonnais écume avec un style et une attitude sans pareils les scènes locales de son département natal de l’Aisne à l’instar des bars le César, le Cap Vert, le Havana Café de la cité chère à Clovis et au footballeur professionnel Jonathan Brison, du
Skull’s Bar de Laon ou encore du Café du Port de Vic-sur-Aisne avant de songer à matérialiser son indomptable fougue et son inspiration créatrice fertile au travers de l’enregistrement d’une première démo. Collaborant pour ce faire avec l’association Les Caves à Musique de Laon dont l’objectif principal est d’aider les entités locales dans leurs velléités de répétition et de conception de supports discographiques depuis 1986,
Trash Heaven met en boite le cinq-titres «
Born Too Late » en septembre 2009 sous les précieuses directives et conseils avisés du dénommé Michel Babilotte.
Quelle satisfaction de dénicher enfin cette ébauche d’album sur un stand du Chaulnes
Metal Fest, un an tout juste après avoir eu l’immense plaisir de découvrir et d’être littéralement subjugué par le talent du combo soissonnais au même endroit, profitant alors du set de l’immonde
Benighted pour quitter la fosse et aller mettre le nez dans le bac « Groupes locaux : Picardie et Champagne-Ardenne » du stand de l’association Underground Investigation chère à Sylvain Cotté de
Gang. Sans grande surprise et en connaissance de cause suite à la série de puissants uppercuts reçus en pleine tronche le 24 avril 2011 lors de son set en ouverture de
Nightmare et de
Rage,
Trash Heaven pratique un thrash metal hyper incisif et rapide, aux riffs acérés et implacables comme l’illustre l’efficace et enthousiaste « State of Mind », morceau introductif de la démo soulignant au-delà d’un indubitable aspect « straight to your fucking face » un travail remarquable au niveau des structures se révélant être pour le coup bien supérieures qualitativement parlant à ce que l’amateur serait en droit d’attendre d’un jeune groupe au curriculum vitae discographique vierge, qui plus est originaire du département agraire et paumé du 02. Bénéficiant d’un son propre à une première production mais néanmoins tout à fait audible pour être écouté et apprécié à sa juste valeur, «
Born Too Late » s’avère être également l’occasion de prendre la mesure de l’immense talent du six-cordiste Mickaël « Taz » Marczylo, shredder dans l’âme à l’impressionnante aisance technique, quasi irréprochable sur les riffs joussifs et les soli de feu dont il assène allègrement l’auditeur armé de sa superbe Dean Dimebag
Razorback Explosion. A ce titre, comment ne pas prendre son pied au son des riffs succulents, rapides et en définitive dévastateurs de la paire Marczylo/Delhys sur le très bon « Come On » et son core heavy estampillé NWOBHM, sur le groovy et vindicatif « Black
Rage », ou encore à l’écoute de l’ultra efficace «
Destruction », digne épilogue d’un émérite «
Born Too Late » sur lequel le talentueux gaucher Mickaël Marczylo illustre une fois de plus son étonnante dextérité à coups de sweeping et de soli mélodiques laissant néanmoins une part non négligeable et vitale au feeling.
Autre principale tête pensante et personnalité indéniablement charismatique de
Trash Heaven, le chanteur/bassiste Pierre-André « Doudou » Mercier qui au-delà de rappeler immanquablement sur scène le James Hetfield de jadis grâce ou à cause de sa crinière blonde et de sa quatre-cordes Gibson
Explorer blanche, s’avère marquer au fer rouge les cinq morceaux de la démo d’une prestation vocale collant à merveille avec le style pratiqué par le quartette de Soissons. Doué d’une identité vocale rappelant ci et là et à très juste titre le frontman de
Metallica, Chuck Billy de
Testament, peut être parfois Phil Anselmo de
Pantera notamment sur les invectives de l’excellent « Come On » et même le regretté Layne Staley (R.I.P. 1967-2002) d’
Alice In Chains sur certaines phases mid tempo et introspectives ; Pierre-André Mercier retranscrit sans difficulté ces héritages sur «
Born Too Late » en conférant à ce dernier une puissance infaillible et un accent français à peine perceptible crédibilisant alors de façon optimale la démarche du génial
Trash Heaven. Travaillées dans leur structure respective et synonymes d’un effort d’écriture musicale signifiant, les compositions de la démo à l’exception de l’ultime «
Destruction » comportent des passages mid tempo pertinents et enrichissants qui à coups d’arpèges/soli lents et mélodiques et d’incantations vocales mélancoliques et réfléchies feront à l’auditeur se souvenir de phases similaires et divines chez
Metallica (« Fade to Black », « Welcome
Home (Sanitarium) »),
Anthrax (« Armed and
Dangerous »),
Testament (« The
Ballad », « The
Legacy »), D.A.M. («
Prophet of
Doom »),
Re-Animator (« Condemned to
Eternity ») ou encore
Grinder (« Drifting for 99 Seconds ») pour ne citer que quelques uns des légendaires thrash bands de l’Histoire qui faisaient parfois et avec succès dans l’émotion et le solennel entre deux tueries à vous briser la nuque en miettes voire en poudre. Paradoxalement à cet état de fait et s’il fallait coûte que coûte émettre une critique constructive sur ce «
Born Too Late », il viendrait à l’esprit de remarquer que quatre des cinq morceaux de la démo contiennent ces phases ralenties et introspectives, tendant à donner un relatif manque de variété à l’ensemble du support malgré la grande qualité et le travail d’écriture remarquable inhérent aux titres composant ce premier effort qui laisse toutefois présager l’ombre d’un premier album des plus intéressants.
Inspiré, hyper enthousiaste, très bien exécuté et objet d’un thrash metal à tendance mélodique sans concession ayant le mérite de faire mouche dès les premières secondes malgré les composantes pardonnables propres à une production initiatique, «
Born Too Late » se veut être une première démo douée d’une facture qualitative extraordinaire au sens premier du terme, émanant de la créativité sans bornes et de la fougue indomptable d’un groupe axonnais à checker sans plus attendre. Impressionnant sur scène et comptant dans ses rangs des musiciens dont le talent et la classe ne peuvent être discutés à l’instar du soliste franco-polonais Mickaël « Taz » Marczylo,
Trash Heaven s’avère être avant toute chose un groupe de potes sans prétention souhaitant s’éclater en jouant du metal avec attitude comme beaucoup d’autres… le talent en plus. En attendant le premier album de pied ferme... longue vie et succès à
Trash Heaven !
Un groupe à suivre donc (c'est donc celui-ci que tu vas voir en concert près de chez toi nan ?) !
je tiens a remercier adrien pour ce super papier,
et vous dire également que je suis malheureusement le seul survivant de trash heaven, je suis également au chant principale maintenant depuis quelques mois, le groupe est toujours en activité intense ( nous sommes sur le point de sortir une démo maison de 12 titres de reprises pour nous faire connaitre), nous avons sortie notre 1er album en 2010 ( sous le nom hostile)
what about death comporte 14 titres et toujours d'actualités ( il regroupe toute les compos du groupe 2006 2010)
toujours en enregistrement maison de qualité moyenne, mais au moins toutes nos chancons sont la!
la prochaine demo sort début décembre, et sera juste la pour le support musicale, a but non lucratif,
vous pouvez écouter et nous voir sur youtube en tapant trash heaven avec des videos rescentes, et également écouter 2 compos qui seront sur le 2éme album du groupe, en effet aprés la démo de reprises nous allons attaquer un 2éme album qui est déjà a moitié terminé en compos,
si tu veux chroniquer notre album envoie moi un message!!
A plus tard tout le monde et merci pour le soutien!
METAL UP YOUR ASS
MIKAEL
TRASH HEAVEN
Merci beaucoup pour ton comm et ces précieuses infos sur le groupe.. C'est vraiment hyper cool sachant que je suis un gros fan et que je cherche à vous voir jouer dès que possible (2 gigs à mon actif dont le Chaulnes Fest avec Rage et Nightmare). Je suis OK bien entendu pour chroniquer "What About Death" que je recherche d'ailleurs encore et toujours.
Je te contacte en message privé \m/
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