Bret Autrey ne paye vraiment pas de mine. Avec ses cheveux couleur barbe à papa, ses tatouages et ses poses déconneuses, il a tout d'un jeune punk que l'on verrait bien pousser la chansonnette dans un combo à la Sum 41. Loupé, le jeune élève de Klayton (
Celldweller) nous fait de l'électro industriel ! Si de nombreuses influences punks sont facilement relevées dans sa musique (la dernière piste de l'album en est un des meilleurs exemples), l'ensemble se rapproche plutôt du groupe cité plus haut. Seulement, si le créateur de
Celldweller a formé notre jeune loup et produit son CD, ce n'est pas pour se retrouver avec une copie conforme de son propre travail.
Blue Stahli, même s'il partage de nombreuses similitudes avec
Celldweller, a su trouver un style propre, qui peut très bien plaire à ceux qui n'aiment pas le sieur Klayton.
Pour les besoins de sa musique, Autrey officie lui aussi à tous les instruments. Eh oui, tout est réalisé par un seul homme, la guitare, les synthés, la batterie et le chant, et ce même pour certains chœurs féminins, créés grâce aux miracles de la musique industrielle. Certains vont alors prendre peur :
Blue Stahli nous pondrait-il de la techno guimauve à la Ayria ? Mérite-t-il réellement sa place sur ce site ? Que l'on se rassure, la musique ne manque ni de hargne ni de puissance, et surpasse même
Celldweller côté violence, Autrey préférant les hurlements stridents aux titres atmosphériques que Klayton nous propose parfois dans ses albums.
Seulement, si le chant est agressif, on se rend compte que les guitares sont délaissées, la préférence allant avant tout aux claviers. Toutefois, le résultat surpasse toute attente : aussi électroniques soient-ils, les sons proposés par
Blue Stahli sont tranchants, travaillés et terriblement accrocheurs. Les premiers accords de "
Ultranumb" nous plongent lentement dans le bain, avec une intro montant tout doucement vers un hurlement aigu du plus bel effet. Les riffs de guitare, légèrement noyés dans un enrobage de claviers, n'en sont pas moins efficaces et inspirés. La voix de Bret Autrey est quant à elle d'une justesse peu commune, bien plus intéressante que celle de son mentor Klayton, il faut l'avouer. Le timbre, quasi bipolaire, passe d'une sensualité mélodieuse à une brutalité envoûtante (les canons de "
Ultranumb", où les cris rendent la voix méconnaissable). Très partiellement rehaussé de manière industrielle parfois, il est vrai, l'instrument vocal de notre ami Autrey n'en reste pas moins l'un des meilleurs atouts du CD.
Après ce premier uppercut, le rythme tendrait plutôt à baisser dans un autre registre. Raté, la suite est à la hauteur de cette ouverture tétanisante : les tubes "
Scrape" et "
Anti You" sont dans la même veine que leur prédécesseur, à savoir des titres puissants, rythmés et peaufinés à l'extrême (suffit d'écouter leur version instrumentale pour bien se rendre compte du boulot fourni). Attendez-vous donc à des refrains qui vous trotteront dans la tête pendant des heures. La quasi totalité de l'album se veut énergique, ce qui nous change des baisses de régime quasi inévitables de nos jours. La seule faute de goût restera "
Kill Me Every Time", déjà présente dans
Antisleep Vol.1 ! Une piste aux relents atmosphériques sans réel panache, pas désagréable certes, mais qui fait un peu tache noyée au milieu de bombes comme "
Corner" ou "Takedown". L'album se clôt en beauté avec "Give Me Everything You've Got" et son rythme effréné à se briser la nuque. Quelle claque !
En résumé,
Blue Stahli s'élève à la hauteur de son modèle
Celldweller et nous propose un premier album de grande qualité. Une pépite à ne pas manquer pour les amateurs du genre, les autres risquant de grimacer face au côté électronique, qui ne plaira pas à tout le monde. Vivement la suite, tiens !
Bonne chronique qui me donne envie de voir ce que vaut cet album ! Merci =)
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