Blue Sky All Day

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11/20
Nom du groupe Inaeona
Nom de l'album Blue Sky All Day
Type EP
Date de parution 12 Octobre 2010
Style MusicalHeavy Progressif
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Time to Go
 04:57
2.
 Leave the Lights On
 05:00
3.
 Falling
 03:35
4.
 (Wait...)
 01:23
5.
 Sunshine
 04:51
6.
 Forever
 04:54

Durée totale : 24:40

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Inaeona


Chronique @ ericb4

24 Juillet 2015

Encore un vent d'inspiration harmonique sera requis pour rassurer l'auditeur, ici quelque peu frustré...

Jeune groupe de heavy progressif à chant féminin américain, InAeona s'élance avec véhémence sur la scène metal, avec pour seul bagage cet introductif EP. C'est dire que rien ne laissait entrevoir l'arrivée dans le circuit de ce trio issu de Boston, mené par Bridge, au chant et à la guitare, incluant Dave à la basse et James à la batterie. Avec Nine Inch Nails comme source d'influence concernant l'empreinte atmosphérique, le combo a néanmoins cherché à se forger une personnalité à part entière à l'aune de ses premières gammes et dans ses textes. Aussi, que propose plus précisément le groupe dans sa menue rondelle de six titres enroulés autour d'une bobine auditive de près de vingt-cinq minutes ?

Notre parcours auditif évolue au fil de plages qui, pour la plupart usent d'une frappe plombante, d'un riffing épais, suivant une cadence plutôt véloce mais bien mesurée, avec une élévation de l'intensité du champ orchestral en filigrane, permettant à ces pistes de finir crescendo. Techniquement, les musiciens s'avèrent plutôt convaincants dans leur jeu individuel, comme dans leur cohésion groupale. Les inflexions vocales, quant à elles, se révèlent teintées de puissance tout en se montrant aériennes. Toutefois, ce serait la production qui pêcherait par manque de précision dans le mixage, les lignes vocales paraissant souvent sous-mixées et les instruments noyés dans une linéarité telle qu'elle ne laisse que trop rarement entrevoir une belle profondeur du champ acoustique. Les finitions comme les enchaînements souffrent aussi de quelques irrégularités empêchant de nous immerger totalement dans le sujet. Si les arrangements ne sont pas sans mérites, les accords se montrent parfois embourbés dans des marécages harmoniques leur interdisant une totale libération. On comprend que c'est davantage la mise en valeur logistique du produit que la qualité de l'oeuvre elle-même qui poserait quelques problèmes d'impact auditif à long terme. Quel message musical cherchent alors à nous transmettre nos valeureux acolytes ?

Il est à remarquer que lorsque le tempo fulmine, l'exercice de style s'avère assez efficace. Et ce, dès l'entame de l'opus. Ainsi, des nappes synthétiques nous accueillent sur le trépident « Time to Go », munis de riffs échevelés, où les couplets rythmiquement musclés sont suivis de refrains mélodiquement bien dessinés. Et ce, sous le joug d'une empreinte vocale puissante et claire, usant d'effets de réverbération. Incandescente batterie et descente de riff en acier trempé nous assaillent pour évoluer dans des frasques instrumentales progressives pour finir crescendo. Le combo marque donc ici ses premiers points. Il en va de même pour son voisin. Aussi, de fines notes électroniques s'invitent sur « Leave the Lights on », titre frondeur aux refrains catchy et distribuant ses coups de batterie le long d'un parcours semé de graveleux riffs et d'une empreinte vocale féline. Cette dernière rugit littéralement au moment de l'impact avec l'orchestration à l'orée du refrain. Incitatif au headbang, ce morceau nous trempe le pavillon dans un bain atmosphérique bien customisé, qu'on se plaît à suivre sans l'ombre d'une résistance, dans le sillage d'Ankor. On appréciera la dimension progressive bien marquée et la patte heavy omniprésente sur cette petite pépite. Enfin, dans la même veine, le percutant « Falling » nous renvoie à une truculente ambiance heavy avec un zeste d'électro, pour nous ravir le tympan au moment de la rencontre avec le refrain, les couplets n'étant pas non plus sans mérites sur le plan harmonique. On regrettera la qualité du mixage, noyant par moments la ligne de chant au creux d'une instrumentation qui parfois l'absorbe pour se substituer quasiment à elle.

La seconde partie de la menue rondelle, hélas, ne jouit pas d'une même évidence d'accroche. Une parenthèse pour évoquer l'atmosphérique et bref « (Wait...) », jouant simplement le rôle d'interlude et déployant quelques ondulations synthétiques mal coordonnées, parallèlement à quelques patines vocales souffreteuses. Ainsi, rien de truculent sur ce moment dont le groupe aurait pu faire l'économie sans que l'auditeur n'en soit réellement affecté. De plus, quand le combo ralentit le débit percussif, l'attention risque également de s'effriter. Par exemple, le mid tempo « Sunshine » à l'atmosphère éthérée reste bien linéaire dans son tracé harmonique sur les couplets. Un poil déroutant au moment du break, la reprise s'effectue progressivement, avant que le corps instrumental ne s'embrase, corroboré à une empreinte vocale engloutissante. Le rythme devient alors bien plus plombant, évoluant au fil du déploiement de riffs écorchés vif, conjointement à des impulsions vocales qui ne le sont pas moins. A peine plus enjouée, l'outro de l'opus ne parvient que difficilement à relever un plat mélodiquement déjà fade. L'entraînant « Forever » nous invite alors à un voyage épicé, où l'atmosphère se fait éminemment suffocante, le tout évoluant dans un brouillard instrumental difficile à lever. Et pourtant, l'instant révèle ses atours à mi-parcours lorsque le refrain se fait plus habité. Toutefois, un pont instrumental tourmenté et bodybuildé nous intrigue, sans pour cela nous faire attendre longtemps pour récupérer le refrain, le titre finissant dans un courant rythmique ascendant. Au final, un manque d'âme transparaît dans un titre trop irrégulier pour nous retenir bien longtemps.

On ressort de l'écoute de la menue rondelle partagé entre un intérêt motivé par quelques plages plutôt invitantes, notamment quand les lignes mélodiques ne se font pas envahir par des notes parasites, et plus de réserves pour d'autres, techniquement plus complexes mais souffrant d'approximations dans la coordination des suites d'accords. Ainsi, les arpèges s'avèrent moins ragoûtants et les gammes plus aléatoires sur la seconde salve de morceaux.

On pourra donc aller y jeter une oreille pour s'en faire une idée, notamment pour les amateurs de heavy progressif. On attend donc davantage de cette valeureuse formation pour motiver une attention auditive soutenue et donc une acquisition. A condition de varier son offre, de s'affranchir de ses défauts de jeunesse et de moduler davantage ses portées, le groupe aura une belle carte à jouer dans ce registre. On ne peut que le leur souhaiter...

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