Je n'ai pas grand chose à ajouter à cette excellente chronique. "Bludgeon" est une perle de noirceur et de douleur froide, que je rapprocherais volontiers des premiers
Abruptum. Avis donc aux fans de It et
Evil (s'il en existe encore), cet album est pour vous.
Avis aussi aux amateurs de
Funeral Doom à la "
Shape Of Despair", passez tout de suite votre chemin. Ici, ni voix féminine, ni jolis claviers, ni même une quelconque construction musicale. Il faut attendre pour cela la deuxième demi-heure. La batterie et la guitare sont d'une lenteur et d'une langueur étouffante, le "chant" n'est qu'une longue écorchure. Si la première partie est moins construite, plus chaotique, la deuxième est relativement sludge, dans l'esprit d'"
Abandon" ou de "
Grief", en un tout petit peu plus malsain, en plus lent, et en moins... sludge. Enfin, quoi qu'il en soit, ça ne reste pas construit très longtemps et quand à la mélodie, il n'y en a aucune...
Au final, l'ensemble est très hypnotique, et j'avoue que la première écoute est ardue, la deuxième écoute aussi, et que je ne comprends pas pourquoi on peut aimer ce "Bludgeon". Mais je l'aime, comme j'aime les expériences musicales extrêmes en général. Et j'aime tout ce qui exprime la douleur, la vraie douleur, pas l'exercice de style, comme c'est trop souvent le cas dans le funeral doom de ces dernieres années. Enfin, cet avis n'engage que moi.
Tout sent la douleur et la mort, et moins la dépression que l'auto-mutilation. C'est macabre, c'est une lente agonie. Une véritable ambiance de salle de torture s'en dégage (résonnance - c'est le cas de le dire - une nouvelle fois avec "Advoco" ou "In umbra malitiae ambulabo" d'
Abruptum). Bon, c'est sûr que ce genre de référence ne fait de la pub à
Bunkur, mais ça m'a sauté aux oreilles.
Un album à écouter seul, dans le noir, par une froide et pluvieuse journée de janvier, et au casque, bien entendu. Si vous survivez à ça, vous survivrez à tout. C'est un bon test de résistance et d'endurance psychique...
Je propose donc, en plus d'un 17/20 pour ces 65 minutes de planante, l'appelation d'un nouveau genre : "
Torture Doom", ou "Painful
Doom". Je ne sais pas ce que vous en pensez mais ça collerait assez bien...
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire