Le revival thrash, mouvement actuellement en pleine expansion, trouve la grande majorité de ses adeptes aux Etats Unis ou en Amérique du Sud. Cependant on y trouve quelques exceptions comme par exemple
Gama Bomb (Irlande),
Aggression (Espagne) ou encore
Guillotine qui nous vient tout droit de Suède. La suède est pourtant loin d’être le pays du thrash metal, lui ayant toujours préféré à travers l’histoire le death metal old school ou le black/death mélodique. Mais nos quatre jeunes musiciens n’étaient pas prêts à renier leur passion pour le simple prétexte que le thrash metal ne fait partie des mœurs musicales de leur pays, tout comme
Hypnosia le fera la même année. Et c’est ainsi que
Guillotine vit le jour en 1995. S’ensuit immédiatement une démo intitulée « Under the
Guillotine », qui verra le jour deux ans plus tard, après l’ajout de nouveaux morceaux, sous format cd mais passera relativement inaperçu. Le groupe s’accorde ensuite un long (même très long) break de près de onze ans avant la sortie de leur deuxième album. En effet «
Blood Money » voit le jour en
Octobre 2008, sorti sous la houlette de Pulverised Record.
Le titre de l’album, tout comme la pochette, nous éclaire immédiatement sur le fait que cet album va véritablement sonner comme un coup de gueule. Et cela implique généralement une musique énergique, sans pause et résolument accrocheuse.
Guillotine propose tout cela, mêlant de fort belle manière la fougue des jeunes formations de revival et l’esprit old school des grandes heures du thrash des 80’.
Dès la première écoute de cet opus, la principale force du combo apparait clairement comme étant la qualité des riffs proposés, entrainants et efficaces à défaut d’être originaux comme le montre des morceaux comme le terrible « Skeleton City » ou «
Insanity ». Les solos sont également de très bonne facture, mélodique sans être technique et accompagnant bien les déferlantes de riffs comme par exemple sur le très bon «
Dying World » ou sur «
Our Darkest Day ». Les douze morceaux s’enchainent à la vitesse de la lumière, sans aucun temps mort si ce n’est l’interlude « Madness » ou bien «
Our Darkest Day », résolument plus posé que le reste des compositions. L’énergie déployée permet de prévenir tout sentiment de lassitude. Cependant, même s’il faut noter quelques chœurs scandés donnant un surplus de dynamisme au tout, on regrettera l’absence de refrains accrocheurs et percutants comme c’est généralement le cas dans ce style.
Pour ce qui est des influences,
Metallica et
Slayer me viennent immédiatement à l’esprit. Notons d’ailleurs l’interlude « Madness » que l’on pourrait penser composée par les légendes de San Francisco.
Comme le laissait penser la pochette et le titre de l’album, les textes sont une critique envers la société actuelle dans laquelle nous vivons. Voilà donc un facteur de divergence vis-à-vis de la majorité des autres formations de revival thrash, préférant souvent évoquer les massacres de zombies ou les bien faits de l’alcool.
Un mot sur la production désormais. Elle sert positivement l’album en tout cas, lui ajoutant une certaine puissance, un côté « brut de décoffrage » donnant légèrement plus de relief aux compositions. Le son se veut organique et cela s’entend. Aucun effet sur la voix, la batterie n’est pas sur-mixée, les guitares tiennent une place importante, l’esprit old school se ressent jusque dans la production.
Ainsi
Guillotine a, en cette année 2008, sorti un bon album de speed thrash qui sans rester dans les annales, fera passer un bon moment à l’auditeur. Hormis la particularité géographique, notons également la très forte influence old school qui plane sur ce «
Blood Money ». Le principale reproche qui sera fait à cet album sera sans aucun doute le manque d’originalité. Pour cette faute, certains réclamerons la guillotine. Mais pour ceux qui savent très bien que ce genre n’attend en aucun cas une réelle personnalité ou de l’innovation, ils écouterons et apprécierons ce «
Blood Money ».
14/20
Idéal pour mosher un bon coup avec quelques chopines!
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