2014 fut l’année du changement pour le trio britannique. Forts d’une signature chez
Napalm Records, nos cimmériens du doom nous reviennent de leur grotte poisseuse avec un nouvel opus «
Blood Eagle ». Tout d’abord, comment rester de marbre devant ce splendide digipack et cet artwork qui nous est proposé? Franchement, si on analyse bien la chose, l’artwork nous résume ce qu’est la musique du groupe. C’est une ambiance bien brumeuse qui nous attend et va nous en balancer plein la tronche.
L’album précédent du groupe m’avait laissé un très bon souvenir, alors je reconnais que mon attente était plutôt élevée avant l’insertion de la galette dans mon biberon auditif. L’album s’ouvre sur un «
Crown of Talons » qui ne provoque pas une attaque frontale comme sur le premier titre de l’album «
Monnos » mais sur une mise en place d’une toile de fond musicale plus progressive. Tout se met en place tranquillement (ok vous allez me dire que c’est tout à fait normal pour du doom…). On se laisse facilement emporter par ce que nous propose le trio. La musique se veut toujours aussi juste. On sent que le groupe a gagné en maîtrise technique encore (comme c’était le cas pour l’opus précédent) même si les riffs ne sont pas toujours des plus évolués. Cependant, cette non richesse de riffs est un point fort car cela provoque une sorte de redondance qui entraine une certaine léthargie auditive. On se retrouve complètement englué dans cette ambiance fangeuse, viciée et surtout très brumeuse que le groupe parvient à créer.
La lourdeur pachydermique des Britanniques est toujours bien présente et ils peuvent, par moments, vous balancer dans la tronche des mandales à vous en faire embrasser les murs de leur caverne humide ou à bouffer du stalagmite. Des titres comme «
Gravity Chasm » et « Total
Conquest » sont bien là pour vous écraser complètement avec cette basse qui claque et cette batterie qui se fait plus percutante. Les rythmes alternent assez facilement. On sent que, malgré cette facilité apparente, rien n’est laissé au hasard, chaque changement est à sa bonne place et apporte quelque chose.
Fait caractéristique du groupe : c’est toujours la présence du chant qui se veut en retrait. Cette voix vient s’insinuer dans vos oreilles pour vous murmurer ses complaintes et renforcer cet aspect hypnotique. Je vais certainement faire une comparaison qui peut sembler cavalière mais, au niveau du ressenti musical, j’ai parfois l’impression de me laisser emporter comme lorsque j’écoute
Yob. Le côté un peu linéaire, avec des mises en place progressives des ambiances, me fait parfois penser à la bande de Mike Scheidt.
L’autre fait caractéristique du groupe c’est cette production et ce son toujours aussi crasseux mais qui colle tellement bien avec ce chant en retrait. Cela reste la marque de fabrique du groupe et demeure du plus bel effet. Malheureusement, je dois avouer que j’aurais été très curieux de voir le rendu sonore en live et de pouvoir me rendre compte de la lourdeur de la musique du groupe sur scène. En tout cas, quoi qu’il en soit, ce nouvel opus se veut de nouveau technique mais garde toujours cet aspect brut et raw que l’on pouvait avoir sur le tout premier album «
Horseback Battle Hammer ».
Vous l’aurez sans doute compris, ce «
Blood Eagle » élève encore un peu plus le niveau et se place maintenant parmi les outsiders les plus dangereux pour des
Electric Wizard,
Acid King qui commencent à proposer des productions décevantes.
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