Blasphemy Awakes

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16/20
Nom du groupe Thorium (DK)
Nom de l'album Blasphemy Awakes
Type Album
Date de parution 01 Juin 2018
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Metal Meltdown
 00:07
2.
 Penance
 02:53
3.
 Depravity
 03:37
4.
 Maniac
 03:49
5.
 Slow Deep and Dead
 03:51
6.
 Trust No One
 04:12
7.
 Blasphemy Awakes
 02:54
8.
 Whisper from the Grave
 03:57
9.
 Dead Soul (Demigod Cover)
 04:16
10.
 Reign of Osman
 02:54
11.
 Tengil
 03:37
12.
 Underthe Black Skies
 03;44

Durée totale : 36:07

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Thorium (DK)


Chronique @ metalstormrider

25 Octobre 2018

Chronique d’une boucherie annoncée :

Thorium est de retour parmi nous, après sa longue absence, il rode de nouveau au moment où on l’attendait le moins… Il aura fallu patienter presque 10 ans après un dernier crime des plus marquant pour les adeptes de la scène Death Metallique, laissant une entaille encore béante faite par un éternel outsider suffisamment inspiré pour attiser les craintes. « Feral Creation » avait lacéré les chairs de celui qui avait apprécié l’étendu de l’Art d’une bête qui s’est ensuite emmurée dans à un état léthargique qui aura duré 10 années, 10 années pendant lesquelles les différents protagonistes ont laissé sommeiller cette âme torturée et sanguinaire, attendant le signal de celui qui devrait invoquer son retour séculaire…

MHA, The Man On The Vokills plaide coupable : c’est lui qui a provoqué le retour de Thorium, Thorium étant lié étroitement à sa raison de vivre, il en est l’incarnation même, depuis 21 ans déjà… Il a réuni une fois de plus cette confrérie pour laquelle l’avenir ne peut s’écrire qu’avec le culte d’un passé glorieux. L’impact du temps ne se verra que sur les corps… mais pas sur l’âme, MHA a de nouveau exercé son ascendant sur ses frères d’armes, les rappelant pour incarner de nouveau cette bête puissante vivant hors du temps et de l’espace.

Ce qui guide la musique de Thorium, depuis ses débuts, c’est sa profonde dévotion pour le Death Metal Old School, ne cédant certainement pas à toutes les visions des enfers qu’on lui offre, leurs préférant à la fois un amalgame rougit par la flamme de la technicité US tout en respectant l’allégeance à l’obscurité froide de la scène scandinave. Ce « Blasphemy Awakes » montrerait-il un Thorium toujours aussi enclin à préférer les longues ballades nocturnes dans les forets enneigées, marteau de Thor et pentacle solidement pendus au cou plutôt que la frénésie des étales de charcuteries improvisées ? Est-il devenu le plus suédois des groupes danois ?
N’exagérons rien ! Même si cette aura particulière qui plane sur la majeure partie de cet album baigne plus dans l’atmosphère glacée que dans la chaleur humide d’un charnier en décomposition," Blasphemy Awakes" compte son lot de titres rappelant l’école américaine, voire Anglo-saxonne.

Pour la dimension temporelle, comme déjà entrevue plus haut, Thorium nous fait plonger quelques décennies en arrière, vouant un culte inconditionnel à l’Ange Morbide, Obituary ou encore Deicide dans une époque où le goût pour la provocation et pour la technicité débridée attise la médiatisation, rappelant par la même à notre bonne vieille Amérique puritaine que le diable est parmi nous… A l’opposé se trouve la Scandinavie, terre sur laquelle on ne rigole pas avec les traditions, At The Gates, Entombed, Sentenced préférent évoluer dans l’ombre et dans une technique bien différente, qui deviendra d’ailleurs une marque de fabrique…

« Blasphemy Awakes » ouvre ainsi l'album à grand renfort de Swedish Picking dans sa forme traditionnelle, aussi fluide que tranchante, rappelant cette scène qui explose au début des 90’S, avec cette atmosphérique particulière typique propre aux prémices du Dark Metal. Ce qui fait la force de cet opus, c’est probablement la maîtrise d’un tempo un peu plus modéré, bien que le groupe n’omet ni la vitesse ni la fougue dans les brûlots « Under The Black Skies » ou encore « Depravity » assénant de nombreux blasts sur des titres crus, conformes au style pratiqué jadis.

Comme dit plus haut, l’influence américaine reste latente, l’apport de la double voix si chère à Deicide est bien présente dans le gore « Maniac » dont le point fort reste son introduction colossale à la basse. « Tengil » offre également un petit clin d’œil qui n’est pas désagréable au Thrash/Death Européen dans toute sa primitivité et sa bestialité d’antant… et la précision rythmique quasi-chirurgicale chère aux Anglais de Carcass. La petite perle de ce « Blasphemy Awakes » reste le putride, sadique et technique « Whisper Of The Grave »qui justifie à lui seul l’achat de l’album.
Pour couronner dans ce voyage temporel, « Blasphemy Awakes se verra gratifié de la reprise de Demigod « Dead Soul », groupe dont tout le monde ne se souviendra pas parfaitement bien mais qui s’intègre parfaitement au contexte de l’album.

Contrairement aux albums précédents, les influences s’harmonisent désormais pour donner le style Thorium reconnaissable, facile d’accès sans pour autant sombrer dans la facilité. Les compagnons de jeu de MHA possèdent chacun des Curriculum Vitae suffisamment fournis pour s’adapter à cet exercice périlleux ; N’oublions pas que le fidèle lieutenant de MHA, l’infâme KB Larsen, officie également chez Volbeat, et n’hésite pas à faire vrombir sa basse à la limite du possible, signant des bases rythmiques solides partagées avec Perra Karlson, cogneur à la frappe aussi magistrale que son expérience. Les deux nouveaux guitaristes sont loin d’être des novices : JP Storm, ayant officié chez Dominus et Krean Meyer chez Sacrificial, menant tous deux une lutte sans merci pour imposer des lignes violentes et intenses au sein des rythmiques des plus dévastatrices…sans ne jamais oublier la mélodie.

Ainsi « The Reign Of Ossman » montre cette finesse combinant judicieusement atmosphère lourde, mid-tempo et technique avec ce côté sombre, le tout avec une facilité déconcertante. A noter que dans sa recherche de perfection, notre homme n’a pas hésité à s’entourer de l’œil externe avisé de Roga Johansson et Jonas Lindblood, deux mercenaires qu’on ne présente plus.

La production, ayant été confiée à Jocob Gundel (Invocator), ne pouvait laisser présager qu’un son moderne et un mixage est de qualité ne laissant aucune place à l’approximation. Voici ce « Blasphemy Awakes » capable de vous exploser la cervelle jusqu’au bulbe.
Certains critiqueront le manque de constance de ce Blasphemy Awake, mais le but n’est visiblement pas ici de réaliser l’impossible en combinant les apports de chaque scène, ce qui aurait eu l’avantage d’offrir une ouverture intéressante dans les domaines du possible, bien qu' on la touche souvent du doigt dans des titres comme « Maniac » ou « Trust No One ».

Si on retire le faiblard « Slow Deep The Dead » manquant d’inspiration et de structures attirantes, « Blasphemy Awakes » assure un retour réussi faisant oublier une production qui tourne au ralenti depuis bien trop d’année. Le tueur sortit tout droit des abysses n’a pas commis l’erreur d’un Bis Repetita, préférant repousser plus loin les limites de son royaume.
Thorium évolue ainsi en toute sécurité en mêlant des influences parfaitement digérées, avec la puissance, la maîtrise et surtout la sérénité que lui confère sa maturité. Mais si vous attendiez que Thorium renouvelle la scène ou s’adapte à la mode musicale... Eh bien... Vous pouvez prendre vos espoirs, vous les tailler en pointe et vous les enfourner là où je pense... Prenez un selfie et on pourrait tenir l'Artwork du prochain méfait!

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