Black Path

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14/20
Nom du groupe Arvas
Nom de l'album Black Path
Type Album
Date de parution 24 Mars 2017
Labels Mighty Music
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 Blackpath
 04:02
2.
 The Ferocious Stigma
 02:39
3.
 Unhallowed Grace
 03:54
4.
 I Am Thy Grief
 05:29
5.
 Hellhunts
 05:12
6.
 In Solitude I Dwell
 04:46
7.
 This Scarred Soul
 03:34
8.
 Murder Is Patience
 04:17
9.
 Bergdjaevul
 04:32
10.
 ...For the Fallen Shall Arise
 04:39
11.
 Evil (Mercyful Fate Cover)
 04:57

Durée totale : 48:01

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Arvas


Chronique @ Icare

27 Mars 2017

Malgré un manque d'originalité flagrant, Arvas délivre son art avec talent, intégrité et conviction.

Arvas n’est pas un nom extrêmement reconnu dans le microcosme du black metal et pourtant le quatuor emmené par V-Rex s’est formé en 1993 à Bergen. Ce n’est finalement qu’en 2009 que le groupe sortira son premier full length, et depuis ce premier jet libérateur, les Norvégiens ne semblent pas vouloir relâcher la pression, car les voilà de retour sur Mighty Music avec leur quatrième album, The Black Path.

Ceux qui ont déjà jeté une oreille sur les sorties précédentes du quatuor ne seront pas déboussolés : le tire éponyme ouvre le bal sans s’embarrasser des présentations d’usage, tranchant tout de suite dans le lard avec un blast tonitruant et un bon riff des familles usé jusqu’à la corde. Voilà un morceau bien thrashy, rapide et efficace qui fait correctement les présentations et met tout de suite les points sur les i : Arvas, c’est du black old school avec une bonne louche de thrash, pour bien te faire headbanguer ta mère, et si t’aimes pas Satan, la bière, les cheveux longs et crades, les perfectos et les clous, t’as plus qu’à rentrer chez toi et à aller écouter du prog. La fin du morceau, plus subtile, joue plus intelligemment sur cette ambiance menaçante protée par un mid tempo, une double pédale continue et un riff sombre aux trémolos insidieux. S’enchaînent alors les 2,39 minutes de The Ferocious Stigma qui ne font ni dans la dentelle ni dans l’originalité, envoyant un riff thrash efficace suivi d’un riffing simplissime, gras et lourd propulsé par un tapis de double. On appréciera notamment la basse qui groove méchamment, nous fouillant les entrailles de ses secousses démoniaques. Unhallowed Grace, plutôt anecdotique, suit le même schéma, balançant un riff plutôt banal jusqu’à plus soif et se distinguant surtout au niveau des vocaux, le coassement black et le gargouillis death de V-Rex se superposant, et la fin du morceau nous offrant un court moment d’intensité palpable sur lequel les musiciens semblent tout donner et pousser leurs instruments dans leurs derniers retranchements.
Certes, l’ensemble n’est pas mauvais mais il manque cruellement de variations, est parfois redondant et tire un peu en longueur, et surtout, le tout semble avoir été entendu des centaines de fois ailleurs et en mieux : en même temps, quand on est un groupe de black qui voit le jour en 1993 en Norvège, inutile de dire qu’on a deux-trois concurrents potentiels dans le style.


Et bizarrement, c’est alors que l’on commençait à se résigner à se taper un énième album de black sans grande personnalité ni conviction, se contentant de mixer les inusables Venom et Hellhammer au son black des années 90, que l’impensable se produit : Arvas finit par nous accrocher. C’est parfois sur les tempi les plus lents que les musiciens sont les plus convaincants, l’effet de répétition se faisant envoûtant notamment grâce à ce son particulièrement puissant et cette basse poisseuse qui vous colle au mur (merci au passage à Dan Swano et au Unisound pour le mastering).
On se rend compte que sous leurs air bourrus, les quatre de Bergen ont une sensibilité musicale qui fait mouche et savent engluer l’auditeur dans une ambiance ténébreuse, glauque et impie indispensable au style. Ainsi sur Hellhunts, Arvas adopte un rythme rapide pour mieux appuyer ses riffs noirs, hypnotiques et pernicieux, tandis que la fin d’In solitude I Dwell se fait lente et traînante, dégoulinant de beauté noire et de mélancolie avec ce riffing en spirale dont l’insistance insidieuse nous corrompt l’âme.
En fait, plus l’album avance plus il se fait mélodique, touchant et intense, délaissant petit-à-petit l’aspect rudimentaire du thrash pour aller vers un black plus profond et se fendant de petites trouvailles accrocheuses (le riff épique de This Scarred Soul, le très bon Murder is Mine avec son intro au clavier, Bergdjaevul, très rapide, qui rappelle les meilleures heures du black norvégien, l’intro en arpège de For the Fallen Shall Arise). Black Path n'a rien d'original, mais la magie opère, et finalement ce skeud me fait pas mal penser au Magna Adversia de Patria sorti il y a peu de temps dans ce mélange de black traditionnel et de -timides- touches plus modernes.

Une fois n’est pas coutume, voilà un album qui commence de manière plutôt quelconque mais qui se bonifie au fil des pistes. Non, Black Path ne changera pas le petit monde du black metal, et Arvas est et restera un groupe de black norvégien comme il en existe des dizaines, mais il délivre son art avec talent, intégrité et conviction et finit par nous toucher malgré un manque d’originalité flagrant. Pour conclure, voilà 48 minutes qui s’écoutent avec plaisir et un petit sourire de nostalgie au coin des lèvres, reste maintenant à voir si cela est suffisant pour vous.

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