Personnellement, le metal allemand, ça ne m’a jamais marqué. A l’exception notable de la glorieuse période thrash des 80’s, et de quelques groupes classiques de heavy tels que Accept ou Running wild, je trouve cette scène assez peu interessante. Je vous vois venir de loin tous ceux qui vont se charger de me rafraîchir la mémoire , d’accord, en death il y a eu
Morgoth, il y a
Defeated sanity,
Necrophagist, ok, mais enfin pas vraiment de groupes mythiques du style. La faute à un manque d’originalité assez genéral ( que les 3 groupes pré-cités font assez bien mentir, d’accord), le DM germain n’est pas franchement celui qui va piquer ma curiosité.
Né en 2008 et sortant déjà sa première galette, Buried in black ne fait pas trop exception à la rêgle. Officiant dans un style death old skull énergique aux accents thrash, le groupe de Hambourg est un melting pot d’influences diverses et pas forcément très bien digérées. Ca va du thrash death de Dew scented (déjà pas une référence en matière d’originalité) à un DM old skull placide d’inspiration suédoise, en passant par des plan plus carrément thrash moderne à la
Pantera. A titre d’illustration, on passe d’un DM vaguement mélo sur « act of caprice », à un titre carrément heavy metal comme « godseed », au death thrash vitaminé de « the bait ». Un ensemble pas franchement fait pour sortir d’un cadre déjà défini il y a quelques années maintenant, et buried in black ne se distingue ni par la technique, ni par la vitesse (aucun radar actionné par un bon blast en rêgle sur cet album), ni par la brutalité. Bref, Buried in black c’est pas le genre à perdre son permis, ici on traverse sur les passages piétons et on reste en terrain strictement connu. D’ailleurs le mid-tempo domine tout au long de cet album, et heureusement que le groupe possède tout de même d’indéniables qualité de composition, sinon j’aurais risqué de sombrer dans un ennui mortel. En effet, le rendu final est assez monocorde, sauvé par les plans mélodiques de titres tels que « act of caprice » . Le son assez monolithique lui aussi, et la voix assez mal mise en valeur par la production, ce qui est dommage ca le guttural assez profond du sieur Ron Brunke aurait mérité un meilleur traitement ; d’ailleurs la manie de doubler la voix sur certains titres, surtout sur les parties criardes, est assez déplorable car elle aboutit à l’effet contraire à celui recherché à savoir je suppose de donner plus de puissance. Ce que je retiendrais le plus sur cet album ce sont les mélodies savamment distillées tout au long des titres et qui en font tout le charme, sauvant du naufrage quelques titres assez poussifs tels que « 7.405.926 ».
Donc si vous aimez les chemins balisés à la façon d’une ballade en famille, et le DM bien exécuté mais sans aspérités, vous pouvez y aller les yeux fermés, cet album ne vous procurera certes que peu d’émotions fortes. Si vous aimez le DM qui bastonne, des chemins plus rocailleux et ambiances disons plus infernales, vous vous en passerez, ce «
Black Death » ayant assez peu de chance de satisfaire le fan de
Brodequin ou de Prostitute disfigurement, même le plus débonnaire.
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