Je m'attaque à un sacré morceau, et c'est un sacré privilège pour moi de pouvoir écrire quelques modestes lignes pour donner envie (ou pas ?) à des gens de s'intéresser à cet album, ou mieux à ce groupe.
Comme leur nom ne l'indique pas, ce sont des Américains pur jus qui sortent ce disque après le chaotique "
Shark Attack" paru aussi sur Shark Records. Il fallait un sacré coup de culot pour s'appeler ainsi, mais l'humour de la bande est à toute épreuve comme le montrent les titres de l'album ("
Suck My Dick" au hasard).
"
Shark Attack" fut un essai chaotique comme je l'écrivais, tout fou, bordélique à souhait, avec ses adeptes et ses détracteurs tant l'album peut rebuter ou au contraire plaire aux dies-hards fans de speed-core (à l'époque du hardcore très très rapide, pour les réfractaires aux étiquettes).
Car speed, cet album l'est, dépassant allègrement et ce, à plusieurs reprises, le mur du son. Plusieurs sortes de morceaux sont ici présents, les titres furieusement thrash "Radical
Dissection" (F.A.B.U.L.E.U.X), "
Night Of
Pain", "You Broke My
Heart" ou "
Gore Flix" par exemple, les morceaux gags, en gros, 4/5 titres allant de l'interlude à des bruitages dignes d'un
Municipal Waste sous substances illicites (je vous en laisse découvrir la teneur pour ceux qui ne connaissent pas, on est carrément dans la poésie), et aussi des compositions plus "progressives" qui, si elles n'excèdent que rarement les 2 minutes et demi, aèrent habilement le disque. Le sequencing est ici bien étudié, chaque type de titre alternant avec un autre et ainsi de suite, facilitant l'écoute et l'attention.
Ce qui aurait pu être qu'un ersatz du premier effort, est en fait l'accomplissement du groupe.
Plus précis, mieux joué, avec des morceaux de grande qualité dans un style qui ne souffre pas d'approximations,
Wehrmacht a appris à composer. Ce qui étonne avant tout, surtout comparé au premier effort, c'est la maîtrise de la vitesse, tant l'album gagne ici en impact, comme en témoignent les terribles morceaux thrash cités auparavant, mais aussi les fameux "
Balance Of Opinion" ou "
Wehrmacht" et son intro en lead guitar étonnante. Quasiment aucun filler, chaque morceau possède sa personnalité et permet au groupe de récolter des chroniques dithyrambiques dans Kerrang ou même
Hard Force en France.
Bénéficiant d'un son très précis, étonnamment clair et puissant qui n'a pas vieilli, l'album défile à toute vitesse. Il faut dire qu'il dure dans la demi-heure, ce qui, finalement, donne envie d'y revenir immédiatement après l'outro.
Plus ou moins apparenté à la scène crossover du milieu des 80's, au même titre que
Cerebral Fix ou The Accused, quoique plus thrash dans le rendu final, l'album de
Wehrmacht marque malheureusement la fin du groupe pendant un (trop) long moment, certains membres fondant Spazztic Blur, dans le même esprit, mais en moins thrash et en moins inspiré. Le groupe s'étant récemment remis en activité, il est permis d'espérer une suite à cet album majeur dans le style.
A la fin des années 80, dans le magazine Hard Force, il y avait dans la rubrique des chroniques d'albums trois catégories "Les Bons", "Les Brutes", et "Les Truands".Le journaliste-chroniqueur Hervé "SK" Guégano, qui gérait les deux dernières, avait chroniqué (ou plutôt avait descendu) le premier album de Wehrmacht "Shark Attack" dans la case "Les Truands" (c'est à dire les albums considérés comme médiocres).Par contre à la sortie de "Biermächt" il chroniqua ce dernier chez "Les Brutes" (c'est à dire les albums de Metal Extrême de bonne qualité), réhabilitant ainsi le groupe.A l'époque j'appréciais beaucoup les chroniques de Hervé "SK" Guégano qui avaient le mérite d'être sans concessions avec, en plus, beaucoup d'humour.
Comme pas mal de personnes (moi y compris je l'avoue, écoutant régulièrement "Back In Black" d'Ac/dc et "Blackout" de Scorpions), beaucoup de journalistes "spécialistes" du Heavy Metal n'ont pas su appréhender le phénomène Thrash Metal et encore moins Death Metal à la fin des années 80.Hervé Picart (du magazine Best) était resté bloqué sur les groupes de Hard, Heavy, Glam de l'époque et quand il chroniquait des groupes plus "Extrêmes", il ne pouvait chroniquer que les groupes possédant un "vrai" chanteur (Anthrax, Metal Church), ne supportant pas les "vocaux".En plus dans sa rubrique Riff Raff (censée raconter l'historique de certains groupes tout styles de Hard Rock - Heavy Metal confondus), il écrivait n'importe quoi et "brodait" sur leur histoire.Il s'était également permis de descendre en flèche le "Harmony Corruption" de Napalm Death, c'est dire à quel point il était largué (pour ceux que ça intéresse ont peut retrouver certains articles de la rubrique Riff Raff ainsi que cette détestable chronique du terrible "Harmony Corruption" sur le net).Je passe sur les journalistes de Enfer Magazine, qui eux descendaient tous les nouveaux groupes dits "Extrêmes" dans la rubrique "Et pourtant ils tournent", là le "Seven Churches" de Possessed y a été lynché ! Chez Hard Rock Magazine Phil Pestilence n'était pas un mauvais chroniqueur, mais si certains groupes avaient son estime (Death, Coroner, Death Angel, Slayer, Sepultura, Voivod, et Sabbat) il avait la fâcheuse tendance à descendre les groupes de Speed/Thrash Metal à voix aiguës et pas des moindres (Toxik, Violence) puis parfois était assez injuste avec certains nouveaux groupes de l'époque comme Deicide, Sadus, Cannibal Corpse, Exhorder, Master, et Atrocity.De plus il avait prit en grippe Running Wild, n'appréciant pas leur évolution vers un Power Metal "à refrains".Mais l'erreur qui lui a été fatale, et lui a fait pedre une partie de sa crédibilité, est quand il a descendu le "Clandestine" de Entombed.Olivier Badin, qui travailla pour Hard N'Heavy quelques années plus tard, ne lui a jamais pardonné (cette info je l'avais récupéré dans un numéro de l'excellent fanzine Death/Black Metal Foedus Aeternus aujourd'hui disparu, dans lequel les membres de ce dernier avaient interviewé des journalistes Metal dont Olivier Badin).Hervé "SK" Guégano (de Hard Force) c'était mon préféré, j'adorais la causticité de ses chroniques, surtout quand il descendait (souvent à raison) des groupes établis qui ne faisaient plus le boulot (le "Pleasures of the Flesh" d'Exodus s'est fait littéralement massacré dans la rubrique "Les Truands" ainsi que le "Stream Of Consciousness" de Cryptic Slaughter).J'adorais aussi les minis chroniques de sa rubrique "Forces Sceptiques" ou il passait en revue en quelques lignes les dernières sorties "Extrêmes" avec du bon et du moins bon, ce qui permettait de découvrir tout un tas de groupes obscurs.Ceci dit lui aussi a parfois déglingué quelques albums qu'il n'avait pas "compris", l'exemple le plus parlant étant le "Under The Sign Of The Black Mark" de Bathory ! J'appréciais aussi le regretté Louis Bourgade (RIP) (par la suite chez Metallian) de Métal Hammer France (auquel Phil Pestilence participa après avoir quitté Hard Rock Magazine pour ensuite y retourner !) dont les chroniques étaient rarement très méchantes.Malheureusement comme on a toujours les défauts de ses qualités, certaines étaient parfois un peu trop "tolérantes".Pour finir nous passerons sur les Vincent Martin (Hard Rock Magazine remplaçant Phil Pestilence après son départ chez Metal Hammer France) et Charles Gronche (Hard force remplaçant Hervé "SK" Guégano, ce dernier travaillera par la suite, et un certain temps, au sein de Hard Rock Magazine) dont je détestais les styles d'écritures.
Un pavé d'histoire en commentaires sous mon bien mauvais papier de cet album culte.
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