Between Light and Lies

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Nom du groupe And End...
Nom de l'album Between Light and Lies
Type Album
Date de parution 14 Avril 2013
Style MusicalBlack Doom
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1. Yellow
2. Dissolving in Everyday
3. Gray Day
4. Go Away !
5. Crows Crowds
6. Paeónia
7. ... of the Sun
8. 28

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And End...


Chronique @ BlackAngel181

29 Juillet 2013

Entre lumière et mensonges.

"And End" aurait pu être un excellent groupe de black dépressif russe, si le jeune Roman Lomovskiy n'avait pas mis fin à ses jours le 1er juin 2013 à l’âge de 22 ans. Pourtant, le jeune musicien est doté d'une performance musicale superbe, capable de l'amener loin dans son univers glauque. On ne sait pas ce qui s'est passé, le jour où il a décidé de se pendre, mais vous allez surement me dire qu'en général les musiciens "DSBM" se suicident parce que la vie est dure pour eux et qu'ils n'arrivent pas à s'imposer dans la société, c'est peut-être vrai, mais ce n'est pas l'unique raison, car il en y a d'autres.

Alors, "And End" a vu le jour en 2012 à Tula (Russie) et a cessé d'exister en 2013. L'auteur a sorti une unique galette auto-produite, dénommée "Between Light and Lies", contenant huit pistes d'une durée de trente minutes. La pochette de l'album est d'une allure froide et sombre, on y voit une étrange poupée assise de façon étrange dans un escalier, ses jambes ne sont pas droites, elles ne sont pas claires à voir aussi. La poupée peut nous faire penser aux créatures étranges du monde "Silent Hill" .

En ce qui concerne la musique, on commence par les paroles, elles sont chantées intégralement en russe. Les thèmes qu'elles abordent sont principalement la tristesse, la solitude et l'intolérance sociale. Rien qu'on voyant le nom de ces thèmes, on peut imaginer ce que Roman a enduré durant son adolescence et dans sa vie en général, à travers ces trois thèmes et ainsi que les huit titres de l'album. Les artistes du genre "DSBM" apaisent leurs souffrances à travers la musique et les paroles. Contrairement à ce que les préjugés du style pensent, ils ne cherchent pas à attirer l'attention des autres avec des photos de mutilations ou de suicide (bien que c'est parfois vrai) ou à "chialer" dans leurs disques juste pour se faire du fric en dehors de leur rôle "anti-life"

Mais notre regretté Lomovskiy, n'est pas ce genre de personne. Il cherche juste à apaiser un mal être qui le persécutait depuis longtemps à travers des mélodies et atmosphères mélancoliques. Le monde musical que le jeune homme a créé est dépourvu de la moindre lumière d’espoir, il s'enfonce dans l’abîme, morceau après morceau, jusqu'à sa perte. Musicalement, dans chaque titre, les riffs bouleversants sont répétés sur les secondes qui suivent, à quelques variantes près. Le jeu de guitare est de grande qualité, les riffs provoquent une sorte de vide dans notre être, on peut vivre un moment de déprime et de solitude à l'image de "Paeónia" et "28", deux pistes qui peuvent conquérir l'auditeur.

La philosophie de l'auteur est claire: "Un voyage sans retour vers la damnation, une douleur grandissante après chaque progression, et un cœur qui ne cesse de se dissoudre après chaque épreuve perdue d'avance". Cela correspond au deuxième et troisième titre: "Dissolving in Everyday" et "Gray Day". Le désespoir est bien rendu dans ces titres par la tristesse qui se dégage des guitares et ainsi que le chant schizophrénique de Roman qui incite ceux qui ont été rejetés par la société, à la haine et à la violence. L'ensemble de l'album est varié, on y trouve des pistes instrumentales comme "Yellow" ou "Crows Crowds", des morceaux courts dans leurs durées, mais suffisants pour bercer l'auditeur dans un sommeil plein de remords grâce aux mélopées bien travaillées des guitares qui progressent dans une atmosphère froide apte à guider l'auditeur vers un flash-back, où il se retrouve face à lui-même, explorant ses propres souvenirs.

Plus on progresse dans l'écoute de cet opus, et plus le regret et l’émotion se font sentir minute après minute, la musique ainsi que le chant ont imprégné en nous une expérience de solitude et de souffrance. L'instrument qui a eu le plus d'influence dans l’atmosphère sinistre de l'album est la guitare, cependant, on peut reprocher (ou pas) l'absence des claviers dans ce travail, ça aurait pu être épique avec des passages d'orgues et de piano. Mais ce n'est pas cette absence qui va affecter la grandeur de cet album, on peut autant créer des émotions avec des riffs qu'avec des nappes de synthé.

Au final, avant son départ vers je ne sais où, Roman nous a laissé un album franchement réussi, c'est dommage que l'artiste ne soit plus de ce monde, pour continuer à progresser dans son art désespérant, car le destin en a décidé autrement. Qu'il repose en paix.

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