« Beto Vazquez
Infinity ». Il y en a qui connaissent ? Bon, pas tous à la fois. Il va donc falloir récapituler l’historique. Beto Vazquez (vous aurez compris au nom qu’il est à l’origine du groupe) se retrouve seul suite à la dislocation du groupe thrash argentin «
Nepal », où il officiait en tant que bassiste. Une carrière solo ? Pourquoi pas, songe-t-il. Notre monsieur se tourne donc vers le label Nems Enterprises, qui avait été le label de «
Nepal ». Il lui est alors suggéré par ce dernier de produire un album en anglais cette fois (pour les idiots, la langue officielle des Argentins est le castillan) et va même jusqu’à lui proposer des vedettes internationales de la scène metal pour le chant. Pourquoi refuser? C’est oui tout de suite. Voici donc de parfaits ingrédients qui lui permettront d’ouvrir immédiatement les portes de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Des vedettes donc, et apparemment pas les moindres. On retrouve côte à côte
Tarja Turunen (
Nightwish à l’époque), Candice
Night (Blackmore’s
Night), Sabrina Edelsbacher (
Edenbridge) et Fabio Lione (
Rhapsody, au nom de l’époque). Tiens un choix qui s’orienterait plus vers le metal symphonique, à des lustres du thrash metal de «
Nepal ». Surprise.
L’aventure solo de Beto commence ainsi à l’aube des années 2000 avec un premier album reprenant simplement le nom du groupe, « Beto Vazquez
Infinity ». «
Infinity », un mot démesuré et un zeste prétentieux qui sonne fort, spacieux ; aussi spacieux que le laisse entrapercevoir la pochette. Et aux prémices du contenant cela s’annonce comme tel en vérité, à l’écoute du premier titre, « Until
Dawn (Angels of Light) ». Une mélodie, une sensation féerique bien représentées par le chant lyrique et passionné de
Tarja. L’harmonie si radieuse soulevée par la voix dans ce présent est fine, classique, et pourtant d’une grande simplicité. Aussi efficace que naturel, à l’image d’un coucher de soleil. Etrangement une rythmique épique a été adoptée, comme si les claviers ne pouvaient improviser autre chose qui soit davantage dans les cordes (on commence à appréhender avec méfiance la suite). Mais c’est tout proprement engageant, et les 8 minutes du titre passent sans difficulté.
Les difficultés ce sera pour la suite. La musique sera nettement moins emballante. On cherche sans trop trouver, guitare électrique et batterie. On en retrouve un chouya sur «
Wizard », un petit peu plus sur l’incohérent et non-ambitieux instrumental «
Infinity Space ». En fait pas grand-chose de metal dans cette musique dominée par des claviers assez rutilants, mous. Beto Vazquez ne s’est pas trop défoulé pour maintenir un semblant de richesse dans la composition musicale. C’est plat et cela manque indéniablement de profondeur. Dommage, car il avait tout de même tenté d’innover en interférant avec diverses influences, notamment avec l’apport d’une touche sud-américaine (maracas) et de quelques sons hispanisants à la guitare acoustique sur «
Sadness of the
Night ».
Autre instrument intéressant, la flute de Liliah Bertolini, s’illustrant sur certains titres, y ajoute une étincelle de magie (même minime compte tenu du reste de la musique). Un instrument utilisé avec abondance et conviction sur l’instrumental le plus convaincant, «
Through Times Part I ». Elle sublime les airs de clavecin du sensuel «
Through Times Part II ». La flute est ensuite incorporée dans un bien curieux mélange sur «
Through Times Part III ». Un titre bien plus élaboré, presque vibrant.
Airs de flutes et rythmique sud-américaine s’entrecroisent. Le plus surprenant encore est la présence du saxophone, apportant une touche bluesy. La musique devient expressive, elle ne cache plus ses émotions, même s’il peut paraître regrettable qu’elle se soit autant éloignée de l’environnement metal.
Niveau chants, alors là aucun soucis, ou très peu, et à chacun son style : lyrique pour
Tarja, sensuel et sexy pour Candice, et un parallèle entre les deux pour Sabine. Les trois ensemble cela donne l’extraordinaire «
Promises under the
Rain », vraiment intense, comblant. Ces dames nous arracheraient à la limite des larmes tellement le moment est fort. La musique composée par Beto est toujours aussi frustrante, toujours aussi plate et sans effort. Un tel titre aurait mérité un tout autre traitement. Et Fabio dans tout ça ? On y vient. Celui-ci ne chantera, seul, que sur le dernier titre de l’album (sur la version que j’ai, le titre est en piste 11, étonnamment on le retrouverait aussi en piste 3), à savoir « The Battle of the
Past », titre qui avait déjà figuré sur la démo 2001 sous le nom de «
Battle of Valmourt ». Après un parcours quasi intégral sous les sonorités metal/rock symphonique, on finit par retrouver une très légère accentuation power avec un gain électrique et épique. Le résultat est assez brouillon. On a un sous-titre de «
Rhapsody of
Fire ». En cause aussi Fabio lui-même qui ne semblait pas se sentir trop concerné.
De ce premier album on va surtout en retenir l’illustre présence de trois femmes, trois sirènes qui ont fait preuve d’une réelle conviction dans ce projet. On retiendra dans le sens contraire un manque de maturité musicale et une composition qui manque de finesse. Cependant, ce premier office permettra à Beto d’ouvrir quelques portes, et de figurer son projet comme étant la formation metal symphonique argentine. C’est déjà ça, mais en on était loin des espérances placées.
12/20
J'ai l'édition 2002 Drakkar records/XIII Bis records...En piste 11 , j'ai "The battle of the past" . La piste 3 est "Sadness in the Night" , "Promises under the Rain" se retrouve donc en piste 10 . Voilà , en espérant t'aider un peu...
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire