Domine est un groupe de Heavy Speed
Metal mélodique italien, que d'aucuns n'hésiteraient pas à qualifier de Heavy
Power Metal mais le débat n'est pas là, qui s'il n'a pas connu la même trajectoire que celle de
Rhapsody, loin s'en faut, aura tout de même été l'auteur de quelques belles sorties. Des œuvres qui, d'ailleurs, soit dit en passant, n'auront rien à envier à celles de la plus célèbre formation d'Hollywood
Metal transalpine et qui furent aussi, et surtout, l'occasion de découvrir la voix aux aigües si particuliers de l'excellent chanteur, mais souvent décrié justement à cause de ces interprétations extrêmes, Adolfo "Morby" Morbiducci.
Avant de rejoindre le guitariste Enrico Paoli et de s'époumoner à ses côtés, le vocaliste était, en effet, jusque là plutôt méconnu sur nos terres hexagonales alors que pourtant il avait fait parlé de lui et publié quelques autres travaux dont, notamment, ce
Behind the Lines avec
Sabotage en 1986. Formé aux alentours de 1981 comme un groupe de reprises de
Saxon et d'Iron Maiden sous le nom de
Blind Demon,
Sabotage nous propose essentiellement de ce Heavy Speed
Metal que, notamment,
Riot, savait si bien sublimé durant ces mêmes années 80.
Outre ceux déjà cité plus haut dans ce paragraphe, on pourra également retrouver dans les compositions de cette formation les fantômes d'autres tels que, par exemple, celui du
Judas Priest d'avant Painkiller. Pour couronner ce tout déjà formidablement alléchant,
Behind the Lines, est donc transcendé par un Morby dont les prestations, ici, ne sont pas sans nous évoquer celles du regretté Guy Speranza.
Bien évidemment, le son de ce manifeste est construit dans la plus pure tradition de l'époque où il sortit. Ici donc, point de production aseptisée où chaque souffle est retravaillé par un ingénieur hautement qualifié afin de lui donner un esthétisme s'accordant avec le reste.
Behind the Lines est brut.
Behind the Lines est primaire. Et
Behind the Lines est pourvu de ce charme si caractéristique de ces années révolues à cause, ou plutôt grâce, à ce traitement là.
Le délicieux opus n'offre aucun temps mort et démarre remarquablement avec les superbes, et prompts,
Victim of the World et Ridin'
Through the
Night qui se ressemblent tous deux. Si Mothers est plus apaisé, plus classique, il n'en demeure pas moins réussi pour autant. Tout comme
Warmachine d'ailleurs. Après cette plage de deux titres moins vifs et moins ardents,
Sabotage accélère à nouveau pour ne plus jamais vraiment ralentir. Même ce Promised
Land qui clôt ce disque, et dont l'entame acoustico-langoureuse pourrait nous laisser penser qu'il n'est qu'une ballade, finit par s'emballer et par nous offrir un morceau très très sympathique. Tout en nuances cependant.
Avec ce premier opus,
Sabotage aurait pu marquer les esprits et s'inscrire comme un conçurent sérieux de Mark Reale et de ses acolytes. Malheureusement, il n'en sera rien et ce disque restera dans les abysses obscurs complètement privé de cette lumière qu'il aurait pourtant méritée. Une injustice aujourd'hui, modestement, réparée. Autant que faire se peut en tous les cas.
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