Qu'est-ce que Maudlin of the Well? Une bande d'étudiants (principalement la force créatrice Toby
Driver) qui ont décidé de faire du death metal prog', voilà, un jour, ça les a pris. Se doutaient-ils de la manière dont la situation évoluerait? Après une poignée de démos, Maudlin of the Well délivra ces trois disques : "My Fruit Psychobells...A Seed Combustible", puis le diptyque "Bath" / "Leaving Your Body Map" en 2001. Un diptyque (je laisse toute objectivité de côté) absolument merveilleux, émouvant, original, onirique, magnifique, évocateur, surréaliste... Bref monumental. MotW (appelons-le de son petit nom) a la particularité de ne pouvoir se coller aucune étiquette de style... en ce qui concerne "Bath", on peut dire qu'en gros on alterne entre death metal et acoustique onirique et poétique (le booklet est un véritable délice).
Bath est un voyage. Les chansons, pourtant différentes en soi, s'allient pour donner un monde, un univers, un tout. Il faut reconnaître que MotW s'est fabriqué sa propre harmonie, ses propres tonalités musicales. Le death metal et l'acoustique (de proportions à peu près égales) ne font pas que s'alterner comme la plus part des groupes prog' le font : ils se mêlent. Et c'est sans doute ça qui donne cette formidable unité à ce disque.
Pas de chanson "death" suivie de chanson "acoustique" ; tout se mêle parfaitement, solidement lié.
Tout l'album fait partie du même élan créateur, de la même tonalité sans pour autant tomber dans la systématisation. La musique est extraordinaire, recherchée et variée : le batteur accumule break sur break, la voix de Tobi
Driver est touchante de simplicité, le growl est réussi de la même manière, plein de sons de gratte différents, de l'expérimentation musicale, des synthés... Elle n'est pas une ombre donnée à une ambiance formée par une accumulation de bruits/synthés (ce qui peut être bien!) comme pas mal de trucs d'ambiance. "Bath" surpasse ça : la musique bien que variée incarne l'esprit de l'album (le "Blue
Ghost"?). La musique arrive à incarner le surréalisme de Toby
Driver et ses potes, leur rêves, leur inconscient, leur monde.
L'album nous fait emprunter un chemin à travers le monde tel qu'il est, avec sa brutalité ("They Aren't All Beautiful" ainsi que ses paroles sont dérangeantes), sa perpétuelle évolution. Tout n'est pas tout noir, tout n'est pas tout blanc. La vie peut être mélancolique, rageuse, noire ('The Ferryman' est tragique et imposante', mystérieuse, mais des fois douce, innocente ("Marid's
Gift of Art" est une belle 'ballade' pleine d'innocence et de simplicité), reposante (le début d'"
Heaven and Weak"), contemplative ("Geography").
"Bath" est un monde, avec sa palette de sensations, de tristesse, d'innocence. Elle est l'hymne d'une âme qui a grandi trop vite, et compris trop tôt. Il nous mène par le bout du nez dans un univers riche et sensations, en noirceur, mais aussi en pureté.
Tout ça pour dire qu'à mon sens, ce "Bath" de Maudlin of the Well (je ne dis pas
Kayo Dot :
Kayo Dot est completement différent de Maudlin of the Well) est un passage obligé de tout fan de prog'/death, couplé avec l'aussi sublime "Leaving Your Body Map", qui a marqué le peu d'auditeurs qui ont eu l'honneur de l'écouter. Beau à pleurer, surréaliste (l'illustration et le booklet sont magnifique), onirique, sincère, "Bath" restera à jamais gravé dans ma tête.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire