Toranaga est un nom qui parle à tout amateur de littérature à tendance nippophile. En effet les british de Bradford prirent le nom en 1985 du célèbre personnage représentant le
Shogun Tokugawa Ieyasu dans l’œuvre épique et culte «
Shogun » de James Clavell (remarquablement interprété par le non moins célèbre Toshiro Mifune dans l’adaptation audiovisuelle, au passage).
Bref,
Toranaga est de ces groupes qui ; derrière les grands groupes cultes comme bien entendu
Venom,
Onslaught ou
Sabbat ; ont nourri dans la fin des années 80 une scène thrash britannique assez active en Europe (même si très loin de la scène teutonne) et surtout pas dénuée de charme avec entre autres
Seventh Angel, Sacrilege,
Cerebral Fix,
Hellbastard,
Acid Reign,
Re-Animator,
Xentrix,
Virus, etc…
Loin d’être le groupe le plus renommé de la liste ci-dessus, la bande du Yorkshire a tout de même le mérite d’avoir pondu à l’époque deux albums de correcte facture, dont ce "
Bastard Ballads" sorti en 1988 chez Peaceville Records puis 2 ans plus tard le peut-être plus connu "
God’s
Gift" sous
Chrysalis Records.
Si ce "
Bastard Ballads" a légèrement mes faveurs par rapport à son successeur, il le doit notamment à une intensité un cran plus élevée, à un grain de guitare et une production à l’ancienne qui lui donne des sonorités plus brutes, le tout bien accompagné par le chant agréablement acéré de Mark Duffy.
On a ici affaire à un thrash old-school vaguement typé Bay
Area, encore très ancré dans ses racines heavy à l’image de l’entrainant "Dealers in Death" et du mélodique instrumental éponyme. Si les riffs intenses d’un "
Sentenced" ou "Soldiers Be
Brave " sont d’un thrash indéniable, on remarque toutefois une certaine timidité dans le style, comme s’il y avait une retenue à totalement lâcher les chevaux. C’en est particulièrement flagrant sur le pourtant prometteur "
Time To Burn", avant de finalement clôturer sur un "
Retribution" bien accessoire.
Bien à sa place parmi les seconds couteaux, "
Bastard Ballads" présente donc un visage de qualité pour ce qui était un premier jet, et laissait présager une bonne progression à venir. "
God’s
Gift" présentera alors d’autres qualités pour un niveau comparable, ne parvenant toutefois à hausser l’impact du groupe, pêchant notamment par une rythmique retombée alors qu’elle ne demandait qu’à s’accélérer après ce "
Bastard Ballads".
Enfin,
Toranaga est nul doute encore un de ces groupes qu’on ne pensait jamais voir renaitre de ses cendres, s’étant naturellement éteint en même temps que le thrash s’essouflait, et pourtant ils sont revenus en 2013 avec un album tout neuf nommé "
Righteous Retribution". Comme quoi, tout arrive.
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