Les hésitations inutiles et les atermoiements vains ne sont pas vraiment l'apanage des Autrichiens de
Dignity qui dès les premières minutes de ce
Balance of Power, fort d'un excellent Rebel
Empire, nous propulsent directement au coeur d'un monde aux horizons multiples. Ce premier morceau, à la fois symphonique, mélodique et rugueux, nous offre un mélange très étonnant où
Power US aux guitares nerveuses et
Power Européen à la musicalité plus travaillée se côtoient formidablement. Le quintette originaire de Vienne a même l'audace d'agencer ses différents instants avec une certaine subtilité de sorte d'y faire régner une fièvre presque palpable.
Lion Attack poursuit sur ce même schéma, mais pousse le concept encore plus loin en flirtant, par instants, encore davantage avec les contrées Thrash.
Une telle excellence ne peut être de ce monde. La chute implacable, inexorable, va fatalement nous surprendre au détour d'une piste moins bonne. Peut-être avec Rise dont on pensait qu'il ne serait qu'une bluette mélodique mais qui, entrecoupée de ces riffs tranchants et particulièrement pertinents qui précèdent ces refrains harmonieux, est juste remarquable. La tension croissante qui nous mène à chaque fois en ces instants salutaires d'un chorus très réussi est exceptionnelle. Et le break est juste superbe.
Rien n'y fait. L'union subtile de tous les éléments séduisant de ce disque n'est pas, ou si peu, prise à défaut (
Angel's
Cry,
Save Me,
Freedom Reign ou encore
Blackout reprise du groupe
Scorpions extraite de l'album du même nom sorti en 1982).
Pour ceux qui n'auraient pas encore saisi la nature exacte du changement essentiel que ce nouvel effort nous offre en comparaison de son prédécesseur, et qui seraient restés sur le
Power Metal relativement classique de ce Project of
Destiny, précisons qu'ici
Dignity, tout en conservant sa face la plus lumineuse, aura accentué son visage le plus sombre, et le plus virulent, qui n'était encore que très succinct dans ce premier pas et qui ne s'exprimait que très subrepticement au travers de certains riffs.
Sans minimiser les prestations des autres intervenants participant à la réussite de ce
Balance of Power, notons aussi le travail particulièrement intéressant ici du chanteur Søren Nico Adamsen (
Crystal Tears,
Serpent Saints,
Fury, ex-
Artillery) et du guitariste Phillip R. Porter (
Siren's Cry) qui participent grandement à cette délicieuse radicalisation dont sont victimes ces autrichiens. Le premier, aux talents pluriels plus variés que son prédécesseur
Jack E (
Amaranthe,
Dreamland), n'hésite pas à emprunter des voies plus graves et rugueuses. Le second, quant à lui, nous gratifie de performances particulièrement efficaces et effilées qui sont autant de point de repère au milieu de ces passages moins brutaux, comme pour nous rappeler que l'aspect incisif d'un propos, aussi mélodique fut-il, demeure indispensable. Du moins dans le style qui nous occupe ici.
Un petit mot, tout de même, sur Frank Pitters dont les interventions de piano intimistes sont sublimes. Tout comme ces airs de synthés plus froids et mécaniques, voire même électros, qu'il distille avec parcimonie ici.
Toutes les pièces s'imbriquent donc parfaitement pour nous dévoiler un
Balance of Power très enthousiasmant et très séduisant.
@Amon: Je ne connais pas vraiment Muse mais je te crois volontiers.
Sinon, me concernant, ce disque m'a vraiment séduit. J'y ai trouvé des satisfactions que je n'ai pas trouvé ailleurs ces derniers temps.
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