Bad Blood

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19/20
Nom du groupe Nemertines
Nom de l'album Bad Blood
Type Album
Date de parution 24 Août 2011
Style MusicalMetal Expérimental
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1. Addiction
2. Maki
3. Self-Criticism
4. Scarlet
5. In Love
6. Confused
7. I'm Sorry
8. Complex
9. The Useless Dialogue
10. ILI
11. 2006
12. Cursed
13. Three Colors

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Nemertines


Chronique @ Arachnid

26 Août 2011

Un laisser-aller évasif d’influences, de thématiques sonores, un voyage sensoriel, une échappée musicale.

Et la grâce vint de Russie… D’un artiste entouré de mystères nommé Sergey Sabrin qui se fait appeler Sabrina Scissors, unique membre de son one-mand band Nemertines (les Némertes sont une race de vers marins). Sûrement créé entre 2009 et 2010, le projet a déjà accouché d’une multitude de CDs indépendants, soit quatre albums, quatre EPs et trois singles en seulement deux ans aussi discrets qu’efficaces dont le bien-nommé My Monastery, une petite perle en matière de métal expérimental aux sonorités ambiantes et aux riffs tantôt djent tantôt post-rock.

Et en cet été 2011, croulant sous la canicule marseillaise, un petit vent d’air frais russe ne peut pas faire de mal, surtout lorsqu’il s’appelle Nemertines. Voici donc ce cinquième full-lenght gentiment nommé Bad Blood, à la pochette intrigante rappelant les œuvres de Ben Templesmith (les comics « 30 jours de nuit » ou encore « Silent Hill »). C’est d’ailleurs cet univers graphique intense et étrange, collant parfaitement à la musique de Sabrina Scissors, qui intensifie ce même univers crayonné fait de monstres aux dents longues et de personnages énigmatiques.

Treize pistes, treize chansons instrumentales enivrantes, désespérées et mélodiques, à l’ambiance unique et à l’atmosphère aussi éblouissante que dérangeante. Dès le premier titre, "Addiction", le ton est donné : c’est précis, carré, glauque, froid, bizarre. Il y a du Mogwai dans ce que l’on entend, du Maybeshewill, du Korn, du Meshuggah et plein d’autres influences entremêlées afin de desservir un son atypique monstrueusement addictif. Car loin des récentes productions djent comme Periphery, Tesseract ou encore Deadfall, le projet Nemertines ne s’appuie pas sur un style prédéfini mais plutôt sur un laisser-aller évasif d’influences, de thématiques sonores, un voyage sensoriel, une échappée musicale.

On perçoit donc bien entendu des riffs progressifs intenses peuplant efficacement l’album, notamment sur "Maki", "Scarlet" et son violon aussi approprié que glaçant le sang, ou encore les bouleversantes "Self-Criticism" et "2006", titres plus que fracassants alliant la démence au génie. L’atmosphère est lugubre, nous amenant parfois visuellement dans un asile glauque où ne règne que folie et désespoir, chose à laquelle on adhère finalement très rapidement, ce côté glauque faisant la force de l’album, la force de ce style musical encore une fois unique et totalement hypnotisant.

Chaque chanson est différente de la précédente tout en restant dans la même lignée, soit pesante, attractive et indubitablement magnifique. Car si cette approche résolument dérangeante peut rebuter (et c’est compréhensif, surtout sur "In Love" et "Cursed"), une écoute plus attentive nous fait transcender, émerveille et arriverait presque à nous faire couler une larme tant l’imaginaire musical est ici étalé à son diapason. Difficile donc de clairement détailler cet album transgressif, mélodique voire dramatique où, outre les parties batteries/basse/guitares, nous faisons Face à de nombreux autres instruments intervenant de façon sporadique comme du piano par exemple, apportant une dimension palpable à l’œuvre.

On en prend donc plein la poire, Bad Blood étant un album foncièrement monstrueux, attractif mais surtout musicalement réussi, notre cher Sergey ayant du talent à revendre, c’est certain. Fan des influences précédemment citées, de tueries instrumentales complexes et bizarres, ne rentrant pas vraiment dans le moule et possédant une réelle identité, foncez sur ce petit bijou, téléchargeable gratuitement sur la page Youtube de cet artiste russe continuellement inspiré (il n’y a qu’à contempler sa déjà grosse discographie pour s’en rendre compte) dont on ne souhaite que la reconnaissance.

34 Commentaires

9 J'aime

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TheBlackDahliaMurder - 02 Septembre 2011: Du Metal Experimental de Russie qui reçoit un beau 18/20 ?! Je fonce écouter de suite !
TheBlackDahliaMurder - 02 Septembre 2011: J'ai l'impression que l'originalité afflue fortement dans les pays de l'est, je viens d'écouter Self-Criticism et 2006 et je trouve sa musique absolument sublime, plus qu'à télécharger les titres un par un...

En tout cas merci pour cette chronique qui m'aura fait découvrir surement mon plus gros coup de coeur de 2011 !
Pipotron3000 - 05 Septembre 2011: Merci pour la découverte !

Je pense que cet artiste va me marquer dans ma recherche sonore.
Un peu comme Godflesh ;)
Une empreinte sonore impressionnante, composition et production.

Je conseille le dernier Lutomysl (Ukraine) en matière de recherche sonore.
Une sorte de black shoegaze très prenant aussi ;)
PS : je me demande ce que donnerai Nemertines avec une voix...
Skullface35 - 12 Novembre 2011: Nemertines avec une voix pour moi sa conviendré pas. Je trouve que la musique de ce mec suffit a elle même =)
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