Unborn est un vieux groupe de République Tchèque. Vieux à cause de sa date de création (1996), mais avec seulement un album (
Six Ways Of Suffering - 2011) et un EP à son actif. Voici que sort son second disque autoproduit "Awaken to Reality" à la pochette bien dans l'esprit thrash façon
Deceased. Ni trop moderne, ni réellement old-school ,
Unborn nous vient de Prague, capitale finalement assez peu représentée dans le genre musical qui nous intéresse.
"
Burn Inside" inaugure l'album (après une intro de 2'00 carrément inutile !) avec rythmiques lourdes et tranchantes, soli à l'avenant, et breaks mid tempo. Rien à redire, c'est du carré, rehaussé d'un son à la hauteur. Les breaks mélodiques entraînants de "Chemotherapy Of The Government", enfoncent le clou. Les arpèges et le solo qui suit dans ce morceau se font surprenants et élèvent le titre à un niveau supérieur, faisant penser à un
Amon Amarth qui aurait forniqué avec un
Deceased quelque peu moderne. Les compositions sont toutes plaisantes, assez variées, avec des soli judicieusement placés, aérant considérablement les morceaux. Tantôt criés (et assez réussis), tantôt plus rauques (voire poussifs et se rapprochant d'un esprit moderne assez peu à propos), les vocaux d'Alexandr Sember sont à apprivoiser toutefois.
Si on sent l'influence de
Metallica (le plutôt bon "Walls Of Madness" et ses boucles et ponts), notamment dans le jeu de guitare des deux solistes Radek Dvorak et Filip Rytych, et dans certaines constructions de riffs ("Trapped Between
Two Worlds", la ballade de l'album qui n'est pas sans rappeler les morceaux du type de "One"),
Unborn a le bon goût de ne pas en rajouter.
Les 35 minutes de l'album passent vite, ce qui est bon signe, et si la démarche du groupe n'est pas encore aboutie réellement (un peu "entre deux mondes" comme ils disent), des graines mélodiques bien senties, et des plans de guitares plutôt réussis laissent espérer d'une suite à surveiller (le très bon "Under Control Of
Pain" qui lâche enfin les chevaux).
La bio du groupe précise que celui-ci évolue d'un thrash metal classique à quelque chose de plus moderne. Sur ce point, je ne peux que déplorer cette volonté, surtout que les phases plus mélo-thrash sont moins réussies (le dispensable "Part Of The
Machinery" par exemple, et une maîtrise vocale à parfaire), les plus old-school "
Treat Of
Death" par exemple et ses gimmicks et soli réellement entraînants apparaissent comme beaucoup plus percutants
Nullement marquant, mais avec des atouts en mains pour percer au-delà des frontières de République Tchèque,
Unborn gagnera à affiner sa personnalité afin d'attirer, par exemple, les fans d'un
Amon Amarth qui se seraient mis à écouter du thrash à tendance lourde mais mélodique, et ne souffriraient plus de voir le moindre drakkar à l'horizon.
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