Awaiting Dawn

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17/20
Nom du groupe Heidra
Nom de l'album Awaiting Dawn
Type Album
Date de parution 16 Juin 2014
Enregistré à Sonic Train Studios
Style MusicalBlack Folklorique
Membres possèdant cet album18

Tracklist

1. Prelude 01:09
2. Awaiting Dawn 07:23
3. Betrayal 06:31
4. Witch of Prophecy 04:58
5. Into Cursed Lands 07:39
6. The Eyes of Giants 04:47
7. Wolfborn 05:31
8. The Power of Gods 04:58
9. Harbinger of War 05:27
Total playing time 48:46

Chronique @ AlonewithL

28 Juillet 2014

La Germanie commence à prendre grâce aux yeux de Heidra.

Marqué par des premiers pas dans la lignée des innombrables formations obnubilées par « Ensiferum » et « Wintersun », le projet danois « Heidra » s’attaque enfin à son album d’ouverture en 2014. Son EP de 2012, « Sworn to Vengeance », était fortement impliqué dans les grandes nappes mélodiques et les envolées épiques, dans la pure tradition que celle développée par ses illustres maîtres finlandais, ceux précédemment cités. En vue de préparer leur premier full lenght, un batteur est finalement embauché, il s’agit d’un certain Mikkel Køster. Les membres iront jusqu’à demander les services du fameux Andy LaRocque pour produire et mixer l’ouvrage. En plus d’avoir fait appel à un véritable profession de renom pour la production de leur disque, les danois auront pris soin de se démarquer des illustres influences de leur précédent EP. « Heidra » aurait pour ainsi dire tourné son regard. Des lacs enneigés de Finlande, la formation se penche désormais sur son envahissant voisin du Sud. La Germanie commence à prendre grâce aux yeux de « Heidra », qui reste néanmoins attaché à son premier amour nordique.

Comme à chaque fois l’entrée n’est pas un repère évident. Nous avons avec « Prelude » une introduction on ne peut plus classique, avec un gros flux de sonorités épico-symphoniques créant une illusion de majesté. La suite sera bien sûr plus révélatrice, à commencer par le titre éponyme, révélant déjà une nouvelle addiction pour « Heidra », celle pour la scène pagan allemande. Elle est décelable dans ses riffs concassants. Avec le soutien des airs épiques en fond, on a l’impression d’avoir affaire à un semblant de « Black Messiah ». Le titre est heureusement entrecoupé de passages plus mélodieux, car l’ensemble est malgré tout assez redondant. C’est sans grand éclat, même si on retient la subtilité produite par les chœurs. Le morceau « Awaiting Dawn » se rapproche ainsi d’un « Into Cursed Lands » qui partage le goût identique pour les riffs prononcés et trapus à l’allemande, si ce n’est que le ton est un peu plus amorphe.

« The Power of Gods » s’illustre de nouveau dans une rythmique bouffie, si éloignée de la patte de ses confrères du Nord. Cela peut avoir un intérêt à la seule condition que le morceau ne tombe pas dans la répétitivité et l’ennui. Celui-là n’échappera pas à ces défauts. « Witch of Prophecy » se montrera bien plus innovant en comparaison, bien qu’aussi à demi-mesure la plupart du temps. Les mélodies y sont davantage développées, on y sent enfin un certain empressement, une passion autour de ce morceau. Nous y trouverons en toute fin un passage très enchanteur, étincelant, porté par une voix emplie d’enthousiasme. Le groupe se retrouve ainsi performant quand il cherche à se diriger dans l’apport mélodique, et il se met en difficulté à copier le pagan de Germanie. Et cela, sans pour autant avoir à se placer pleinement sous la coupe de formations finlandaises.

« Heidra » est aujourd’hui partagé entre deux pays. L’influence allemande ne profite pas vraiment aux danois, mais permet de donner du coffre à leurs compositions, à les placer dans un registre moins gavé de mélodies sirupeuses. Ils n’en oublient pas leurs premières attaches. Ainsi l’ombre d’« Ensiferum » plane encore sur ses compositions. On la devine aisément sur le très épique « Harbinger of War », tout en charme, tout en fluidité, dans des airs médiévaux, même si les ténèbres occupent un temps la piste peu après le milieu du morceau. De même, « The Eyes of the Giants » conserve la touche qu’ils ont eu lors de leur EP, si ce n’est que que le morceau excelle en tout, aussi bien de son atmosphère captivante que de son riffing soutenu et imparable. Véritablement le joyau de l’album. « Heidra » regarde encore du côté de Finlande comme ces différents titres tendent à nous le prouver, mais parfois ce n’est pas forcément « Ensiferum » ou « Wintersun » qui sont ainsi observés. À l’écoute de « Betrayal », par exemple, on constate que les danois se sont inspirés du travail de composition de Henri Sorvali, dans les mélodies douces et avenantes qu’offre le titre. C’est vrai que les parties claviers font songer aux premiers « Moonsorrow » ou « Finntroll ». C’est plutôt « Finntroll » que l’on cernera sans bavure sur l’assez dispensable « Wolfborn », par son esprit de tavernes mal fréquentées, mais aussi par ses airs de faux-accordéon si reconnaissables.

Il est établi que « Heidra » a cherché à enrichir, à anoblir sa formule deux ans après un mini trop dépendant des formations « Ensiferum » et « Wintersun ». Ils ont pris le soin de puiser chez d’autres grands projets, que ce soit en Allemagne ou même de nouveau en Finlande. Ils cherchent leur voie, ils tâtent un peu à tout. L’opus n’est pas sans rappeler le « Fimbulwinter » d’« Incursed » dans ses démarches, bien ce dernier fasse preuve d’une maturité qui manquerait à « Heidra ». Les danois sont encore à l’essai et ne font aucunement preuve d’originalité. Néanmoins, certaines compositions prouvent que le groupe peut devenir un acteur essentiel sur une scène danoise assez pauvre dans le secteur du folk/pagan. Le formidable titre mélodique « The Eyes of Giants » a été un vif éclair de lucidité au sein de ce « Awaiting Dawn » assez banal, il faut le souligner. Ils tiennent là l’arme nécessaire pour conquérir de grands espaces.

13/20

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