Alors qu’il fait surtout parler de lui pour ses hautes infrastructures en écotourisme, le fait qu’il n’ait pas d’armée, ou pour son système bancaire souvent qualifié comme le plus performant d’Amérique Centrale, le Costa Rica n’est pas vraiment une scène reconnue pour le monde Heavy
Metal, bien que Sight of
Emptiness soit la grosse exception.
Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur un groupe justement originaire de ce même pays : Nostoc. Formé en 2010 par le guitariste chanteur Freddy Lopez, le groupe dût attendre 2013 pour se trouver une formation stable et commencer à enregistrer quelques singles par-ci par-là. Mais le véritable démarrage est vraiment effectué en cette année 2017 d’abord par la sortie du single «
Saturnian Mindscope Introspection », puis à l’annonce du premier album «
Aevum » en août 2017.
Qu’on ne se trompe pas sur la marchandise, tout d’abord, l’appellation deathcore est trompeuse car ce style n’est absolument pas représentatif du disque. Deuxièmement, la pochette représentant une montagne n’est en rien annonceur d’un clone des allemands de
Heaven Shall Burn puisque le premier titre « A path to ascend » nous tiraille entre des plages atmosphériques qui nous mettront en transe, et des passages brutaux qui feront secouer la tête aux plus téméraires. Les morceaux sont longs, mais sans pour autant souffrir de longueurs inutiles, tant le clair-obscur est bien exploité.
Pour entrer dans le détail, la musique de Nostoc est un croisement entre celle d’
Intronaut et de Between the buried and me. Des premiers, les costaricains en reprennent le côté touche-à-tout en mélangeant les influences. En effet, on retrouve des influences jazz qui ressortent bien sur « The Artisan » ou «
Delirium », un chant typé dans un registre post-hardcore, quelques riffs d’inspiration sludge, et des rythmiques dans un registre Death metal. Des seconds, ils en reprennent les plages atmosphériques comme sur « A path to ascend » ou même les chants clairs. Quand je dis chant clair, cela ne concerne qu’une chanson : «
Transmute », et encore, son passage est tellement court, qu’on pourrait le qualifier d’anecdotique.
Mais là où nos musiciens tirent leur épingle du jeu, c’est qu’au lieu de recracher toutes ces sources d’inspiration de manière boulimique, ils ont réussi le pari de ne pas en faire trop, et de laisser sa part du gâteau à chacune d’entre elles afin de les laisser s’exprimer, et de ne pas les placer ici ou là uniquement pour montrer qu’ils s’inspirent de tout et n’importe quoi. Et là où beaucoup de groupes progressifs mettent l’accent sur les passages aériens, donnant parfois une impression de longueur donnant envie de décrocher, les costaricains prennent le mouvement à contre-courant et misent sur la brutalité, sans pour autant négliger lesdites atmosphères. Ce côté aérien est tellement bien effectué que parfois, même la double pédale qui est pourtant agressive en devient planante comme sur « Imbued in Aether ».
Donc, nous avons là un premier essai touche-à-tout dégoulinant de complexité et de maturité qui ne laissera personne indifférent. Ce disque n’est certainement pas le plus facile à apprivoiser, mais au fur et à mesure des écoutes, on finit par cerner les subtilités. Nous ne pouvons plus que souhaiter à ces musiciens de continuer sur cette voie, et surtout de ne pas se brûler les ailes en milieu du chemin tant ils ont placé la barre très haut dès le début.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire