Ávitun

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Nom du groupe Sárr
Nom de l'album Ávitun
Type EP
Date de parution 22 Avril 2018
Style MusicalBlack Atmosphérique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

(le morceau Løjask est un titre bonus ajouté à la réédition en vinyle de Satanic Art Media du 11 novembre 2019)
1.
 Ávitun
 07:07
2.
 Vakr
 05:56
3.
 Sakna
 06:54
4.
 Løjask (Bonustrack)
 06:08

Durée totale : 26:05

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Sárr


Chronique @ Icare

09 Janvier 2020

Ávitun est déjà habité par cette flamme intemporelle et cette magie noire qui font les grandes œuvres du black metal

Imaginez un groupe de black metal extrêmement minimaliste jouant une musique très simple et musicalement pauvre mais qui dégage une intensité peu commune et parvient à vous coller des frissons avec seulement quelques accords. Cette petite description d’introduction vous évoquera forcément quelques groupes, et inutile de rentrer dans un listing fastidieux, ceci dit, il est fort à parier que la chronique que voici vous fasse ajouter un autre nom aux combos de cette catégorie. Sárr est le one-man-band de Þóri, multiinstrumentiste également reconnu pour son implication dans Nyss, et Ávitun est la première réalisation de l’artiste sous ce patronyme, EP de trois titres auto produit dans l’anonymat le plsu total en avril 2018.

Heureusement pour nous, Satanic Art Media a eu la bonne idée de rééditer cette démo en vinyle le 11 novembre 2019, et c’est la promo de cette réédition, agrémentée du titre bonus Løjask, que j’ai la chance d’avoir entre les oreilles. Quatre morceaux pour un total de 26 minutes donc, ça peut paraître peu, mais c’est largement suffisant pour démontrer brillamment le talent de Sárr.

Après une courte intro qui laisse la place au déchaînement des éléments, le morceau éponyme se lance vraiment, avec ces guitares au grain si profond et dense qui nous happent dans ce tourbillon d’émotions écorchées et pures, formant un véritable mur de réverbération typique du black atmo, grattes aussi tranchantes et impitoyables qu’oniriques dans leurs harmonies qui se mêlent à la magie des claviers. Durant 7,07 minutes, on est tétanisé par un maelstrom glacial de haine, de mélancolie et de tristesse d’une beauté incroyable, incarné par ce chant qui n’est qu’un hurlement de souffrance continu arraché à un gosier incandescent, tandis que la batterie martèle inlassablement ce rythme rapide comme pour mieux nous hypnotiser. Vakr va encore plus loin, à la fois plus extrême et plus mélodique avec ce lead franchement lumineux, crachant un chant encore plus strident, terriblement aigu et sursaturé, nous vrillant les tympans, et chevauchant sur ces vagues de guitares impérieuses qui s’emballent en des accès épico guerriers. Et la batterie, toujours, qui rythme, rapide, monotone, imperturbable, pour achever cette lobotomie béate à coups de sentiments extrêmes tiraillés entre ténèbres et pâles lueurs. Car oui, malgré son minimalisme, la musique de Sárr n'est pas linéaire et souffle des sentiments contradictoires, dégageant une grandeur terrible et splendide et un apaisement presque spirituel dans sa résignation, sa noirceur et sa tristesse. Pour citer une référence récente, ces quatre titres rappellent par moments Nefarious Dusk, s’enrichissant en plus d’influences évidentes de la scène DSBM, notamment via ces vocaux aliénés et haut perchés, mais le tout avec une intensité incroyable et sincère, qui vous transperce directement le cœur et l’âme (le riffing incroyable de Sakn, à vous foutre des frissons) et ne prenant pas la peine de passer par ces passages n’ roll vulgaires pour sonner true. L’EP s’achève sur Løjask, qui, même si très bon lui aussi dans un registre plus épique, est pour moi un poil en dessous des autres titres, car moins noir et glacial, et ne soufflant pas avec autant de vigueur ces germes de dépression et de mort.

Vous l‘aurez compris, Ávitun n’est certes que le premier EP d’un groupe totalement inconnu, mais il est déjà habité par cette flamme intemporelle et cette magie noire qui font les grandes œuvres du black metal. Voilà donc un one-man band plus que prometteur au talent brut qui ne demande qu’à s’affiner sur un full length, que l’on espère d’ores et déjà pour bientôt.

With hatred of reality
I feel filled with anger
I am god !

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