Ave Maria

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Nom du groupe Yhdarl
Nom de l'album Ave Maria
Type Album
Date de parution 15 Avril 2011
Style MusicalBlack Doom
Membres possèdant cet album6

Tracklist

DISC 1
1. Ave Maria 50:07
2. Ave Maria (Orchestral Version) 08:22
DISC 2 - BONUS
1. On the Throne of Death
2. Die Kalt Teufelsfaust (Urfaust Cover)
3. Ave Maria (Remix by BB)
4. The Last...
Total playing time 58:29

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Yhdarl


Chronique @ KamuRa

24 Août 2014

Marie, tu n'es plus.... Je crie ma prière dans un monde trop sombre....




Formé en 2007, Yhdarl est le groupe principal du belge surdoué Déhà, membre d'une foultitude de projets parmi lesquels Imber Luminis, Merda Mundi, Deviant Messiah, ou encore Maladie (ou même L'Apoka, dans un tout autre style). Dénominateur commun de tous ces groupes : une noirceur sans pareille, une réelle catharsis nous enfonçant dans les ténèbres, nous faisant abandonner tout espoir, pour mieux nous en libérer. Auteur à ce jour avec Yhdarl de 6 albums et de nombreuses démos, le prolifique bonhomme ne semble pas vouloir (pouvoir ?) arrêter son périple dans l'obscurité de la psyché humaine. Et c'est en 2011 que sort Ave Maria, après trois ans de gestation. De l'aveu même de Déhà, c'est sa pièce maîtresse, l'apogée de son art.

Ave Maria, je vous salue, Marie : prière catholique prononcée par l'ange Gabriel lors de l'Annonciation, message d'espoir intense....Message dont Yhdarl expose ici l'antithèse par deux titres éponymes : une longue pièce de 50 minutes, et une version orchestrale de 8 minutes. 50 minutes, une durée relativement conséquente durant laquelle ne pas perdre l'auditeur est un réel défi de composition, défi ne posant apparemment pas de de souci à Déhà. Ainsi, durant les 19 premières minutes, nous n'entendons que des voix, des phonations, construisant dès le départ un climat angoissant. A un chœur se superpose un chant clair féminin, sûrement Marie, ainsi que de nombreux cris (notamment ceux de Neraath et de Phorgath du groupe belge de BM Enthroned). Il faut noter que le travail sur les voix peut évoquer l'album Hexerei im Zwielicht der Finsternis, du groupe dark ambient culte Aghast. Cependant, l'atmosphère distillé n'est pas occulte, comme chez les sorcières Nacht et Nebel, mais réellement introspectif. Les voix se chevauchent, s'entremêlent, évoluant autour de la prière de Marie, cristalline et pourtant si obscure. A la dixième minute, un 'Écoute moi !!' surgit, suivi de psalmodies. Déhà égraine son dégoût du monde dans un discours destiné à Marie. "Marie, tu n'es plus....Je crie ma prière dans un monde trop sombre...." La tension monte, une pulsation se fait entendre, les guitares surgissent, et une partie black/doom débute de façon magistrale. Au désespoir s'ajoute la colère, colère de vivre, d'endurer souffrances et espoirs déçus. Le Noir est là, nous enveloppe, nous envahit...Nul espoir de rédemption ici. Rapidement (enfin, toute mesure gardée, dix minutes, c'est pas si rapide), les guitares s'éteignent pour laisser place aux cris, à la souffrance pure. Le volume baisse, le Noir s'étend, la délivrance approche. C'est finalement à la quarantième minute que la catharsis opère et que, sur une rythmique black/doom, Déhà laisse libre cours à son mal-être...L'espoir renaît enfin, mais c'est marqué que l'auditeur sort de ce morceau. Une véritable purge, un exorcisme dirait-on.

Le deuxième morceau, quant à lui, est une version dite orchestrale de l'Ave Maria précédant. Difficile tâche que de passer après cette pièce de noirceur.... et pourtant, ce morceau s'offre comme un complément assez intéressant. Un piano distille quelques accords, reprenant le rôle du chœur récurrent dans le morceau initial. Un violoncelle, des violons, des chuchotements s'insèrent peu à peu, le tout établissant une atmosphère plus mélancolique, mais tout aussi malsaine. Un silence, un cri surgit, et les percussions entrent en jeu, le tout pour un rendu flirtant avec l'épique. C'est en douceur que le morceau se termine, et l'album avec lui.

Deux morceaux, deux ambiances relativement différentes (et encore...), mais une noirceur unique, une mise en musique du désespoir, une plongée abrupte vers des contrées obscures. Je ne peux que trop recommander cet album, qui séduira sans aucun doute tout amateur de black, d'ambiant, enfin bref de musique dépressive, lente et hypnotique. Plus qu'un simple album, c'est une véritable expérience qui ne laissera aucun auditeur indemne.

6 Commentaires

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TheReverend13 - 27 Août 2014: Superbe chronique, je ne connais pas du tout et c'est loin d'être le genre de musique qui m'intéresse d'habitude, mais ton écrit me donne très envie d'écouter ce CD. La description que tu donnes de la musique me parait être en parfaite adéquation avec la musique elle-même assez malsaine, et c'est cela qui m'a donné envie de me pencher sur cet album. Merci donc pour la découverte.
KamuRa - 28 Août 2014: Avec plaisir !
LeLoupArctique - 31 Août 2014: Je ne connais rien au genre pratiqué, mais en tout cas pour une première chronique c'est pas mal. Peut-être pourrais-tu éviter un peu la grandiloquence par moment, mais sinon c'est très bien écrit.
KamuRa - 31 Août 2014: Ok je retiens ^^ merci
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