Shadowquest est un groupe de
Power Metal Suédois composé de quelques sommités, dont notamment certaines appartenant à ce monde sombre et obscur du Black
Metal, et dont le premier album,
Armoured IV Pain, est sorti en 2015. Un disque intéressant à bien des égards.
Last Farewell en est, par exemple, un des titre séduisant aux séquences aux effluves à la fois très marquées par l'Allemagne (
Edguy principalement) et à la fois par d'autres plus subtiles et plus nordiques (
Europe).
All One en est un autre très bien construit avec ces guitares vives et agressives, nous rappelant les plus belles heures de
Judas Priest, accompagnés, parfois, de chants aigus extrêmes, toujours encore dans une veine très proche de celle des britanniques, et agrémenté aussi d'un refrain, peut-être, un poil trop mélodique mais qui, in fine, ne réussissent pas à le déséquilibrer. Avec
Live Again on aurait plutôt à faire à une chanson très inspirées par
Stratovarius, période Infinite. Tout comme avec Reach
Beyond the
Dream d'ailleurs dans ces moments les plus véloces. Sur We Bring
Power, malgré un chorus manquant sans doute d'un peu de singularité, on se réjouira tout de même du travail assez remarquable que nous propose ce chanteur aux talents pluriels.
Un des autres aspects intéressant de ce
Armoured IV Pain est qu'il ne se contente pas d'explorer uniquement ces ambiances positives, lumineuses et radieuses habituelles du
Power Metal Européen mais que, parfois, il sillonne aussi des chemins de traverses un peu plus sombres et tourmentés. Comme, par exemple, sur Insatiable Soul, Take this
Life ou ce Where Memories Grows aux faux airs de ballade.
Notons également que cet opus ne se termine absolument pas sur un de ces moments de bravoure Progressif interminable dont la plupart des groupes actuels du genre sont aujourd'hui devenus dangereusement coutumiers.
Au-delà des qualités de ce collectif, on sent bien qu'il y aussi, ici, celles de ses individualités.
Prenez, par exemple, ce guitariste, Peter Huss (
Apostasy,
Shining...). Il y a dans certaines de ses interventions, et notamment dans ses soli, une volonté assumée de s'approcher, un peu (et j'insiste sur le "un peu") de cette extrême technicité qu'on retrouve notamment dans ces mouvances Neo Classique. Sauf qu'ici, le six cordiste le fait avec suffisamment de retenue pour ne pas rendre le propos trop exagéré, trop démonstratif et, au final, prétentieux.
On retrouve également ici Jari Kainulainen à la basse. Un musicien dont la renommé n'est plus vraiment à faire puisqu'il aura accompagné des groupes aussi prestigieux que
Masterplan,
Evergrey,
Kotipelto,
Stratovarius ou
Symfonia.
Et puis Patrik
Johansson (
Bloodbound) dont la voix plus brute que celle, par exemple, de Timmo
Kotipelto donnera un peu plus de relief à un ensemble qui, parfois, comme déjà évoqué, sera, selon moi, un peu trop harmonieux et joyeux. Permettant à ces passages de ne pas trop sombrer dans la candeur.
De la variété, un synthé pas trop envahissant, un chanteur faisant preuve de nuance, un guitariste qui s'illustre et des chansons qui évitent, parfois d'extrême justesse, de tomber dans la naïveté de ces musiques bien trop enjouées, voilà, peu ou prou, ce que nous offre ce premier opus des Suédois de Shadowquest.
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