Once I
Saw A
Ghost nous vient d’Allemagne et officie dans du… (roulement de tambour)
Deathcore à tendance Metalcore. Super, encore un énième clone d’un groupe connu. Alors à qui le tour de se faire plagier copieusement ? Quoi !? La musique du quintet semble un peu plus complexe que ça. Et bien on va voir ça. Mais avant de commencer, laissez-moi vous présenter en quelques lignes le groupe.
Once I
Saw A
Ghost est un quintette Allemand originaire de Giessen (Hesse) composé de Jon McIntyre au chant, d’Artur Schulz à la basse, des deux compères gratteux Fabrizio Costantino et Konstantin Schulz et de Louis Teitge, le batteur. Le groupe après un premier EP en 2010, décide trois ans plus tard de remettre le couvert à travers la sortie de leur tout premier album
Architects Demise. Le quintette a également pris refuge chez les Autrichiens de Noisehead Records s’assurant ainsi d’une production nette et sans bavure et conférant à ce disque un son pachydermique.
On commence donc l’écoute avec l’intro
Primordial Progression qui met d’emblée les points sur les « i ». Les mecs misent d’entrée de jeu sur l’efficacité comme en témoigne cette succession de breakdowns fracassants. On embraye ensuite sur la deuxième piste Uprise qui longue de cinq minutes propose un
Deathcore massif dans la forme parsemé de quelques bons riffs mélodiques dans le fond. Et malgré le fait que la piste ait tendance à tirer en longueur, lassant ainsi l‘auditeur, il règne ici un équilibre admirable. C’est d’ailleurs un des atouts principaux de l’album ce balancement subtil entre violence et mélodie. Néanmoins, on peut observer quelques problèmes au niveau des breakdowns dont l’utilisation n’est pas toujours très judicieuse. Le groupe a la fâcheuse tendance à vouloir les rallonger dans le temps, et ce côté saccadé répété peut devenir parfois ennuyeux à écouter pour l’auditeur.
Du côté des guitares, c’est assez intéressant. En effet les deux guitaristes se complètent bien et tandis que l’un offre son lot de riffs brise-nuques à l’aide d’un jeu très saccadé, l’autre va faire l’étalage de sa technique à travers l’utilisation continue de soli, leads mélodiques et autres sucreries fort agréables à l’oreille (mais mille fois entendus). Le lead guitariste contribue ainsi à alléger les breakdowns qui peuvent parfois peser lourd sur le ventre en attirant l’attention sur lui. Son seul problème c’est que certains de ses soli semblent arriver un cheveu sur la soupe et paraissent parfois hors contexte. Toutefois, il arrive également à sortir des riffs incisifs plus ambiancé qui dégagent une ambiance malsaine comme sur
Architects Demise et Mortified
Cadaverous Manifestation. La section rythmique (basse/batterie) accomplit son job sans broncher. Tout est carré voire prévisible mais la puissance est toujours au rendez-vous. La batterie reste alors toujours dans une optique très dynamique et accroche sans problème l’auditeur avec une rythmique tantôt endiablée tantôt lourde. La basse quant à elle fait un boulot admirable et l’on sent à chaque recoin sa présence à travers un jeu percutant. Au niveau du chant, Jon est un hurleur compétent mais reste trop banal dans le style. L’homme dispose tout de même d’un chant hurlé (oscillant entre des hurlements typiquement Hardcore et des cris gras et nerveux) profond qui rajoute du relief à la musique.
Vous l’aurez compris cet album n’est pas parfait, mais il a au moins le mérite d’être d’une efficacité et d’une cohérence redoutables. D’ailleurs au final, très peu de morceaux ressortent de l’écoute à l’exception du titre-éponyme et son riff lugubre particulièrement marquant ainsi que de la dernière piste Eulogy très accrocheuse dans la forme avec une touche Electro très bien insérée dans la composition. Malheureusement l’album a ses bêtes noires et l’une d’entre elles c’est la linéarité. Effectivement, d’une piste à l’autre il y a très peu de variation. De plus on sent trop les influences des musiciens. On retrouve alors ce côté
All Shall Perish et
As Blood Runs Black plane sur le jeu de guitare parfois typé Metalcore et du
Suicide Silence dont la touche est palpable partout (sur les breakdowns, dans la voix, sur les parties rapides).
Pour conclure,
Architects Demise est un album correct.
Once I
Saw A
Ghost nous y sert une musique formatée et pas originale pour un sous. Mais finalement le plaisir d’écouter une musique qui donne envie de bouger grâce à ses côtés entraînants et virulents rattrape le reste. Oui,
Architects Demise est un énième album d’un groupe lambda de
Deathcore mélodique mais ce qu’on en pourra jamais lui enlever c’est son efficacité.
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