Auteur de quatre albums et créé depuis 1993, on ne peut pas dire que les russes de
Shadow Host soient des petits jeunes adeptes d'un revival de groupes qu'ils n'ont pas connus au début des 90's. Au contraire, forts de tournées en compagnie de groupes plus établis (
Overkill,
Annihilator),
Shadow Host s'est construit progressivement, au fur et à mesure des années.
Le petit dernier, "Apocalyptic Symphony", enregistré (fort bien) aux Cosmos Studios d'Arkady Navaho et orné d'une jolie pochette d'Alexander Balinets(quoique plus adaptée à un groupe symphonico-progressif qu'il n'est pas du tout), est, d'après leur biographie officielle, le plus agressif du groupe. Mixant des influences allant du dernier
Forbidden à
Annihilator (entre autres, comme la fin de ces lignes le souligne),
Shadow Host se détache quelque peu d'un heavy-powermetal en durcissant son discours général sans sacrifier la mélodie, omniprésente ici.
Si Alexey Markov (au chant modulé et varié) ajoute une plus-value rapidement identifiable aux compositions somme toute assez classiques, il est indéniable que les morceaux et le ton proposé se situent dans un niveau comparable à ses influences. Ainsi, Alexey, arrivé dans le groupe en
2012 (ex-Starsoup), amène une singularité qui extrait facilement le groupe d'une masse plutôt impersonnelle. L'ombre de
Iced Earth plane ainsi souvent sur le groupe. Entraînantes et catchy, tout en conservant un sens de la mélodie aigu indéniable(le solo d'
Apocalypse Within - très
Kirk Hammett),
Shadow Host surprendra l'auditeur fort agréablement (la ligne mélodique et le refrain de "Treason" ou un "
Reborn In
Hate" plus rageur, par exemple).
Alors, bien sûr, le classicisme est ici de règle : peu de prise de risque (on est souvent sur des tempi assez similaires à l'exception d'un "
Silent Killing" un peu plus rapide ou de la ballade de rigueur "
Seeds Of Sorrow") et chemin extrêmement balisé (structures des morceaux assez identiques). Si on ne prend pas en défaut une formation qui sait jouer, bâtir des compositions solides et aérées, les influences trop présentes empêchent
Shadow Host de franchir le pas vers une reconnaissance éclatante (on pourrait aussi citer les plus confidentiels
Depressive Age, ou
Metallica de façon flagrante sur "
Seeds Of Sorrow"). Néanmoins, fort plaisant, cette symphonie, apocalyptique que de nom, est une bien jolie entrée en matière pour qui apprécie les groupes cités ici.
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