Aphelion

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16/20
Nom du groupe Nihil (FRA)
Nom de l'album Aphelion
Type Album
Date de parution 25 Septembre 2025
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Palpable I Am
 06:36
2.
 Deus Pendulum
Ecouter05:34
3.
 Chapter 1 : Schizopolis
Ecouter06:39
4.
 [Anti]body
 05:32
5.
 Not at Home
 05:04
6.
 Agoraphobia
 04:21
7.
 Failurology
Ecouter03:12
8.
 Someone You Hate
 03:38
9.
 Trauma
 07:54

Durée totale : 48:30

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Nihil (FRA)



Chronique @ JeanEdernDesecrator

10 Décembre 2025

Une revisite définitive qui sonne comme un nouvel album

"-Dis papa, c'est quoi l'Aphelion ?
-Et bien mon petit, tu vois, en français ça s'appelle l'Aphelie, c'est quand la Terre est au plus loin du Soleil, sur son orbite autour de celui-ci. Parce que l'orbite de la Terre n'est pas un cercle, c'est ovale, comme un ballon de rugby, mon petit, l'Ovalie, c'est aussi dans l'espace,..."
Bon, je vous rappelle qu'on est à Bordeaux, et que les Girondins sont tellement à la cave que tout le monde se rabat sur le rugby de l'Union Bordeaux Bègles pour rêver un peu à Lescure, pardon, à Chaban. C'était le bon vieux temps, en cette fin de vingtième siècle, il y avait le Jimmy, cette petite salle avec sa scène collée au public, le patron Ramon avec son cigare (qui fume dans les nuages maintenant), et puis il y avait NIHIL.

Nihil, fleuron du post metal bordelais, est donc de retour, qui l'eût cru, après un silence de près de 17 ans. Leur première démo datait de 1998, et plusieurs albums se sont enchaînés : "1:00 AM" en 2000, "[in]visible" en 2002, "Pandora 's Box" en 2004, "Figures et Créatures" en 2006, avant que le groupe mené par le guitariste Pierre Tabel cesse son activité en 2008.

Le groupe s'est reformé en janvier 2024, avec l'idée de faire une compilation, qui devient finalement un projet d'une toute autre envergure : un album en deux parties, "Syzygy", dont la première, "Aphelion", est constituée de leurs titres les plus emblématiques, ré-enregistrés, ré-arrangés, et remasterisés. Le choix de ré-enregistrer d'anciens titres est casse gueule, surtout dans le cas d'albums cultes (dans un autre style le "Doomsday for Deceivers" de Flotsam And Jetsam pour n'en citer qu'un), mais celui de faire un espèce de Best-of remis en cohérence a donné récemment quelques bonnes surprises, comme le quarantième anniversaire de Voivod célébré par le très probant "Morgöth Tales", je reste dans mes refs bourrines.

Dans le cas de Nihil, c'était un peu une évidence vu les grosses différences de son entre chaque album, à une ère où on avait pas atteint l'homogénéité (qui a dit l'uniformisation ?) des productions actuelles. Le groupe retrouve quasiment son line-up de base, avec Yves Davo (chant), Pierre Tabel (guitare, choeurs), Yoann Roy (basse, voix additionnelles), et Nicolas Monge (guitare, claviers). Jonathan Lamarque ne fait plus partie officiellement de la formation, mais il s'est partagé les sessions de batterie avec Fred Girard, des regrettés Sleeppers. L'album a été enregistré et mixé au Cryogène Studios par Benjamin Mandeau, et masterisé par Alexis Bardinet à Globe Audio Mastering.

"Aphelion" est paru chez Base Production / Klonosphere, le 25 septembre 2025, avec une fois n'est pas coutume, un très bel artwork, classe dans le style futuro -spatial de l'Univers de Nuna.

Nihil revisite donc ses titres phares, une manière de construire sur ses fondations les plus solides pour se projeter dans le futur. On trouve des morceaux de trois époques, celles de "1:00 AM", "[in]visible", et de leur dernier album studio en date, "Figures et Créatures", dans de nouvelles versions, parfois très proches des originaux ("Someone You Hate "), parfois franchement transformées ("Failurology").


Une voix grave au désespoir calme semble sortir d'un répondeur, il n'en faut pas plus pour dépeindre une ambiance oppressante, aussi la musique se dévoile-t'elle très progressivement. Les motifs rythmiques se chevauchent et s'entremêlent sur la première piste "Palpable I Am" comme une intro qui se met lentement en place et évolue en longueur. Un sample qui tourne en boucle, un vieux piano de château abandonné qui forme un duo simple et émouvant avec la voix d'Yves Davo, qui se dévoile plus encore dans une fragilité confessée, tout cela lie ensemble des morceaux dans une ambiance de nostalgie sombre.

Nihil pourrait ressembler de loin à Tool : des morceaux raisonnablement longs, un groove lourd aux syncopes sophistiquées, des murs épais cimentés de grosses guitares et basse, et un chant habité qui divague et s'égare en permanence, tout en étant très contrôlé. Économe de ses riffs, il s'impose avec évidence sur des refrains lumineux comme celui de "Deus Pendulum", et ses quelques notes d'arpèges obsédantes. D'ailleurs, ces dernières étaient complètement planquées dans le mix original, et on mesure ici la différence de rendu des morceaux, beaucoup plus aboutis et mis en valeur dans leurs nouvelles versions.

La basse a un son assez énorme, et couplée à des guitares frontales au gain aussi heavy que velu, participe largement à la profondeur et à la puissance de la production. Les parties mélodiques sont chaudes, presque veloutées, sur les aigus domptés, les effets comme la reverb de manifestent plutôt à l'arrière plan.
La batterie est confortablement installée dans un midi tempo ondoyant où fourmillement contre-temps et ghost notes ("Not At Home", "Agoraphobia"), et ça se réveille sur des parties plus heurtées , comme sur "Chapter 1: Schizopolis", ou sur du binaire pop-rock entraînant sur le très direct "Failurology".
Un gros travail a été fait au niveau des guitares et de leurs arrangements, et cela donne à la fois une unité au son et une belle diversité de textures suivant les passages.

L'opus se termine sur "Trauma" une piste dépassant les sept minutes, qui débute de manière mystique avec des chœurs de chants , une montée tribale vers des cris déchirés, et répète sa succession d'accords de manière obsessionnelle, jusqu'à ce qu'elle s'arrête dans un ultime et subtil ralentissement.
Si Nihil fait un nouveau départ avec le périlleux exercice du ré-enregistrement, je dois avouer qu'il en a tiré des versions définitives des meilleurs morceaux de son répertoire. Mieux, "Aphelion" sonne quasiment comme un album à part entière, par sa cohérence, sa patte sonore actuelle et vibrante, et son ambiance à la fois claustrophobique et émotionnelle. Reste maintenant à Nihil à poursuivre son orbite et à composer de nouveaux mondes, aussi captivants que celui-ci.


1 Commentaire

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peto - 11 Décembre 2025:

Merci pour la chronique!

Très bonne surprise ce retour de Nihil en 2025. J'adore cet album, je redécouvre des chansons! Miam miam ^^

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