Dire que la Pologne est un vivier métallique est juste un euphémisme, ce petit pays ayant enfanté l’un des plus monstrueux d’entre aux avec
Behemoth, auquel nous pouvons ajouter
Vader,
Decapitated ou encore
Hate,
Trauma ou
Vedonist.
Witchmaster n’est plus vraiment un lapin de trois semaines puisqu’il roule sa bosse dans l’extrême underground depuis 1996, date de sa formation.
Plus que sa discographie, pourtant hautement qualitative, le groupe fit parler de lui pour avoir compté dans ses rangs , entre 2000 et 2006, l’un des batteurs les plus impressionnant du circuit qu’est
Inferno (
Behemoth), et, pour l’enregistrement de sa dernière offrande intitulée «
Antichristus Ex-Utero », qui succède à «
Trücizna », parue cinq années auparavant, voit l’enfant prodigue de retour derrière les fûts.
Outre le changement de batteur, le quatuor décida de quitter
Agonia Records pour trouver refuge chez nos frenchies de
Osmose Productions.
En préambule, un petit mot sur l’artwork assez sobre mais sans équivoque, nous sommes à mille lieux du « christian metal », les
Witchmaster ne sont pas des enfants de cœur et ont prêté allégeance au malin et au côté obscur de la force, il est à préciser que l’opus a été enregistré durant l’été 2013 au Progresja Studio de Varsovie.
Après un crépitement d’enceinte en guise de bienvenue, le morceau titre nous explose littéralement la tête et il en sera le cas tout au long de «
Antichristus Ex-Utero », c’est la guerre à l’intérieur de mes cages à miel, les bouchons explosent les uns après les autres.
Witchmaster propose des compositions alambiquées dont la force principale réside dans l’alternance rythmique. En effet le quartet use de diverses influences comme le « heavy-rock » à la Motörhead («
Caricature of humanity » ou les couplets de « Black leather » et «
Antichristus Ex-Utero »), le thrash à l’ancienne, couplés à des accélérations redoutables qui ne sont pas sans rappeler ses compagnons d’écurie, les finlandais de
Impaled Nazarene (période pré «
Nihil ») sur le morceau titre, «
Demon of obliteration » ou encore l’attaque de « Black goat sacrifice ». La musique proposée par les polonais lorgne également vers le « black-metal » véhément et furieux de
Marduk (période «
Heaven shall burn… ») sur la fin blastées de « When will at all end » par exemple.
Même si l’ensemble est cohérent et homogène, quelques compositions sortent du lot comme «
Antichristus Ex-Utero » dont les accélérations « nazarenniennes » sont du plus bel effet, «
Caricature of humanity » qui fait office de respiration salvatrice, appuyant la facette rock n’roll du combo et surtout « When will it all end » qui est la parfaite synthèse du propos de
Witchmaster, avec un commencement très « thrash old school » qui rappelle quelque peu les vieux Sodom, une accélération sauvage, un break mid-tempo très puissant, rehaussé d’un solo impeccable, pour un final fou furieux. Et pour mener son entreprise de destruction massive à son terme,
Witchmaster utilise un riffing simple mais direct et très efficace, du genre à enclencher un headbanging furieux, donnant à ses compositions un fort goût de « reviens-y », indispensable pour accoucher d’un bon disque.
Outre la furie qui émane de son « black n’roll », la production de «
Antichristus Ex-Utero », sale mais claire, avec un son charbonneux mais bien audible, confère à l’ensemble un côté malsain, amplifié par l’organe vocale de Bastis dont les éructations ne sont pas sans rappeler celles de Motuus (
Marduk), tout cela fleure bon le caveau et la décomposition et de ce fait, titille le sens olfactif de votre serviteur. Les musiciens sont tous au taquet avec une section rythmique qui envoie le bois tel des bûcherons canadiens en colère, même si, de prime abord, une impression de légèreté peut se dégager du jeu de
Inferno, après de multiples écoutes attentives, il n’en est rien, le bougre a effectivement simplifié son jeu, en comparaison de ce qu’il peut faire avec
Behemoth, mais fait preuve d’une précision redoutable et d’une force incroyable, il s’est juste mis en adéquation avec la musique développée par
Witchmaster. Il faut également louer l’usine à riff qui tourne à plein régime et des solos de haute volée, décochés par Kali, jalonnent l’ensemble de l’opus.
Alors, il est vrai que les compositions intégrantes «
Antichristus Ex-Utero » sont hautement qualitatives, mais il faut bien reconnaître que l’originalité est belle et bien restée au fond de la fosse commune, le riffing semble mille fois éprouvés. Aussi, une similitude très forte est à signaler sur l’agencement des morceaux qui, au fil des écoutes, annihile tout effet de surprise et peut conférer à la lassitude. Puis, pour finir, il faut bien reconnaître que «
Master of confusion » est un titre quelconque, plat, fade et sans grand intérêt.
Ce ne sont pas ces quelques défauts qui vont ternir mon engouement, je viens de prendre une bonne grosse mandale qui fait bien mal, mais peu importe, j’aime ça.
Witchmaster est un mélange de Motörhead, de thrash vieille école et de « Black-metal » furieux, le tout enrobé avec une mise en son chaude et claire et, interprété avec force et conviction par des musiciens dont la qualité technique ne peut être mis en cause, «
Antichristus Ex-Utero » constitue une de mes meilleures surprises de cette année. Me voilà contraint à manger de la soupe, je viens de perdre mes dents.
Bon après quand tu ecris des chros, forcément tu t'exposes, et faut être prêt à ça pour pouvoir défendre son point de vue et supporter la contradiction. M'enfin, moi globalement j'aime bien ses papiers, du moins des disques que je connais, même sans être forcément d'accord sur tout.
Correct offert sur 1 commande chez osmose
Oui et pour une fois, c'est pas mal, sans aller jusqu'à 16, quand même.
6 ecoutes depuis ce matin...vraiment 1 bonne galette. Je retrouve ce côté brut qui a disparu chez Destroyer 666...ce qui en fait 1 poulain fort recommandable.
Ce black thrash se devoile 1 peu plus à chaque ecoute.
Pas mieux 16/20
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