En 1992 apparaissait incognito un groupe sous le nom d'
Antagonist qui, sous le couvert d'un anonymat qui perdure encore jusqu'à aujourd'hui, produisit un an après une poignée de titres de technical thrash très originaux et animés, regroupés dans une mini-production qui prit le même nom que le quatuor.
Comme toute prestation de thrash technique qui se respecte, le MCD
Antagonist est le théâtre d'incessantes variations. En poussant l'image jusqu'à l'exagération,
Antagonist semble s'obstiner à avancer, se refusant délibérément à reprendre la structure d'une séquence précédente. Bon, ce n'est pas systématiquement le cas, mais ce constat corrélé avec des guitares nous faisant éprouver certaines sonorités venues d'ailleurs à l'instar de "Cracking Skulls" ainsi qu'avec d'autres sons difficilement identifiables comme dans "Good Days to
Die", et tout le concept évolutif prend forme.
Le vrai atout de l'opus est d'avoir su garder, derrière un apanage torturé et édulcoré le faisant passer pour du thrash/speed de virtuose à la
Megadeth, référence à "
Live in Fear", ou
Forbidden des premières années, un fond de thrash beaucoup plus classique mais très intense. Composé de riffs bien distincts et délectables et d'une batterie très présente, parfois même omniprésente comme sur "
Dead Priest", cette base solide se pose comme véritable métronome et chef d'orchestre des élucubrations techniques.
À ce jeu-là se détachent deux titres : "Black Sands of Times" et "
Lies After Death" : puissants, originaux mais surtout très accrocheurs : le premier grâce à ses riffs magistraux, le second avec son refrain racoleur et tenace, ils placent à eux-seuls la barre impensablement haute.
Enfin, le chant somme toute assez classique, relativement similaire à un Steve Souza époque Fabulous
Disaster, a la bonne intelligence de se placer légèrement en retrait et évite ainsi de saturer une musique déjà bien assez riche comme cela.
Voilà ce qu'on peut dire de ces six titres juste très solides, le seul défaut consistant justement en leur quantité si misérable. À ce tarif-là, on regrette l'existence d'un réel album qui se serait annoncé très prometteur. Là, malgré l'indéniable qualité, on reste sur notre faim, par pure mais légitime gourmandise...
Suffit de le trouver ;)
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