C'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de parler de metal Luxembourgeois, et encore moins de death metal. Mais il y a un début à tout, car oui ce petit pays frontalier a aussi une scène locale avec des groupes naissants et d'autres plus vieux.
Desdemonia n'est pas tout jeune : il s'est formé en
1994 autour du guitariste Marc Dosser, du chanteur/bassiste Tom Dosser et du batteur Tom Michels. Le groupe a un drôle de parcours puisqu'à travers ces vingt quatre ans d'existence, les sorties d'albums auront été très dispatchées. Deux opus entre 1998 et 2001, puis la venue d' «
Existence » en 2010 pour finalement attendre encore huit ans pour l'arrivée du dernier rejeton «
Anguish ». Apparemment la bande a pris le temps de réfléchir à ses futurs accords avec des labels, elle a en fin de compte décidé de faire confiance au géant danois Mighty Music pour la promotion de son nouvel effort.
Desdemonia a un parcours atypique mais a tout de même pu jouer sur scènes aux côtés de grands noms :
Soilwork,
Heaven Shall Burn,
Sinister,
Krisiun...bref, il faut croire qu'il y a de la ressource derrière tout ça.
«
Anguish » semble rendre hommage au death metal des années 90, en particulier celui situé mi / fin 90. Sa musique se situe quelque part entre le death old school saupoudré d'éléments thrashy et mélodiques, auxquels on ajoute une petite dose de groove. A l'écoute des morceaux, on n'a pas vraiment l'impression d'écouter quelque chose de moderne, malgré la super production de Fredrik Nordström (
Dimmu Borgir,
Opeth,
Arch Enemy...) . On a l'impression de se refaire un opus écouté des centaines de fois : pas d'originalité, pas d’imprévisibilité, voici du death mélodique tout ce qu'il y a de plus « classique ». On a le côté catchy et les trémolos d'
Amon Amarth, une batterie très directe à la
At The Gates, des mélodies et un feeling death old school à la
Bolt Thrower, entre autres.
Cela se sent d'entrée de jeu avec un «
Reaper of Souls » mélangeant tout ce qui a pu être détaillé plus haut. Un death mélodique à la suédoise qui charge, sans surprise, mais qui fait le boulot parfaitement.
Pas mal de groove, d'énergie et d'agressivité, sans trop taper dans la brutalité. On a un ensemble convenu, assez « grand public » sans trop de prise de risque mais totalement assumé. Les guitares restent incisives comme sur «
Revenge » ou «
Out of Sight » avec un growl grave tout à fait acceptable. Petite chose pas mal, on a une belle offensive melo-black sur « Weakness ». Situé en fin d'album, elle donne un peu de rafraîchissement et nous laisse espérer davantage de relents black pour les prochains efforts de
Desdemonia.
On a l'impression que ce «
Anguish » est sorti trop tard. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts en terme de death mélodique et il en faut beaucoup plus pour captiver l'auditeur aguerri. Les compositions sont bonnes mais il manque ce petit quelque qui fait toute la différence : un feeling, une présence, une personnalité. Faire dans l'old school n'est pas inintéressant, mais il faut cette empreinte et ces moments forts qui donnent envie de se replonger dans un album. Ce n'est pas vraiment le cas ici...
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