La scène australienne ne manque pas de groupes dans le sous-genre core, aussi bien metal que death. Bien sûr,
Thy Art Is Murder,
Parkway Drive ou encore
I Killed The Prom Queen sont pour le moment les formations les plus en vue à l’international. Pour autant, depuis une grosse décennie, d’autres collectifs émergent à vitesse grand V pour connaître la même réussite que ces cadors.
Make Them Suffer,
Northlane ou
The Amity Affliction sont autant d'exemples de combos qui ont permis le développement et la popularisation du décor musical australien. Au-delà même de cette mise en lumière, la plupart de ces troupes aura permis l’expansion d’une vision plus contemporaine, par des influences pop, électroniques ou encore neo.
C’est dans cette mouvance du nu metal que
Diamond Construct s’est fait timidement remarquer. Pourtant, rien ne laissait présager ce changement d’identité de la part du quatuor avec deux premiers opus tout juste corrects dans un metalcore/djent somme toute assez élémentaire. Ce n’est que lors de la publication de leur album éponyme en 2019 et de la signature sous la maison de disques Greyscale Records que nos musiciens se sont lancés dans cette nouvelle épopée, une expédition encore en dents de scie mais néanmoins encourageante. Il aura finalement fallu cinq années à nos artistes avant la parution de leur quatrième œuvre prénommé
Angel Killer Zero et à la pochette largement influencée par l’univers japonais et les mangas.
Ce souffle nippon est retranscrit directement dans certains morceaux comme pour Hashira qui représente les Pilliers dans l’anime
Demon Slayer ou
Delirium qui est le nom d’une série japonaise. Il n’est d’ailleurs pas à exclure que la protagoniste de cette bande dessinée ait inspiré la couverture de cette dernière toile. Même dans le lyrisme, on retrouve diverses références jeu vidéoludiques et artistiques qui confirment l’amour que porte notre collectif pour le « pays du soleil levant ». Dans son identité musicale, notre groupe ne s’est pas du tout séparé de son neo chéri mais l’a tout de même ajusté avec une multiplication des sonorités électroniques ainsi que par des rythmiques trap/hip-hop davantage peaufinés, le tout sous des prestations vocales majoritairement screamées voire rappées par moments.
Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour discerner cette métamorphose : dès le morceau d’ouverture Hashira, on constate cette multitude d’effets électroniques glitchées et scratchées, non sans une pointe de nostalgie avec ces platines qui sont une référence directe à l’âge d’or du neo metal. L’atmosphère est grinçante, très froide, morose dans sa majorité, surtout lors du passage trap avec son chant rauque. Si la plupart des compositions suivent un modèle assez similaire et préservent surtout cette ambiance inhospitalière, certains moments mélodiques apportent tout de même une certaine légèreté au milieu d’une brutalité parfois suffocante. Ainsi, on pourra profiter d’un chant clair lors des pré-refrains sur Jynx et d’un riffing un peu plus clairsemé sur Clickbait qui nuancent un discours résolument austère.
La rusticité de cette quatrième offrande est appréciable lorsque l’on sait que le metalcore a plutôt tendance à être de plus en plus accessible pour ouvrir les portes à un nouveau public. Mais cette agressivité peut aussi jouer en la défaveur de notre quatuor australien, notamment sur la production parfois cacophonique. De même, si la durée totale de cette galette est tout à fait honnête, on sent tout de même un essoufflement au sein de cette galette qui est surtout lié à un style qui manque encore de diversité.
Switchblade OST est dans ce cas précis avec un son assez saturé, principalement sur les basses qui transmettent une esthétique incommodante. Le morceau laisse également moins transparaître l’authenticité de notre formation avec une construction plus conventionnelle, même si l’aspiration trap et hip-hop est toujours au cœur des débats. On pourrait penser qu’avec des rythmes plus hâtifs, le rendu serait encore plus disgracieux. Pourtant, et c’est ce qui nous questionne d’autant plus sur la réalisation générale, ce n’est pas toujours vrai comme le prouve Jynx avec son riffing terriblement accrocheur et ses nombreux effets à la table de lecture.
Diamond Construct démontre avec ce
Angel Killer Zero une soif d’innovation et d’expérimentation avec une fusion unique de neo metal, de metalcore, de musique électronique et de trap. Si cette quatrième toile est encore inégale, marquée par un mixage hasardeux et une écriture quelque peu défraichie, elle offre toutefois des instants de brillance et de créativité qui augurent de bien belles prévisions pour notre quatuor australien. Désormais, son plus gros défi est d’affiner son extravagance qui devra quoi qu’il arrive passer par un travail d’équilibre entre une hostilité naturelle et une harmonie conciliante. Au vu de la progression constante du groupe sur chacune de ces esquisses, nul doute que ce challenge devrait être relevé en peu de temps.
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