Church Of Misery, comme son nom ne l’indique pas, nous vient du Japon. Après 20 ans de carrière, un 6ème album intitulé
And Then There Were None est à paraitre en Mars 2016 sur le label de Lee Dorian, Rise Above Records.
Derrière
Church Of Misery on retrouve un homme, Tatsu Mikami. Fondateur, bassiste et chanteur du groupe, il est passionné par deux choses, le
Doom et les tueurs en séries. Il n’y a qu’à faire une rétrospective des pochettes des albums précédents ainsi que des textes des titres pour s’en rendre compte.
Fin 2013, après la sortie de
Thy Kingdom Scum, Mikami se trouve dans l’obligation de remonter un groupe complet. Son choix se fera sur le sol américain en recrutant des musiciens pour ce qui s’apparente à un super groupe. Les heureux élus sont Dave “
Depraved” Szulkin à la guitare (
Blood Farmers), Eric Little à la batterie (
Earthride, ex-
Internal Void) et surtout Scott Carlson le frontman de Repulsion qui fut aussi bassiste de
Cathedral à ses heures perdues dans sa jeunesse. Tout ce beau monde étant éparpillé un peu partout, l’enregistrement s’est déroulé sur deux semaines dans le Maryland. La première étant consacrée aux répétitions, la deuxième aux prises de son proprement dites. Il est à noter que c’est la première fois que Mikami ne s’occupe ni des textes, ni du chant. Carlson s’est chargé de tout en conservant l’esprit
Church Of Misery.
L’artwork de ce nouvel opus ne déroge pas aux règles établies tout comme les titres des morceaux qui contiennent toujours une référence à un tueur en série, un gourou ou une tragédie.
L’entrée dans l’église se fait à l’aide de quelques samplers de films d’horreur ou l’on frappe, on crie et on massacre avec allégresse. C’est alors que le voyage intersidéral dans la souffrance commence. Le son estampillé vieillerie arrive avec quelques nappes de guitares futuristes, hypnotiques et psychés à la
Hawkwind. Puis le vif du sujet arrive. Enfin vif... Ici on fait dans le Stoner
Doom d’obédience 70‘s. Lourd, plombé, gras, toute la panoplie est là.
Church Of Misery a toujours utilisé beaucoup de samplers de discours, de compte rendus d’audience ou de reportages journalistiques dans ces titres et c’est toujours le cas sur ce nouvel opus.
Le chant de Carlson est légèrement influencé, voire possédé comme celui de Dorian, gravité de ton en plus. Rires sataniques, déclamations diverses, phrases gutturales d’outre tombe sont légions, le côté occulte et incantatoire lié à ce type de musique n’étant pas vraiment présent ici. Mais sa façon de décrire les choses a de quoi vous glacer les sangs (Murderfreak Blues).
D’ailleurs il n’y a pas que le chant qui lorgne du côté de l’ex groupe de Lee Dorian car musicalement aussi on s’en approche parfois. Les longs passages instrumentaux reviennent en boucle, lancinants, hypnotisants à l’instar de l’autre grande influence du groupe,
Black Sabbath (
Confessions of an Embittered Soul).
La basse est grasse comme un pain de saindoux déposé dans le fond d’un vieux bac à huiles usagées, se permettant d’assurer des rythmiques en lieu et place d’une guitare lorsqu’il s’agit de soutenir les soli comme sur
The Hell Benders ou la transition de Doctor Death.
Pas d’envolée guitaristique démonstrative.
Church Of Misery se contente de faire dans le mélodique avec l’aide de quelques effets comme de l’écho sur
The Hell Benders rappelant encore
Black Sabbath ou de la Wah Wah sur le très Bluesy (mais gras quand même) River
Demon.
Le groupe ne reste pas englué dans la lenteur en permanence et s’autorise même quelques fulgurantes accélérations tel un escargot passant une vitesse (la deuxième partie de Doctor Death, River
Demon,
Confessions of an Embittered Soul).
Le très court
Suicide Journey est un peu à part sur l’album, sans chant, avec simplement des samplers et une basse sans cholestérol.
Quant à Murderfreak Blues, qui clôture magistralement cet opus et porte bien son nom, on y retrouve une basse gorgée d’effets, une rythmique minimaliste sur les couplets et du Blues à la
ZZ Top, années 70‘s.
Ce
And Then There Were None est la bande-son parfaite pour vos rêves les plus enjoués, les moments de la vie où l’on court presque nu dans la prairie à la poursuite d’une licorne ou quand votre patron vous annonce qu’il va vous augmenter grassement (notez bien le dernier mot).
Church Of Misery continue donc son chemin dans l’exploration de ce que l’âme humaine compte de plus sombre, de plus glaçant, de plus immonde mais nous sort là un excellent album, à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Un album dont on attend déjà une suite avec impatience.
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